INTRODUCTION
Il est un tableau que le chirurgien, et surtout le chirurgien marseillais connaît bien : Il opère un typhique de perforation intestinale ; les suites sont favorables, l’état général se relève rapidement, «la partie semble gagnée » (Dor). Brusquement, la douleur qui avait disparu, réapparait, le ventre se ballonne, la température s'élève, le pouls s'accélère. En quelques heures le malade est emporté. L’autopsie pratiquée révèle une autre perforation. Ce sont ces perforations itératives tardives que nous aurons surtout en vue ici.
Parfois les choses vont plus vite : après l’intervention le malade ne se rétablit pas ; s’il y a une amélioration elle n’est que passagère. La mort survient dans les trois ou quatre premiers jours. À l’autopsie on trouve une suture qui a lâché ou une perforation nouvelle. Ce sont des perforations itératives précoces.
Enfin, un troisième tableau clinique doit être décrit ; il répond aux perforalions à l'extérieur du ventre. Celles-ci se manifestent, soit par l’apparition d’une déhiscence sur une anse extériorisée par le chirurgien, soit par l'issue de matières fécales à travers la brèche opératoire.
Telles sont ies trois aspects présentés par la perforation itérative typhique. Elle se définit donc : toute nouvelle ouverture de l'intestin survenant après une première perforation. Ce sont les « additional perforations » des auteurs anglais.
Comment justifier l'intérêt de cette étude ? Il-n’est pas exagéré de dire que les perforations itératives (mise à part la perforation à l’extérieur), sont une des causes principales de mort et sans doute la principale des morts tardives après les perforations typhiques opérées.
Résoudre le problème des perforations itératives serait modifier heureusement le pronostic de la perforation typhique. On sait combien est sombre ce pronostic. A Marseille, l’impression des chirurgiens est, à ce point de vue, « effroyable » (Dor). Il faut prévenir les perforations itératives et tâcher de les guérir quand elles sont tardives. Mais pour cela, il est nécessaire de les reconnaître précocement.
Aussi est-ce surtout à leur diagnostic précoce et à leur traitement que nous nous sommes attachés dans ce travail.