A. — SES SIGNES
Si les perforations primitives sont décrites minutieusement, par contre les observateurs ne s'étendent guère sur les symptômes des perforations itératives.
Il est didactique de classer ces signes en fonctionnels physiques et généraux.
1° Signes fonctionnels
Ils sont loin d’avoir la netteté et le relief noté dans les perforations primitives.
Les plus utiles à connaître, sont : la douleur, les troubles du transit intestinal. Il existe des signes accessoires.
a) LA DOULEUR. — C’est un bon signe car il est presque constant.
Son apparition est lente et progressive. Il est exceptionnel de noter un début brusque, comme l’a vu Artaud (obs. 53) ou Parkin (obs. 3) dans une perforation précoce.
Que de variations dans son intensité. Dans les cas extrémes, il peut s'agir d'une « violente douleur abdominale >» (cbs. 13), dé « colique vive avec ténesme » (obs. 47), d’un « drame abdominal » (ob. 53). Dans la grande majorité des cas, c’est une douleur peu accusée, sourde, insidieuse, une « sensibilité abdominale diffuse » (obs. 57).
Son siège est difficile à préciser. Si dans quelques cas on note un maximum dans la fosse iliaque droite (obs. 59), c’est le plus souvent une douleur diffuse dans tout l'abdomen, mal localisée, sans irradiation nette.
Il faut cependant noter l’existence des perforations itéralives produites sans aucune douleur (obs. 33). Lé malade de Combes, Salmon, Jean et Taranger a fait 12 perforations itéralives sans manifestations douloureuses.
D) LES TROUBLES DU TRANSIT INTESTINAL. — Ils sont d'importance variable.
L'arrêt ou la ralentissement des matières et des gaz est un signe majeur. Chez un typhique opéré, en bonne voie de guérison, ce signe sera en faveur d’une complication. Il est particulièrement évident chez les malades porteurs d’une sonde d'iléostomie : l’arrêt ou la diminution marquée de l’écoulement de cette sonde fera aussitôt penser à la perforation itéraüUve. Le Pr. agr. Dor insiste sur ce signe fonctionnel et met en évidence le tableau d’obstruction intestinale que revêt souvent la perforation itérative.
C) LES SIGNES ACCESSOIRES. — L'écoulement de matières fécales ou de pus par la plaie est d’une évidence qui s’impose. Les observations sont rares qui signalent ce symptôme. Citons le cas de Salmon, Dor et Ho-Ta-Khan, où «un flot de liquide séreux » fait irruption par la plaie, celui de Roberts où les matières fécales s’écoulent par l’incision. Combes, Salmon, Jean ct Taranger rapportent également une observation où «les matières fécales sont issues par la plaie ».
Les vomissements sont loin d’être constants. Nous les avons trouvé 4 fois dans 17 observations. Lorsqu'ils existent, ils sont peu abondants, muqueux, bilieux. Il faut connaître l'existence de vomissements « répétés » (obs. 44) ; les nausées, le hoquet peuvent aussi s’observer.
La diarrhée se rencontre rarement. Les auteurs la signalent surtout dans les perforations précoces (désunion de la suture). La constipation est autrement fréquente (obs. 48-55).
On a signalé enfin l’hémorragie du moment de la perforation (obs. 43).
En somme,mis à part l'issue de matières fécales, un tableau d'obstruction intestinale domine nettement l’ensemble de ces signes fonctionnels.
2° Signes physiques
Leur imprécision notable mérite d’être signalée ici. Aucun n'est pathognomonique.
a) L'INSPECTION révèle :
Le ballonnement abdominal ; on l’a noté dans plus de la moitié des cas. Il a donc une certaine valeur. Il peut être très précoce. On le trouve considérable dans les perforations précoces ; mais il est dans la majorité des cas peu marqué dans ies perforations tardives.
Le péristaliisme est exagéré chez certains malades qui n'ont pas d’iléostomie. Mais ce signe est trop inconstant pour qu'on lui attache crédit.
«b) LA PALPATION est plus riche d'enseignements.
La douleur provoquée scra recherchée avec une grande minutie. C’est une douleur diffuse, imprécise, généralisée à tout l'abdomen. Presque toujours la fosse iliaque droite est la région la plus sensible. Un excellent signe, préconisé par notre Maître, le Pr. agr. J. Dor, consiste à rechercher la douleur à tu décompression d'un point quelconque du ventre : c'est toujours la fosse iliaque droite qui réagit douloureusement.
Un signe négatif d’un grand intérêt mis en évidence par la palpation est l'absence de contracture : le ventre est souple. S'il s’agit d’une défense, elle est toujours très légère. Il y a des exceptions : le « ventre de bois » de l’observation d’Artaud en est une.
C) LA PERCUSSION de cet abdomen révèle un {ympanisme plus ou moins net. La disparition de la matité hépatique (obs. 13) et sa traduction radiologique sont ici sans valeur