XLII AVANT-PROPOS
Qu'est-ce en effet que toutes ces attaques qui tombent chaque jour sur ce qu'on appelle la philosophie de l'Université, sinon le contre-coup et l'écho monotone de la vieille polémique du livre de V Indifférence ? On n'a inventé qu'un seul mot nouveau, celui de panthéisme; et voici toute la variante qui a été faite à l'argumentation de M. de Lamennais. M. de Lamennais disait: Toute philosophie qui veut être conséquente aboutit au scepticisme; on nous dit aujourd'hui : Toute philosophie qui part de la raison (et on appelle cela le rationalisme) conduit nécessairement au panthéisme , c'est-à-dire à l'identiiication de Dieu et du monde, c'est-à-dire encore au matérialisme et à l'athéisme ; témoin Descartes et tous les cartésiens, mes amis et moi bien entendu , auxquels , j'en demande pardon à ces messieurs, il faut qu'ils joignent, s'ils veulent être conséquents eux-mêmes, tous les grands personnages du xvn^ siècle que j'ai cités tout à l'heure. Mais à qui, de grâce, fera-t-on accroire que mes amis et moi nous confondions le monde et Dieu , comme Volney et Dupuis , et que