‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 40 sur 56 · IX» LETTRE · texte numérisé non relu

IX» LETTRE

Votre lettre m'a donné une extrême joye. Je vous avoue que je commençois à craindre ou au

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moins à m'étonner. Je ne sçai ce commencement de douleur dont je sçai qu'il faut qu'il en vienne le xiiV chapitre de saint Miarc er écrire, et aus^i je vous dirai ce que j'y ai trouvé. J.-C. y fait' un grand discours à ses apôtres surson ^r avènement ; et comme tout ce qui arrive à ie arrive aussi à chaque chrétien en particu* est certain que tout ce chapitre prédit ai^ état de chaque personne qui, en se convertissant, détruit ie vieil homme en elle, que l'élat de l'univers entier, qui sera détruit pour faire place à de nouveaux cieiix et à une nlDuvélie terre, comme dit FÉcriture. Et aussi je songeois que cette prédiction de la ruine du temple réprouvé , qui figure la ruine de l'homme réprouvé qui eat en chacun de nous , et dont il est dit qu il ne sera laissé pierre sur pierre, marque qu'il ne doit être laissé aucune passion en nous* Et ce3 effroyables gqerres civiles et domestiques représentent si bien le trouble intérieur que s^^tiBnt ceux qui se donnent à Dieu, qu'il n'y a rien de mieux peint ^.

* P.-R. § 38 : Dans le treizième chapitre de saint Marc^ J.-C. fait nn grand discours, . ;

* Ici finit le § 88. Après le mot peinte P.-R. a mis etc,^ comme pour marquer un retranchement; en effet tout le milieu de cette lettre est retranché, et l'extrait ne recommence qu'à Ten- Aroit 9Ù il est ^KM^tian des s^U^^ims.

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Mais cette parole est étonnante : Quand vous verrez V abominaiion dans le lieu où elle ne doit pas être^ alors que chacun s'enfuie sans rentrer dams sa maison pour reprendre quoi que ce soit. H me semble que cela prédit parfailenaent le tems où sious somns^) où la corruptiou de la morale «st aux maisons de sainteté et Amïs Us livres des tliéoreligieiix où elle ne dey roi l pas tir après un tel désordre, et mal- L sont enceintes ou nourrices en ce *e à ceux qui ont des attacheipeiUs les y retiennent. La parole d'uae sainte est à propos sur ce sujet, qu'il ne faut pas examiner si on a vocation pour sortir du momie, mais seulement si on a vocation pour y demeurer, eroit point si on est appelé pestiférée ou embrasée, mgile , que je finit par unç r éviter tous juste que la p 1 est continue n des prières

heures après micly. Al sest fait un miracle, depuis votre départ, à une religieuse de Pontoise, qui, sans sortir de son couvent, a été guérie d'un mal de teste extraordinaire

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par une dévotion à la sainte Épine. Je vouç en manderai un jour davantage; mais je vous diray sur cela un beau mot de saint Augustin et bien consolatif pour de certaines personnes : c'est cpi^il dit que ceux-là Toyent véritablement les miracles auxquels les miracles profitent; car on ne les voit pas si on n'en profite pas.

Je vous ai une obligation que je ne puis ass^ vous dire du présent que vous m'avez feit. Je ne» sçavois ce que ce pouvoit être; car je l'ai déployé avant que de lire votre lettre, et je me suis repenti ensuite de ne luy avoir pas rendu d'abord le respect que je lui devois. C'est une vérité^ que le Saint-Esprit repose invisiblement dans les reliques de ceux qui sont morts dans la grâce de Dieu , jusqu'à ce qu'il y paroisse visiblement en ^ la résurrection; et c'est ce qïi.i rend les reliques des saints si dignes de vénération. Car Dieu n'abandonne jamais les siens, et non pas même dans le sépulchre, où leurs corps, quoique morts aux yeux des hommes, sont plus vivants crevant Dieu, à cause que le péché n'y est plus, au lieu qu'il y ijéside toujours durant cette vie, au moins quant à sa racine ; car les fruits du péché n'y sont pas toujours, et cette malheureuse racine , qui en est insépara«

* P.-R. : §39 : Le Saint-Esprit repose...

• P.-R. : dans.

APPENDICE n^ 4. 861

b!e penrinnt la vie, fait qu'il n'est pas permis de les honorer alors ^ puisqu'ils sont plutôt dignes d'être haïs. C'est pour cela que la mort est nécessaire pour mortifier entièrement cette malheureuse racine, et c'est ce qui la rend souhaitable ^ Mais il n'est pas nécessaire de vous dire ce que vous sçavez udroit mieux le dire à ces

antres vous parle:^; mais elles ne le

croiroi

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