AVANT^PROPOS. XXXI
de sa vie, dans sa solitude de Commercy, il s'occupa de sérieuses éludes , il n'hésita point à se prononcer pour la philosophie cartésienne'. Celui que le pape Urbain VIII appela V apôtre du verbe incarné^ est aussi celui qui suscita Descartes, lui mit la plume à la main, et recommanda ses écrits aux saints prêtres
ce\U liberté est dam Vhomme et que nous eonnoissons cela natu» reUemenl. « Je dis que la liberté ou le libre arbitre est certainement en nous et que cette liberté nous est évidente : f* par révidence du sentiment et de Texpérience; 2"* par Tévidence da raisonnement; 3** par l'évidence de la révélation. » L'accord de la foi et de la raison est Ici manifeste. Chap. m , que nous eonnoissons natureHement que Dieu gouverne noire liberté et ordonne de nos act'Ons. Chap. iv, que la raison seule nous oblige à croire ces deux vérités^ quand même nous ne pourrions trouver le moyen de les accorder ensemble. Même en parlant de là création sans aucune matière préexistante, Bossuet dit : « Nous eonnoissons clairement toutes les vérités que nous venons de considérer; c'est renverser les fondements de tout bon raisonnement que de les nier.» Dans la première Ëlévaiion il reprend la-preuvecartésienne de Texistence de Dieu par Tidée de la perfection :,« Pourquoi Dieu ne seroît-il pas.? Est-ce à cause qu'il çst parfait, et la perfection est-elle un obstacle à l'être? Erreur msensée! au contraire, la perfection est la raison d'être... » Enfin Huet luimême, nous apprend que Bossuet reçut très-peu favorablement la censure de la philosophie cartésienne , et l'dbbé Ledieu , secrétaire de Bossuèt, dit expressément qu'il mettait le discours de Descartes sur la méthode au-dessus de tous les ouvrages de son siècle.
' Voyez mes articles du Journal des savants de cette année , intitulés le Cardinal de Retz, cartésien.