‹ Des peines infamantes à infliger aux négriersChapitre 5 sur 15 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

- ( 22 ) car on sait que je suis bon maître et humain..….on le » reconnaîtra aux incisions de coups de fouet qu'il a » surle dos (1). »

Ainsi la cupidité, äénaturant les notions les plus claires, offusque la raison , foule aux pieds la justice, l'humanité ; et à la face du ciel et de la terre, ces plan-

teurs, ces négriers , ces Havanais osent se dire chrétiens !

Nulle part dans l’Évangile onne lit que pourconvertir les hommes , il faille les enchaîner ; avec de telles maximes , on justifierait l’inquisition , les dragonnades, la Saint-Parthélemi et les lois de sang publiées contre les catholiques dans un parlement omnrpotentiaire. Les divines Écritures protesteront à jamais contre toute espèce de despotisme et de persécution ; mais les dévots et les négriers ont un nouvel évangile. Ces hypocrites qui prêchent l'obéissance passive, ont pour terme de comparaison , à l’autre extrémité de la ligne, de prétendus libéraux. L’incrédulité des uns fait des ennemis à la hberte ; le bigotisme des autres fait des ennemis à la religion. Les vrais chrétiens se placent entre ces deux écueils.

Toute societe a le droit d'admission sur ceux qui veulent s’y agréger, et le droit d’exclusion sur ceux qui en sont membres, droit inhérent à sa nature et sans lequel l’anarchie pourrait la dissoudre. L’exclusion est ce que la politique nomme ostracisme, bannissement, mort civile, etc.; ce que l’Église appelle

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(1) Voy. Travel of four years and half in the United-States, by John Davis, 80, London, 1813, p. go à 93.

excommunication. Les quakers , société religieuse et

morale , l’appellent désaveu.

Les censures politiques furent souvent détournées de leur but et deénaturées dans leur application. On a cité précédemment Aristide chasse d’Athenes. Le général Moreau , à une époque où sa gloire était sans tache , fut relégué en Amérique. Les censures ccclésiastiques qui, dans la primitive Fglise, étaient un frein salutaire, lo:squ’elles ne frappaient que des coupables , furent souvent prodiguées pour servir la vengeance et l’esprit de domination. Un prince se vautrait dans le libertinage sans courir le risque d’être excommunié, mais il l’était pour avoir enfreint les immunités cléricales. Henri IV futexcommunié comme calviniste, mais non pour avoir souillé la couche de centépoux, ctafliché l’exemple hideux de la dcbauche. Ne pourrait-on pas, ne devrait-on pas ramener ce pouvoir censorial à son but primitif? Les quakers en ont donné l'exemple lorsque, par un acte solenrel, ils désavouèrent , excommunierent, exclurent de leur société quiconque aurait des esclaves.

La société hibernienne de New-York , incorporée en 1803 par un acte du congrès américain , a prononcé unanimement, en 1810, la même exclusion , attendu « que ce qui est moralement criminel ne peut être » politiquement juste (1). »

Cembien serait sublime l’acte par lequel, au nom de l’Église catholique, le chef des pasteurs prononce-

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(1) Voy. Constitution of the Hibernian provident society of the eity of New-Yorck , etc. 8°. Broklyn , 1810.

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