‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 14 sur 56 · XX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XX AVANT-PROPOS

mêmes Jésuites, et leur fournir l'arme la plus redoutable qu'ils employèrent et qu'ils emploient encore contre Port-Royal et toute l'église gallicane, contre le cartésianisme et toute philosophie! 0 inconséquence de la passion ! L'auteur des Proifinciales esi le héraut de l'esprit nouveau, et l'auteur At^ Pensées en est l'adversaire ! Aussi est-ce surtout aux Proi^inciales que le nom de Pascal demeure attaché; c'est de là, c'est du courage avec lequel il prit en ibain une cause, bonne ou mauvaise en soi, mais injustement opprimée , c'est de la mâle conviction qu'il opposa à ce scepticisme déguisé qui s'appelait le probabilisme , c'est précisément de ce dogmatisme admirable du sens commun et de la vertu que Pascal tire sa popularité. Le livre des Pensées^ qui n'est point achevé et qu'il ne publia pas lui-même, jeta incomparablement moins d'éclat. N'est-ce pas une remarque frappante et bien digne d'être méditée par tous les esprits sincères, qu'aucun des grands docteurs du xvn^ siècle n'ait cité les Pensées ? Pascal n'entratna personne dans la route où il s'était imprudemment engagé. En dépit de ses sarcasmes contre

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