LX PREFACE DE LA NOUVELLE EDITION
jamais, qui l'a inspirée et qui Ta soutenue? Apparemment encore la raison naturelle , cette raison que l'on voudrait reléguer dans un coin obscur de nos écoles , et que même on en voudrait bannir» tant on la trouve inutile ou malfaisante !
Et si nous passons au monde moderne depuis la venue de Jésus-Christ, que de bienfaits encore n'aurions-nous pas à rapporter à la raison naturelle et à ses progrès , au milieu même des bienfaits évidents de la loi chrétienne ? Mais franchissons le moyen âge , arrivons à notre temps , et posons cette seule question aux détracteurs de la raison et de la philosophie :
Sur quelle base est assis tout l'édifice de la société française? De quels éléments est-il formé, et quelles mains l'ont élevé? Les codes qui depuis cinquante années président à notre vie publique et privée , ont-ils été conçus et délibérés dans des synodes, comme les capitulaires de Charlemagne? Non : ils sont l'ouvrage de l'Assemblée constituante et du conseil d'État de l'Empire. Les éléments des lois qui nous gouvernent , ce sont les idées de toutes parts répandues par la philosophie ^ idées soHdes autant que généreuses , que la révolution française n'a point faites, mais qu'elle a proclamées, qu'elle a défendues d'abord avec l'épée, et gravées ensuite sur l'airain de nos codes pour l'exemple et pour l'instruction du monde. Dans l'ordre politique, quel est le principe avoué du gouvernement monarchique? Le droit divin est aujourd'hui une extravagance qui ne serait pas même rappelée sans péril. La force de la royauté est tout entière dans la raison pubUque reconnaissant la nécessité d'un pouvoir permanent et inviolable pour le maintien le plus certain de l'ordre et delà hberté. Les droits et les devoirs réciproques qui forment en quelque sorte la trame de la vie sociale, particulièrement ces grands devoirs des enfants, des pères, des époux, la loi civile les a tirés de la seule idée de l'honnête et du juste : ils reposent à ses yeux sur leur propre évidence, sur la certitude et sur la sainteté de la justice naturelle. Ainsi que le code civil, le code pénal n'a point d'autre fondement. La vertu par elle-même