‹ Des pensées de PascalChapitre 87 sur 125 · XLVIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XLVIII AVANT-PROPOS

Reste donc la nécessité morale de la création. Eh bien! j'ai retiré jusqu'à cette expression, par cela seul qu'elle peut paraître équivoque et compromettre la liberté de Dieu. Et quant à celle de convenance souveraine que j'y ai substituée, je veux répéter l'explication que j'en ai donnée, et qu'une triste habileté vous a toujours fait supprimer ^ Je suis libre, c'est là pour moi une démonstration invincible que Dieu l'est et possède toute ma liberté en ce qu'elle a d'essentiel, et dans un degré suprême , sans les limites qu'imposent à ma nature la passion et une intelligence bornée. La liberté divine ne connaît pas les misères de la mienne, ses troubles, ses incertitudes; elle s'unit naturellement à l'intelligence et à la bonté divine. Dieu était parfaitement libre de créer ou de ne pas créer le monde et l'homme , tout autant que je le suis de prendre tel ou tel parti. Cela est-il clair, dites-moi , et me trouvezvous assez explicite sur la liberté de Dieu ? Mais

* Avertissement de la 3^ édition des Fragments, p.xxi. Cette édition est de 1838.

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