‹ Des pensées de PascalChapitre 52 sur 125 · LXII PREFACE DE LA NOUVELLE EDITION · texte numérisé non relu

LXII PREFACE DE LA NOUVELLE EDITION

Est-ce à dire que nous entendions contester la salutaire autorité de la religion? A Dieu ne plaise I La religion et la philosophie, nous l'avons fait voir mille fois , sont établies sur des vérités différentes et non opposées. Chacune d'elles a un domaine distinct et légitime. Déclarer la guerre à la religion au nom de la philosophie serait une grande fohe, car la philosophie ne peut remplacer la religion , et dans une telle entreprise elle ne ferait paraître autre chose que son ambition et son impuissance. D'un autre côté, ce ne serait pas une moindre folie de déclarer la guerre à la philosophie au nom de la religion, et, pour attirer au christianisme , de calomnier la raison , d'avilir l'inteUigence et d'abêtir l'homme. La religion et la philosophie sont deux puissances également nécessaires, qui, grâce à Dieu, ne peuvent se détruire, et qui pourraient être aisément unies pour la paix du monde et le service du genre humain. Le vrai courage, la vraie sagesse est d'être tour à tour pour celle des deux qui est attaquée par l'autre. Nous nous adressons à tout homme de bonne foi : qui attaque aujourd'hui et qui est attaqué? Évidemment la philosophie n'attaque point ; elle se défend. Voilà pourquoi plus que jamais nous sommes avec elle ; et , qu'il nous soit permis de le dire , en évoquant un adversaire tel que Pascal , nous avons assez fait voir que nous sommes peu disposé à reculer devant les autres.

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