AVANT-PROPOS. XLV
moins tout ce qu'il y a de permanent et de substantiel dans l'homme , avec l'infinité de plus.
Cette déclaration est suffisante, je l'espère, à l'équité et à la bonne foi ; mais elle ne l'est pas, je l'avoue, au besoin d'accuser et à la passion de nuire.
On persistera à répéter, d'après une ou deux phrases détournées de leur sens naturel , que je n'admets qu'une seule substance , que l'âme est nécessairement un mode de cette substance , et qu'ainsi je suis bien réellement panthéiste et fataliste. Mais comment puis -je faire de l'âme humaine un mode de Dieu, moi dont la première maxime de psychologie et d'ontologie tout ensemble est que l'âme de l'homme a pour caractère fondamental d'être une force libre, c'est-à-dire une substance, la notion de substance étant enveloppée dans celle de force, comme je l'ai si souvent démontré avec M. de Biran et d'après Leibnitz ? Ou contestez cette démonstration, qui est le principe de toute ma philosophie , ou cherchez un autre fondement à votre accusation. J'ai poussé si loin la liberté de