Des pensées de Pascal
Cette nouvelle édition n'est guère que la première fidèlement reproduite, à l'exception des changements suivants : 1° quelques corrections de détail ; 2° un vocabulaire plus ample des locutions remarquables de la langue de Pascal , quelquefois avec l'indication de la source où Pascal puise ordinairement, à savoir, Montaigne; 3° le retranchement d'un certain nombre de pièces qui depuis 18i2 ont été transportées dans les Fragments littéraires et dans Jacqueline; ¥ l'addition de pièces nouvelles et de ce beau fragment sur l'Amour dont la découverte inattendue émut , il y a une année , les amis de notre grande littérature, et demeurera, s'il m'est permis de le dire, la récompense de mes travaux sur Pascal.
Je n'ai emprunté à personne les principes de critique qui sont dans le Rapport à V Académie française. J'ai le premier distingué les parties différentes et souvent étrangères dont se compose le livre des Pensées; j'ai séparé tout ce qui appartient véritablement au grand ouvrage que méditait Pascal, V Apologie de la Religion chrétienne , et j'ai eu l'idée , très-simple, il est vrai, mais dont apparemment on ne s'était pas avisé, de restituer dans leur sincérité la pensée et le style de ce grand maître , d'après le manuscrit autographe conservé à la Bibliothèque du roi : enfin, ce projet de restitution, je ne l'ai pas seulement exposé ; je l'ai exécuté sur les morceaux les plus étendus, les plus célèbres, les plus importants. Voilà le ser-