MO VOCABULAIRE DBS LOCUTIONS
— Ils entrent dans leurs principes pour modérer leur folie, au moins mal qu'il se peut. » P. 113.
— Entrer en, entrer en défiance, pour : commencer à se défier. — «Je suis entré en défiance de moi et puis des autres. » P. 201.
ENTRETENIR (s'), pour : se tenir ensemble, être en rapport.
— « Toutes choses s'entretenant par un lien naturel et insensible. » F, 300.
ENVELOPPER (s'). — « Tout cela s'enveloppe sous le nom de campagne. » P. 214.
ÉPUISER. — « // épuise ses forces en ces conceptions. » P. 280. — « On épuise tous les jours la manière de plaire. » P. 401 . — « Il est difficile qu'il n'épuise bientôt tous les mouve* ments dont 11 est agité. » P. 405.
ÉQUIVOQUE , une équivoque. — « Toute cette entrevue se passa dans cette équivoque. » P. 371.
ESCOBARTINE , pour : équivoque , d'une moralité douteuse, comme depuis les Provinciales on a dit escobarder pour équivoquer. — « Des mœurs escobartines» » P. 152.
ESTIMER , pour juger ; existimare. — « Nous n\estîmons pas que... » P. 42. — «On en doit estimer de la sorte.» P. 55 et
— Estimer^ pour : apprécier, éprouver^ peser^ estimare, — « Estimons ces deux cas. » P. 184.
ÉTABLI , pour : solidement établi , et au moral jouissant d'une grande autorité. — « La vérité est si obscun^ie en ce temps et le mensonge si établi que.... » P. 236.
ÉTAT, en état , en état dé.., «» On est toujours en état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant. ^> P. 355.
ÉTENDUE. Jvoir étendue pour : être étendu. --«Ha étendue comme nous. » P. 258.
ÉTERNITÉ, au pluriel. — «Laquelle de ces éternités, » P. 208.
ÉTERNUER, infinitif substantif, et au pluriel. — « Tous les,.,éternuers... » P. 213.
LBS PLUS ERMARQUABLBS DE PASCAL. &71
ÉTONNER. Étonner quelqu'un. — « Trop de vérité nous étonne. » P. 127 et 294. — « Les philosophes : ils étonnent le commun des hommes. Les chrétiens : ils étonnent les philosophes. » P. 229.
— Étonner y avec un terme abstrait pour régime. — « L'éternité des choses en elles-mêmes ou en Dieu doit encore étonner notre petite durée, o P. 302. — « Ma foiblesse n'a point étonné mon ambition. » P. 882.
ÉTRATïGEMENT, pour beaucoup, d'une manière étonnante.
— « La raison est étrangement ébranlée en la présence de l'objet. » P. 412.
ÊTRE. Vétre, Vétre d'une chose, d'un homme... — « Elle la nature) dure et se maintient perpétuellement en son être. » P. 124. — «Le peu que nous avons à' être. » P. 292.
— Faire Vétre de... — « C'est donc la pensée qxÀfait Vétre de l'homme. » P. 43.
ÉTUDIER (s'). — « L'on s'étudie tous les jours pour trouver les moyens... » P. 404.
ÉVIDENCE. L'évidence de. — « Il faut bien que V évidence de Dieu ne soit pas telle dans la nature. » P. 174.
— Avoir de Vévidence^ pour : être évident. — « Les premiers principes ont trop (V évidence pour nous. » P. 294.
EXALTATION. Vexaltation â!une chose, pour : sa glorification, expression employée surtout dans la langue de la théologie.
— « Utile au bien de l'église et à Vexaltation du nom et de la grandeur de Dieu. » P. 311.
EXCELLEMMENT, pour : particulièrement et parfaitement.
— « Qui n'est pas contre eux (les Pyrrhoniens) est excellemment pour eux. » P. 108.
EXCÈS, Excéder, Excessif. — « C'est qu'ils ont excédé toute borne. » P. 152. — Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles. » P. 294.
