‹ Des Péricystites Compliquant l'Adénome ProstatiqueChapitre 7 sur 41 · I. Nous envisagerons d’abord le premier cas · texte numérisé non relu

I. Nous envisagerons d’abord le premier cas

Un sujet atteint d’adénome prostatique passe d’après l'étude classique de Guyon par trois étapes.

a) La période de congestion ou prostatisme caractérisée par la pollakyurie nocturne, la dysurie, les modifications du jet et le retard de son apparition : « Le malade pisse sur ses bottes et ne peut éteindre les réverbères. »

b) La période de rétention incomplète sans distension caractérisée par une augmentation de la pollakyurie qui, de nocturne, devient diurne et au point de vue physiologique par la présence du bas-fond vésical. Or, dans ce cas, l’urine stagne dans ce bas-fond et aura tendance à s’infecter. Parfois nous aurons affaire à une bactériurie simple, mais plus souvent les parois de la vessie vont s’enflammer, une cystite se déclare qui, ultérieurement, pourra s'étendre et donner naissance à une péricystite : en effet, les parois vésicales altérées s’épaississent, s’indurent, peuvent devenir le siège d’abcès, les

tissus périvésicaux s’infiltrent. Dans ces conditions, sous l’influence du traitement, l’infiltration inflammatoire des tissus rétrocède, ce qui permet à la vessie de reprendre une capacité normale. Mais parfois, il persiste un certain épaississement vésical et périvésical qui sera à l’origine d’une pollakyurie permanente et qui, souvent, exige la pose d’une sonde à demeure. Il faut noter cependant que ce mode de propagation est très rare, car les parois de la vessie sont très résistantes à l’absorption toxique de l’urine et par là même à l'absorption septique.

Citons quelques observations pour illustrer ce cas. Observation de Culner et Baker.

Nègre de 61 ans, admis en août 1926 à l'hôpital pour un diagnostic d’hypertrophie prostatique. Bien portant jusqu’à il y a unan, moment où il remarque l'importance des mictions surtout la nuit. Ce symptôme associé à une dysurie progressivement croissante et un écoulement goutte à goutte de l’urine. Il y a six mois, début d’une sensation de brûlure au commencement et à la fin de la miction, qui augmente progressivement jusqu'au jour de son admission. La rétention complète se produit six jours avant son entrée à l'hôpital. Il s’alita et fut sondé tous les jours.

A l'examen on trouve une tumeur molle au-dessus de la symphyse pubienne, Au toucher, une grosse prostate lisse modérément ferme et symétrique. $

La sonde ne pouvant passer, on pratique une ponction suspubienne qui évacue un pus épais. Sous anesthésie le jour suivant, on trouve la sonde sus-pubienne au sommet de la vessie dans une cavité abcédée s'étendant latéralement des deux côtés, pour entourer complètement la vessie. À l’ouverture, la vessie présente une paroi épaisse recouverte de débris nécrosés et adhérents. La muqueuse granuleuse œdématiée est couverte par place de matériel muco-purulent. On sentait une grosse prostate intravésicale trilobée.

À laulopsie : hypertrophie de la prostate, cystite suppurée, pyélonéphrite suppurée et hémorragique bilatérale avec abcès

vont

multiples des reins, abcès périnéphrétique gauche subaigu, se continuant avec la périurétérite et énorme abcès péricystique.

c) Puis vient la troisième période de rétention incomplète avec dilatation, c’est la période des troubles digestifs actentués, des troubles urémiques. Le sujet présente un lobe vésical augmenté de volume et urine par regorgement, 1l perd ses urines. D’autres fois, c’est une crise de rétention aiguë, qui survient sans qu'aucun symptôme préalable ne, le fasse prévoir. Dans ces situations, le sondage s'impose, la mise d’une sonde à demeure avec fausset pour éviter l’hémorragie a vacuo devient nécessaire, mais cette thérapeutique, anodine en apparence, peut donner naissance à l’infection en produisant des traumatismes de l’urèthre, des parois de la vessie, d’où production d’uréthrite, de cystite et finalement de péricystite par un mécanisme analogue à celui étudié antérieurement. On a même signalé des phlegmons de la cavité de Retzius succédant à une perforation de la paroi antérieure par des sondes ou des explorateurs maniés par des mains peu habiles et imexpérimentées.

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