AYANT-PROPOS. XXIX
jamais; et ce grand conciliateur a bien aisément concilié la religion et la philosophie. Si sa règle est saint Augustin^ son guide est presque toujours De&cartes , et il s'est fondé tour, à tour sur la tradition sacrée et sur la raison ^
' Même alors que des disciples imprudents de Descartes compromettaient le maître, en essayant d'expliquer à tort et à travers certains mystères du Christianisme , même celui de la transsubstantiation, Bossuet, en repoussant et en déplorant ces aberrations, respecte et défend la vraie doctrine de Descartes. Lettre à un disciple du père Maldnranche. : a Je vois un grand combat se préparer contre l'Eglise sous le nom de la philosophie cartésienne. Je vois naître de son sein et de ses principes , à mon avis mal entendus^ pl^s d'une hérésie ; et je prévois que les conséquences qu'on en tire contre les dogmes qu'ont tenus nos pères la vont rendre odieuse, et feront perdre à l'Eglise tout le fruit qu'elle en pouvoit espérer pour établir dans l'esprit des philosophes la divinité et l'immortalité de l'âme. » Le traité de la connaissance de Dieu et de soi-même est tout rempli de propositions cartésiennes. Le point de départ de la philosophie est la connoissance^e l'homme. La sensation est l'occasion mais non pas le fondement de la connoissance. Cest par Tentendement seul que nous connoissons les rapports > l'ordre et la beauté des choses. Voici des propositions tout - à - fait semblables à celles de Fénelon que nous avons citées : « Comme l'entendement ne la fait pas (la vérité), mais la suppose, il s'en suit qu'elle est éternelle, et par là indépendante de tout entendement créé... Toutes ces vérités - subsiçtent indépendamment de tous les temps; en quelque temps qUe je mette un entendement humain, il les connottra ; mais , en les connoîssant ^ il les trouvera vérités, il ne les fera pas telles... Si je cherche maintenant où et en quel sujet elles subsistent éternelles et immuables comme elles sont ,