EXPÉDIENT. Expédient pour^ pour : utile à. — « C'est le plus expédient pour sa gloire et pour notre salut. » P. 55 et 833'
EXTRAORDINAIREMENT. — « Ceux qui ont reçu extraor- (finaérem^t doivent espérer extraordinairement. « P. 347.
473 VOCAUJLAIRE WS L0CUTI0H9
FABRIÛUER, fabriqué ^ au figuré. — « L'homme est donc si heureusement fabriqué. » P. 200.
FAILLIR, faire une faute. — « Gomme U arriye à tout le monde défaillir. » P. %AA.
FAIRE ,' Avoir à faire ^ N^ avoir que faire, — « Après eela, U fHa plus que faire de Dieu. » P. 42. -- 11 a la force, U n'a qtie faire de Timagination. » P. 222.
— Faire corrompue, pour : corrompre. — « Ils font l* Eglise corrompue^ afin quMls soient saints ! » P. 239.
— Faire l'orgueil de,,, —L'humilité d'un seul fait P orgueil de tous. » P. 239.
— Faire Vitre de. , , pour : constituer. — « La pensée qui fait Vétre de Thomme. P. 43.
FASTUEUX. — « Titres... aussi fastueux, P. 290.
FEU, pour: vivacité. — «Elles (les passions) demandent beaucoup de feu, » P. 395. — « Tant que Ton a dufeu^ l'on est aimable ; mais ce feu s'éteint. » P. 395. — « Je ne parle que des passions de feu. » P, 396. — « On sent le feu s'agrandir. » P. 403 — « Les uns sont tout de feu, « P. 409. — Il faut du feu , de l'activité, et un feu d'esprit naturel et prompt. » P. 411.
FIGURER, donner une figure à... — « La nature trompeuse le figure de la sorte. »* P. 320. — Pour s avoir la figure de, représenter. — « Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé^^wre la ruine de l'homme réprouvé qui est en nous. » P. 358.
FIN, finesse, de finesse, un esprit de finesse : — « Un esprit qu'on peut appeler de finesse; » par opposition à l'esprit géométrique P. 398.
FL£AU de... — « L'inqui^tion et la Société (des jésuites), les àeM\fUauxde la vérité. » P. 144 et 154.
FIXKTTER, en opposition à s'arrêter, demeurer...— Le petite €ùo&v%fiotteiU dans sa capacité (du cœur) ; il n'y a que les grande qui s'y arrêtent et qui y demeurent. » P. 402.
—Flottant* — « Toujours i^tcçrlains tl flottants. » P. 296.
LBS VU» RBMARQCÀBLSS DB PASCAL. 473
FLUX DE... — a C'est un flux perpétuel de grâces. » P. 336.
FOIBLES, pris substantivement. Les foibles. — - « Vaines eirooostanees qui ne blessent que l'inaagination des/oibles. » P. 90. — « Donner courage aux faibles. » P. 3^9.
FONDÉ. Fondement — Sur ce fondement. « Sur ee gremd fondem^nt^ je commencerai... P. 60.
-—Fondé en. —Notre religion... la plus fondée en miracles, prophètes, etc. » P. 231.
FORCER , se forcer. « Sans me forcer. » P. 371.
FORCE , d& sa force, — Les choses de sa force, a Eiaminons donc ses inventions sur les choses de sa force, u P. 203.
— De force. — « Il ne faut rien dejorce^ et cependant il ne faut rien de lenteur. P. 410. Pour : irien qui sente la force; c'est un latinisme : nihil violenti.
— Au fort de.., « Au fort delà douleur, p. 310.
FOURNIR, sans régime et absolument. — « E^e (l'imagination) se Ijassera plutôt de concevoir que la nature di^ fournir. » P. 278.
FUIR, Fuite,^ Fuir d^une fuite, -r ^t Entre les deux infinis qui l'enferment et le fuient » P. 296. — « Il glisse tXfvU d^une fuite éternelle. » P. 128 et 296.
FUMÉES, au figuré. —« Courir après \e& fumées. » P. 200,
GAGNER , gagner sur quelqu'un de lui feire foire telle ou telle chose, pour : obtenir de quelqu'un qull fasse. — « Si on peut gagner sur lui «^ le faire entrer en quelque divertissement. » P. 198 '.
