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Des Pensées de Pascal

Cette seconde édition n^est guère que la première fidèlement reproduite, à l'exception des changements suivants : i^ quelques corrections de détail ; 2® un vocabulaire plus ample des locutions remarquables de la langue de Pascal, quelquefois avec l'indication de la source où Pascal puise ordinairement , à savoir, Montaigne; 3^ le retranchement d'un certain nombre de pièces qui depuis i84a ont été transportées dans les Fragments Uttércdres et dans Jacqueline; 4^ l'addition de pièces nouvelles et de ce beau fragment sur

II AYAlfT-PROPOS.

TAmour dont la découverte inattendue émut, il y a une année, les amis de notre grande littérature, et demeurera, s'il m'est permis de le dire, la récompense de mes travaux sur Pascal.

Je n'ai emprunté à personne les principes de critique qui sont dans le Rapport à VA-cadémie française. J'ai le premier distingué les parties différentes et souvent étrangères dont se compose le livre des Pensées; j'ai séparé tout ce qui appartient véritablement au grand ouvrage que méditait Pascal , l'apologie de la religion chrétienne ; et j'ai eu l'idée très -simple, il est vrai, mais dont apparemment on ne s'était pas avisé , de restituer dans leur sincérité la pensée et le style de ce grand maître, d'après le manuscrit autographe conservé à la Bibliothèque du roi ; enfin ce projet de restitution , je ne l'ai pas seulement exposé, je l'ai exécuté sur les morceaux les plus étendus , les plus célèbres, les plus importants. Voilà le service que j'ai rendu aux lettres; d'obscures menées ne l'effaceront point. On a beau dérober les principes que j'ai établis, en ayant l'air de

AVAHTHrEOMS. lU

les combattre: tons les fiaux smnblants ne servent de rien ; auivre des règles posées ptr un autre, jusqu'à les compromettre par une application outrée, ce n'est point les inventer; tout comme réimprimer à grand bruit des pièces qui déjà ont vu le jour, sans citer le premier éditeur, ce n'est pas les publier pour la première fois.

J'avais un moment songé à donner ici un plus grand nombre de pensées nouvelles. La réflexion m'a retenu. Dans l'intérêt même de la renommée de Pascal , surtout dans l'intérêt des lettres, j'ai du me borner à mes premiers extraits, une lecture attentive ne m'ayant fait découvrir aucun fragment nouveau qui fût supérieur à ceux que j'avais, donnés et qui méritât de voir le jour. Il ne faut pas non plus adorer superstitieusement tous les restes d'un grand homme* La raison et le goût ont un choix à faire entre des notes > quelquefois admirables, quelquefois aussi dépourvues de tout intérêt dans leur état actuel. Un fac-similé n'est point l'édition, à la fois intelligente et fidèle, que j'avais demandée et que je demande encore.

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