LE MOMENT OÙ ELLES SURVIENNENT
Les perforations itératives se produisent à des périodes très variables : tantôt immédiatement après la perforation primitive, tantôt 10, 15 jours plus tard. A la suite de Buizard et
de J. Dor (1) nous reprendrons la distinction en deux catégories :
Dans la première, nous groupons toutes les perforations précoces, Ce sont « celles qui surviennent immédiatement ou dans les tous premiers jours après l’opération » (Dor).
Leur fréquence absolue est grande : elles constituent 45 % des observations de Buizard. Du point de vue anatomique, elles réunissent les réouvertures des perforations suturées et les nouvelles déhiscences. Elles n’ont aucune symptomatologie propre, car leurs signes sont noyés dans le tableau de péritonite généralisée, c’est dire que leur diagnostic est à peu près impossible. On comprendra aisément que devant un typhique opéré, en pleine péritonite, il ne peut être question de thérapeutique chirurgicale, puisqu'il est, pour ainsi dire, impossible de poser un diagnostic ferme.
Ces caractères sont absolument opposés à ceux des perforations tardives. On désigne ainsi les perforations survenant « 8 jours au moins après l’opération » (J. Dor).
Il y a donc entre la perforation et la récidive un délai. Il peut atteindre 15 jours: 21, jours (Artaud), 1 mois (Combes, Salmon, Jean et Taranger). Elles sont plus rares que les perforations précoces. Nous en avons relevé 51 cas dans la thèse de Buizard.
Dans nos observations, elles représentent 16,8 % des perforations itératives (2). Cet intervalle libre, certains signes, leur donnent une individualité clinique qu’il est possible de mettre en évidence. Enfin la thérapeutique doit être tentée
(1) Dor (J.) et Escarras : Les perforations itératives de la fièvre typhoïde. À propos d’un nouveau cas. Société de Gastro-Entérologie du Sud-Est, janvier 1939.
(2) Cette statistique est faite d’après toutes les observations réunies à la fin de ce travail.
ÉLNADUEE
chez des typhiques qui ont fait les frais d'une première perforation. Ce sont les « bons cas » (Dor), ceux que la chirurgie doit sauver.
C'est surtout cette catégorie de perforations itératives que nous aurons en vue ; ce sont elles qui assombrissent lé pro-
nostic des perforations typhiques ; les reconnaître et les traiter serait améliorer très heureusement ce pronostic.