XXXVI AVANT-PROPOS
dil% ne sont pas des? théologiens de la force de Bossuet et d'Àrnauld, mais ce sont encore les meil*
nisme. U défend Descartes contre Newton et contre Locke. Au , yiiime jfyyg gont Ics vers célèbres :
Quo nomine dieam \ Naturs geuium» patriœdecusac decus œvi ^ Garteiium nostri
' Voyez particulièrement Vimmalérialilé de l'âme démontrée contre M. Loche^ avec des nouvelles preuves de V immatérialité de Dieu et de l'âme tirées de V Écriture, des Pérès et de la raison, Turip, 1747. Comme Amauld avait appuyé la maxime cartésienne, je pense, donc je suis, &ur Tautorité de saint Augustin, de même Gerdii appuie sur un passage de saint Basile la démonstration de Texistencede Dieu par son idée, p. 229 : « U est étonnant que la prévention contre le père de la nouvelle philosophie ait tant pu dans l'esprit de quelques docteurs chrétiens que, par attachement ^ leurs préjugés et à leurs erreurs philosophiques qu'il a comlfattues avec tant de force et dont il a enfin triomphé SI glorieusement, ils n'aient pas craint de l'accuser d'Impiété pour avoir fourni à la religion une nouvellearme invincible contre les athées, en ajoutant aux preuves qu'on avait déjà de l'existence de. Dieu , une démonstration si belle et si lumineuse que jusquiei on n'a rien su y opposer que d'absurde et de puéi*il. <^ile gloire pour ce grand philosophe , que les premiers principes sur lesquels il établit sa métaphysique dans ses Méditations, servent aussi de fondement Inébranlable aux deux vérités capitales de la religion , l'existence de Dieu et l'immatérialité de l'âme! » Il prend encore plus ouvertement et plus en détail la défense de Descartes dans la dissertation intitulée : Incompatibilité des principes de Descartes éide Spinosa, Dans un autre ouvrage, Histoire des sectes des philosophes^ Fillustre cardinal s'exprime ainsi sur Descàrtés : « Quelque grand qu'il soit par tant de sublimes découvertes, il l'est encore plus par sa Méthode et ses. Méditations. Ce sont des ch^fs-d'œuvrede raison et des ouvrages dignes de l'antiquité. »
AVAMt-PROPOS. XXXVU
leurs défenseurs de relise au xvni* siècle, et tous les deux appartiennent à l'école cartésienne. J'ai déjà cité Saint-Sulpicè et M. Tabbé Eymery ; je veux invoquer aussi Thomme de notre temps qui a jeté réclat de son nom sur cette congrégation modeste , M. l'abbé Frayssinous, évèque d'Hermopolis , qu'on n'accusera pas d'avoir été médiocrement atta*ché à la religion et à l'église, et qui, dans ses solides conférences, n'a pas cessé de poursuivre le grand objet que se sont constamment propoèé les théologiens les plus autorisés, l'accord de la raison et de la foi '.
Ainsi, nous pouvons le dire sans crainte d'être démentis , l'entrepçise de Pascal est condamnée jmr la pratique de toute l'gélise de France, par les plus grands théologiens et les plus saints prêtres,
* Défense du Christianisme ^ ou Conférences sur laRAigion, Paris» 1825. 3 volumes. Le premier volame est comme unteaité de philosophie ^^^où sont établies par la pure raison et^sur la foi du genre Aumain l'existence de Dieu, la spiritualité de Fâme, la loi naturelle, le libre arbitre et rimmprtâlité de l'âmé. A ce livre judicieux je me plais à joindre un autre écrit de la même école et marqué du même caractère, la .dissertation que M. Tabbé Gosselin a jointe à smi édition aujourd'hui classique des œuvres de Fénelon , dissertation où il examine et a^fNréeie
XXXVllI AVANT-PmOFO»,
par les ordres tes (dus différents^ par tout le monde enfin, excepté les Jésuites. Eux seuls t'ont recueillie, et poursuivie. Elle semblait à jamais: ensevelie avec eux; et c'est avec eux seulemeot qu'elle reparaît aujourd'hui.
Pendant qu'au d^butdu xix« siècle, M. de Chateaubriand séduisait au christianisme l'imagination ^ le bon goût par le diarme des beautés nouvelles qu'il y découvrait , pendant que l'abbé Frayssinous, à Saint-Sulpice, développait devant un auditoire instruit et choisi le thème favori de l'église gallicane , ohsequium rationahile , une obéissance conforme à la raison; pendant qu'une philosophie généreuse, sortie du sein de l'Université, disputait l'opinion au matérialisme et k l'athtome et s'efforçait de réhabiliter parmi nous la tradition carte-
Fénelon comme métaphysicien, comme théologîmi, comme littérateur» , La première partie , Fénelon considiré comme mé^ iaphyneien , semble écrite avec la plume tanéme de M. l'abbé Eyiçery. Il est inopossible de défendre avec plus de sens etde mesure la méthode et la philosophie de Descartes. Voyez encore différents éctits du cardinal de La Luzerne , entr'autreS: Dis- ÊÊTtaiionsur V existence et les attrihuis de Dieu, —Disserta" iiMS sur la sf^ritualité de Vâme et sur la Wferté de Vhomme, Langres, 1808.
AVANT-PapPOS. , XXXIX
sienne, épurée et vivifiée à la lumière de notre siècle, survint, un homme qui ^ au. lieu de poursuivre en commun Tœuvre réparatrice , la changea tout à coup en une réaction violente , esprit vigoureux mais extrême, se précipitant avec l'aveuglement de la logique dans toutes les conséquences d'un principe, ne s'ârrôtant qu'au fond de l'abîme, en sortant pour s'élancer encore dans une route opposée avec la mêma ardeur et le même aveuglement , à la fois obstiné et mobile ^ et toujours excessif, dédaignant ce que la plupart des hommes adorent, le plaisir et la fortune, n'ayant d'autre passion que la renommée de son nom et le bruit de ses systèmes, non pas le saint Bernard, mais le J.-J. Rousseau de notre siècle. Tel est l'homme qui reprit un jour l'entreprise abandonnée de Pascal et des Jésuites , en croyant l'inventer, et qui s'imagina rendre un service décisif à l'église et terminer d'un coup toutes les querelles en supprimant l'un des deux principes qu'il s'agissait de mettre d'accord. M. l'abbé de Lamennais attaqua tout dogmatisme; il ne distingua plus, comme oh l'avait fait jusqu'ici, entre la
XL AVANT-PftOPOS.
bonne et la mauvaise, entre la vraie et la fausse philosophie j toute philosophie lui devint fausse et mauvaise par cela seul qu'elle s'appuyait sur la raison et prétendait à une certitude qui lui fût propre : toute certitude releva de l'autorité , laquelle n'eut plus d'autre fondement qu'elle-même, étant parce qu'eHe est et tant qu'elle est. M. de Lamennais, c'est Pascal réduit en système ; c'est l'auteur de h Censure de la philosophie cartésienne et du Traité philosophique de la faiblesse de t esprit humainj moins savant et moins méthodique, mais passionné, mais véhément, armé à la fois de la logique de fer du Contrat social et de la rhétorique enflammée de VHéloîse. La doctrine nouvelle , n'admettant qu'un seul principe , l'autorité , avait tout l'éclat des systèmes exclusifs: elle séduisit et emporta les faibles. Elle sp liait d'ailleurs à toute l'entreprise de la restauration , qu'elle exagérait et envenimait. Depuis 1830, le soldat le plus ardent de l'autorité et de Rome est devenu un des apôtres de la liberté. La monarchie représentative , qui lui paraissait autrefois la