XLIV AVANT-PROPOS
l'ordre et les beautés de ce monde qui viennent de Dieu, mêlées des imperfections inhérentes à la créature ; car, tout immense qu'il est, ce monde est fini en soi, comparé à Dieu qui est infini; il en manifeste mais il en voile aussi la grandeur, l'intelligence, la sagesse. L'univers est l'image de Dieu , il n'est pas Dieu ; quelque chose de la cause passe dans l'effet, elle ne s'y épuise pas, et demeure elle-même tout entière. L'univers même est si loin d'épuiser Dieu que plusieurs des attributs de Dieu y sont couverts d'une obscurité presque impénétrable et ne se découvrent que dans l'âme de l'homme. L'univers , c'est la nécessité ; mais l'âme est libre , elle est une, simple , essentiellement identique à elle-même sous la diversité harmonieuse de ses facultés ; elle est capable de concevoir la vertu et de l'accomplir ; elle est capable d'amour et de sacrifice. Or, il répugne que l'être , qui est la cause première et dernière de cette âme, soit un être abstrait, possédant moins qu'il n'a donné, et n'ayant lui-même ni personnalité, ni liberté, ni intelligence, ni justice, ni amour. Ou Dieu est inférieur à l'homme , ou il possède au