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Descartes et contre la philosophie, en dépit de son apologie du pyrrhonisme, en dépit des arrêts du conseil et des lettres de cachet qui tombaient de toutes parts sur les partisans de la philosophie nouvelle , tout le xvn« siècle a été cartésien, pieux tout ensemble et philosophe, amateur de la raison et respectueux envers la foi.
Contre Pascal nous pouvons invoquer d'abord Port-Royal, qui n'a cessé d'être sagement favorable à Descartes et à la philosophie. La Logique est toute pénétrée de cartésianisme et respire l'esprit nouveau ^ Nicole a rassemblé soigneusement et présenté avec une entière confiance tous ces arguments en faveur de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme qui paraissaient si mé-
' La Logi^tUe se prononce très-vivement contre le pyrrhonisme et contre Montaigne : Premier discour». Elle combat avec force la maxime qu'il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait été d'abord dans le sens. Le Chapitre premier de la V* partie est une défense de Descartes contre Gassendi et contre Hobbes. La4*'paritey de la méthode^ est presque tout entière empruntée à Descartes, à ses ouvrages imprimés et même à un Traité manuscrit qui est incontestablement le Traité des règles pour conduire notre esprit dans la recherche de larérUéy imprimé en latin dans les Opéra posthuma CarCesii , Amsterdam, 1711, et traduit pour la première fois eta français , dans le tome XI de notre édition.
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prisables à Pascal ^ Arnauld commence sa carrière par une défense solide et judicieuse des Méditations *, et; dans sa vieillesse, il les défend encore et contre l'autorité égarée ^ et contre Male-
" Discours conienanX e\\ abrège les preuves naturelles de Vexistence de Dieu et de l'immortalité de Vdme ; « Je suis persuadé que les preuves naturelles ne laissent pas d'être solides et proportionnées à certains esprits ; elles ne sont pas à négliger. Il y en a d'abstraites et de métaphysiques, comme j'ai dit, et je ne
vois pas qu'il soit raisonnable de prendre plaisir à les décrier
Quelqu'efforts que fassent les athées pour effacer l'impression que la vue de ce grand monde forme naturellement dans tous les hommes, qu'il y a un Dieu qui en est l'auteur, il ne sauroit l'étouffer entièrement, tant elle a des racines fortes et profondes dans notre esprit La raison n'a qu'à suivre son instinct naturel pour se persuader qu'il y a un Dieti. — Traité de la foiblesse de l'Homme ; « On avoit philosophé trois mille ans durant sur divers principes; il s'élève dans un coin de I9 terre un homme qui change toute la face de la philosophie et qui prétend ifaire voir que tous ceux qui sont Venus avant lui n'ont rien e»lendu dans les principes de la nature. Et ce ne sont pas seulement de vaines promesses, car il faut avouer que le nouveau venu donne plus de lumières sur là connoissance des choses naturelles que tous les autres ensemble n'en avoient donné. »
* Voyez parmi les objections aux Méditations cet écrit d'Arnauld , dont Descartes se montra si satisfait. C'est le premier écrit connu d' Arnauld , car il doit avoir été composé avant la publication même des Méditations, qui est de 1641 , et par conséquent plusieurs années avant le Traité de la fréquente communion, qui est de 1643.
* Les Fragments philosophiques, 3"** édition, tome II, donnent un mémoire d' Arnauld, destiné à prévenir Farrét contre le cartésianisme, arrêt sollicité du parlement de Paris par la faculté de
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branche'. Dans sa longue polémique avec l'auteur de la Recherche de la vérité, Arnauld s'appuie constamment sur la raison dans Pordre des vérités naturelles; il se plaint que son illustre antagoniste a recours, par un cercle vicieux manifeste , à la révé-
théologîe , et détourné par VArréi burlesque à^ Boileau , et peutêtre aussi par cet excellent mémoire qui doit avoir été écrit entre 1671 et 1675.
* i)es vraies et des fausses idées, Cologne , 1683. Voyez particulièrenient le chapitre xxiv, où Arnauld soutient contre Malebranche la clarté de la notion de Famé, d'après les principes de Descartes; et les chapitres xxv et xxvi , où il prend de nouveau la défense de la preuve cartésienne de rexistence de Dieu par ridée de la perfection, contre les instances de Gassendi, et contre ]( s interprétations détournées de Malebranche. — ËnGn, en 1692, Arnauld n'hésite pas à exprimer sur le livre tant vanté de Huet Une opinion qui est entièrement la nôtre, a Je ne sais pas ce qu'on peut trouver de bon dans le livre de M. Huet contre M. Descartes, si ce n'est le latin ; car je n'ai jamais vu de si chétif livre, pour ce qui est de la justesse d'esprit et de la solidité du raisonnement. C'est renverser la religion que d'outrer le pyrrhonisme autant qu'il fait. Car la foi est fondée sur la révélation, dont nous devons être assurés par la connoissance de certains faits. Il n'y a donc point de faits humains qui ne soient incertains , s'il n'y a rien sur quoi la foi puisse être appuyée. Or , que peut tenir pour certain et pour évident celui qui soutient que cette proposition, je pense^ donc jesuîs^ n'est pas évidente, et qui préfère les sceptiques à M. Descartes, en ce que ce dernier ayant commencé à douter de tout ce qui pouvoit parottre n'être pas tout à fait clair,* a cessé de douter, quand il en est venu à faire cette réflexion sur lui-même: cogito, erga s^im; au lieu, dit M. fluet, que les sceptiques ne se sont point arrêtés là, et qu'ils ont prétendu que
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lation pour prouver l'existence de ce monde ^ A chaque ligne de cette grande polémique éclate la confiance d'Ârnauld dans là puissance de la rai* son humaine. Port - Royal est donc pour nous , et quand Pascal nous attaque ^ nous pouvons lui opposçr ses amis et ses maîtres , Nicole et Âmauld.
Il en faut dire autant de toute l'église de France. Je ne suis point surpris que Bossuet ni Fénelon n'aient jamais cité les Pensées; car les principes de ces deux grands hommes et ceux de Pascal sont inconciliables. Il faut choisir entre eux et Pascal. Celui-ci est ennemi du cartésianisme, ^t n'estime pas que toute la philosophie vaille une heure de peine. Fénelon et Bossuet ont étudié dès leur première jeunesse, et n'ont cessé de cultiver pendant
cela même étoit incertain et pouvoit être faux ; ce qui a été regardé par saint Augustin, aussi bien que par M. Descartes, comme la plus grande de toutes les absurdités; parce qu'il n^y a rien certainement dont nous puissions moins douter que de cela. II y a cent autres égarements dans le livre de M. Huet ; mais celui-là est le plus grossier de tous. » Lettres d'Arnauld, t. IIP. Voyez aussi un passage de la lettre dgggxxx, sur le même sujet. ' De# ttmz et des fausses idées , p. 324 et 833.
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