VIII« LETTRE
Je plains la personne que vous scavez, dans l'inquiétude où je sçai qu'elle est et où je ne m'étonne pas de la voir. C'est un petit jour du jugement qui ne peut arriver sans une émotion universelle de la personne, comme le jugement général en causera une générale dans le monde, excepté ceux qui se seront déjà jugés eux-mêmes, comme elle prétend faire. Cette peine temporelle garantiroit de l'éternelle par les mérites infinis de J.-C. qui la souffre et qui se la rend propre. C'est ce qui doit la consoler. Notre joug est aussi le
* P.-R. $ 87 : On s$corriife$ie.
• P.-R. n*a rien tiré de cette lettre.
sien, sans cela il serait insupportable. Portez , dit-il, mon joug sur vous. Ce n'est pas notre joug, c'est le sien ; et aussi il le porte. Sachez , dit-il , que mon joug est doux et léger. Il n'est léger qu'à luy et à sa force divine. Je luy voudrois dire qu'elle se souvienne que ces inquiétudes ne vien* nent pas du bien qui commence d'être en elle, mais du mal qui y est encore et qu'il faut dimi* nuer continuellement, et qu'il faut qu'elle fasse comme un enfant qui est tiré par des voleurs d'entre les bras de sa mère qui ne veut pas l'abandonner; car il ne doit pas accuser de la violence qu'il souffre la mère qui le retient amoureusement, mais ses injustes ravisseurs. Tout l' office del'Avent est bien propre pour donner courage aux foibles, et on y dit souvent ce mot de l'Écrilure : Prenez courage j lâches et pusillanimes^ voici votre ré^ dempteur qui vient. £t on dit aujourd'hui à vespres : « Prenez de noui^elles forces et bannissez flc désormais toute crainte : voici notre Dieu qui « arrii^e et vient pour nous secourir et nous « sauver. »