GARANTIR, garantir de. « Cette peine corporelle ^aranfiroi^ é^rétemelle. »P. 356.
GÉNIE, les génies, pour : les esprits. — « Les méipes degrés se rencontrent entre les génies qu'entre les conditions. » P. 379
' Montaigne, ^ià. « L» iroaUe éei femet noAdiinei a gagné êwr moi qoe, aie. »
hlk VOCABULAIRE DES LOCUTIONS
GIBIER, au figuré, De notre gibier. -—«^ La vérité n*est pas de notre portée ni de notre gibier. » P. 196.
GLORIFIER, se glorifier «fe. — ^ Ceux qui ont connu Dieu sans connoître leur misère ne Vont pas glor\fié^ mais s'en sont glorifiés. » P. 233.
GOUFFRE, au figuré.— « Ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini. P. 131.
GOUTER une chose, pour: avoir du goût pour elle. — « f^ous goûtez le livre de M. de Laval. P. 334-335.
GRIMACE. La grimace, pour : le faux, le factice, Tapparent... » Quand la force attaque la grimace. P. 222.
HABILES, pris substantivement, les habiles, — « Il faut que les habiles soumettent leur esprit à la lettre. » P. 104.
HASARDER, pris absolument. — « Tout joueur hasarde avec certitude... il hasarde certainement » P. 268. — « On n'ose hatarder, parce qu'on craint de tout perdre. » P. 412.
HEURE, Sur l'heure, pour : à Timproviste.— « Juges injustes, ne faites pas des lois sur l'heure^ » P. 149.
IL se rapportant à un sujet indéterminé. — « Si ce que je dis ne sert à vous éclairer, il servira au peuple » P. 154.
IMAGINATIONS. -^ « Ils veulent avoir la liberté de suivre leurs imaginations. » P. 144.
IMBÉCILE , pour : faible. —« Imbécile ver de terre. » P 176. — « Taisez*vous, nature imbécile. P. 196.
— Imbécile à, avec un verbe, pour : impropre à. — « Voilà une partie des causes qui rendent Fbomme si imbécile à connoître la nature. » P. 124 et 306.
IMPÉNÉTRABLE à. r^ Impénétrable à la vue des hommes. »
IMPOSSIBLE, plus impossibU. — « Rien n'est plw impossible que cela. » 302.
IMPRESSIONS. Essuyer une impression comme on dit aujourd'hui recevoir une impression. — « Courir après les fumées et essuyer les impressions de cette maîtresse du monde. » P. 200
IMPRIMER. — La nature a si bien imprimé cette vérité dans nos âmes... P. 398.
IMPUISSANTS à. — Cela nous rend impuissants à connoître. » P. 302.
INCERTAINEMENT. — « Il hasarde certainement le fini pour ^gner incertainement le fini '. P. 268.
INCOMMODER, pris absolument. — « Trop de plaisir incomr mode. P. 127.
INCOMPARABLEMENT, sans comparaison. — « Des parties incomparablement fiUxs petites. » P. 280.
INCOMPRÉHENSIBLE.— « Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible. P. 193.
INCONSOLABLE, dont on ne peut se consoler, se rapportante des choses et non à des personnes. — « Puisque la mort du corps est si terrible qu'elle nous cause de tels mouvements, celle de l'âme nous en devroit bien causer déplus inconsolables, » P. 330.
INFINI, substantif. — « Ainsi se fait une espèce (Tinfini et d'étemel. » P. 217.
— Au pluriel. » La nature avoit fait la même chose par ces deux infinis naturels et moraux. » P. 229. — « Manque d'avoir contemplé ces infinis, » P. 284. — « Z)c ces deux infinis, *
— Infinité , infinités, — « 5a double infinité, » P. 286. — « Une inOnité d'infinités de propositions. » P. 286.
INFINITIFS substantifs au pluriel. — « Tous les marckers^ toussers, mouchers, éternuers, sont différents, » P. 213.
INFIRME, pour : faible. — « L'homme est assurément trop infirme i^o\xx„. » P. 333.
> Montaigne, Jfrfd. « Impressions superficielles, lesquelles.... vont nageant témérairement et incertainement en la fantaisie. » Ce mot est4ombé fort i tort en désuétude.
476 TOCASITLATM DBS LOCUTIONS
HfONDATIOTf . Inondation de... Une inondation de passion comme une plénitude de passion. Voyez plénitude. — « Il faut une inondation de passion pour les ébranler (les grandes âmes) el pour les remplir. » P. 410.
INSIGNE. — « Arolr une obligation insigne à ceux qui... » P. 849.
INTELUGENCE (L') de. — « Par Vintelligence de sa vérité. » P. 8S0.
INTELLIGIBLE I^« clk)9«« <nfe^i6^ opposées aux choses matérielles. — « Notre intelligence tient dans Vordre des choses intelligibles le même rang que notre corps dans l'étendue de la nature. » P. 292.
INTÉRESSER (S') pour. — « Vous vous intéressez pour Téglise. » P. 337.
INTIME, Vintime d'une cliose^^pour : la partie intime de cette chose. — « Dans Vintime de la volonté de Dieu. » P. 312.
iprriMIDER. ^ « L'Écriture a pourvu de passages pour ccmsoler toutes les condilions et pour intimider toutes les conditions. » P. 229.
IRRÉCONaUABLE. — « Quand elle en calme la dissension irréconciliable. • P. 324.
JE NE SAIS QUOI. Sorte de substantif qui a des relatift comme un substantif ordinaire. Sur Tamour : -— « La cause en est un Je ne sais qiioi (Corneille) et les effets en sont effroyables. Gb je ne sais quoi, si peu de chose qu'on ne sauroit le reconnottre, remue toute la terre. » P. 195.
JEU. Jouer, Jouer un Jeu. Au neutre. — « Il se Joue unjeu.n P. 182.
JUSTE. Le Juste ^ pour : le point juste. — «Encore qu'on ne puisse assigner le Juste , on voit bien ce qui ne Test pas.» P. 241. — « Le juste est de ae point parier. » P. 364.
LANGUISSANT. ^ « Un amusement languUiant l'ennuiera.» P. 97.
LÉGF.R à, au lieu de : pour. — « Il (le joug) n*est léger qu'à lui et à sa force divine. » P. 357.
LEVER. Élever, S'élever. ^Relever. Se relever. — « Pose lever mes yeux jusqu'à ma Reine. » P. S83.
— Elever y élever contre,-^ « De là vient IMnjustice de la fronde, qui élève sa prétendue justîee centre la force. » P. 232.
---Relever, — « Après avoir fait ce chemin... on décline misérablement... néanmoins un rayon d'espérance, si bas que Ton soit, relève aussi haut qu'on étoit auparavant.» P. 405. — « Quand une femme a' de l'es prit, elle Fanime (sa beauté) et la relève merveilleusement. » P. 401.
« Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection. » P. 229.
— Relevé par. — « Et la science relevée par réélit de l'autorité. » P. 381.
--S'élever. — «On s'élève par cette passion et on devient toute grandeur. » P. 410.
— Se relever d'une chose, pour: se relever par le moyen de cette chose. — « Toute notre dignité consiste dans la pensée. C'est de là quHl faut nous relever ^ non de l'espace et de la durée. » P. 107.
LIBERTÉ. Être en liberté, en liberté de.— « Je fus en li^^ berté de le voir *. » P. 370.
LIBERTINAGE , indépendance d'esprit poussée jusqu'à la témérité, opposée à superstition. -- « Il y en a bien qui croient, mais par superstition ; il y en a bien qui ne croient pas, mais par H* berlinage. » P. 227.
LIMITES, au figuré, appliqué à une personne. — « Je prie Dieu., de me renfermer dans mes limites. » P. 355.
LOGER. Se loger dans , dans une place , au figuré. — « Il y a une place d'attente dans leurs coeurs; elle s'y logerait.* P. 400.
' Montaigne, Ibid. « Let mettre en liberté de eombatlre noire religion. »