DANS
PAROLE RLFES
La syphilis dans son évolution est généralement considérée comme parcourant deux périodes principales :
On donne à ces deux périodes des limites et des caractères trèsnets. L’une est caractérisée par son antériorité, la localisation anatomique des lésions sur la peau et les muqueuses (Hunter), ou sur les tissus épithéliaux (His.) enfin, par l'efficacité exclusive de la médication mercurielle. — M. Ricord dans ses notes sur le traitement de la syphilis de Hunter à subdivisé cette première période en deux autres : celle du chancre primitif, celle des symptômes secondaires localisés à la peau et aux muqueuses.
La seconde période de la syphiis devient alors tertiare. Elle est caractérisée par sa date strictement postérieure, par sa localisation - anatomique dans les os, le tissu fibreux, les viscères, etc. et enfin,
, Pose , re > . 576 par l’efficacité d’un autre spécifique, l’iodure de potassium. La syphilis est ainsi considérée comme pénétrant peu-à-peu dans la profondeur de l'organisme et marquant sa marche envahissante par des progrès régu-
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liers et cycliques. Elle est d’abord un accident local : le chancre ; elle atteint ensuite et successivement, dans un ordre invariable les ganglions, la peau, les os, etc. et finit en s'étendant Loujours, par ,envahir la substance toute entière, et par dévenir une mâladie Bénérale une maladie fotius substantiæ.
Si séduisante qu'ait parue cette coordination systématique des lésions et des traitements de la syphilis la clinique en démontre tous les jours l'arbitraire et les inexactitudes.
Ces inexactitudes du système ne sont pas reconnues d'aujourd'hui. Mais elles ont été trop rarement observées et toujours attribuées à une perturbation des lois naturelles. On a même attribué à l'art ce désordre d'évolution. Aujourd'hui, une observation plus suivie, plus indépendante des théories, a pu reconnaître et démontrer que d'emblée la syphilis est générale et que si les symptômes syphilitiques n’ont pas aux différents âges de la maladie la même fréquence et le même degré, ils peuvent néanmoins apparaitre à tous les moments de sa durée. Bien des pathologistes se sont attachés à cette démonstration en France et à l'étranger. Nous ne voulons pomt faire l’histoire de leurs travaux ; mais nous remplissons un devoir en rappelant que M. Je professeur Fournier a contribué beaucoup à l'affirmation et à la propagation de cette thèse. Son enscignement oral, ses publications, les thèses qu'il a inspirées ont montré, que dès sa periode secondaire, la syphilis est géntrale, (1) et frappe les nerfs (2), le système locomoteur (synoviales tendineuses, ostéalgies, périerties, périestoses, etc.) les viscères (foie centres nerveux) enfin, une des grandes fonctions
(1) Fournier, leçons cliniques sur la syphilis primitive et secondaire, particulière ment chez la femme (sous-presse).
(2) Moustapha-Saïd, thèse inaugurale, 1872. Apparicio thèse inaugurale.
générales, la production de la chaleur (pierre syphilitique) (D). C'est lé étude d’une de. ces localisations précoces de la syphilis, la périostose, que nous présentons à nos juges. Nous la leur présentons sous les auspices de ce maître que nous voulons remercier ici respectueusement pour ses conseils et son enseignement. M. Fournier, en effet, dans ses lecons du 20 mai 1869, s’exprimait en ces termes : « Toutes ces manifestations douloureuses qui se produisent sur les os dans la période secondaire étaient autrefois confondues sous la dénomination unique de douleurs ostéocopes. Or, une étude plus attentive à montré que ces manifestations, loin de consister toutes invariablement en dès phénomènés identiques, se “présentent au contraire sous des formes diverses qui demandent à être nosologiquement distinguéësid auxquelles, en paie its une dénomination uAiqUE ke saurait
convenir. | ICT
Ainsi, avec le progrès de la science on a vu : {1° Que tantôt les douleurs osseuses se rattachent à un ensemble de phénomènes constituant une phlegmasie superficielle de los ou mieux du périoste ; et l'on à désigné ce premier ordre de lésions par le nom de périostites ;
2° Que tantôt, ces douleurs ne sont que l’expression d’une lésion plus complexe ou plus avancée aboutissant à constituer sur la surface de los une tuméfaction dure, solide, vraisemblablement ossiforme et l’on a donné à cet autre ensemble de phénomènes le nom de périostose ;
3° Que tantôt enfin, les os deviennent le siége d’une sensibilité morbide très-accusée, sans qu'aucune tumeur, sans qu'aucun phénomène inflammatoire se développe à leur surface. La douleur, dans ce cas, est le seul symptôme constatable, du moins quant à présent. A ce dernier ordre de cas s’applique la dénomination vague d’ostéalgie,
(3) Courtaux. thèse inaugurale.
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dénomination provisoire que nous sommes bien forcés de conserver actuellement parce que l’essence de cette douleur osseuse nous échappe mais que nous nous hâterons d'abandonner ou de modifier le Jour où nous serons édifiés sur le siége ou la nature de la lésion. Périostite, périostose, ostéalgie, tels sont donc les trois modes suivant lesquels Ia syphilis exercé son action sur le système osseux. » ;
= Ainsi donc, au début de notre travail, nous pouvons en définir l’objet dans les termes suivants :
La périostose syphilitique secondaire est caractérisée par une saillie d’une dureté véritablement osseuse siégeant sur un os, (très-doulou- -reuse), n’aboutissant jamais à la suppuration et se résolvant presque toujours en peu de temps. Nous allons successivement en étudier avec détails la symptomatologie, le diagnostic et le traitement.
= -Dg + I. — SYMPTOMATOLOGIE,
Deux éléments morbides constituent la périostose : le trouble nutritif qui a produit la tumeur ; la douleur qui l'accompagne en est toujours ie symptôme délateur. Chacun de ces éléments a ses signes propres : la tumeur, ses caractères de siêge, de volume, de forme, de consistance, etc. ; la douleur, ses caractères de mode, d’étendue, d’intensité, etc. Ce sont ces caractères qui feront le sujet de ce chapitre,
Signes objectifs. — Ces signes dépendent de la tumeur elle-même ou des tissus voisins, superposés. Les caractères essentiels, diagnostiqués de la tumeur, sont les suivants :
À. — Elle siége constamment sur du tissu osseux ou cartilagineux, mais avec une très-Inégale fréquence pour différents points du squelette.
Nous établirons ces divers degrés de fréquence au chapitre où sont traitées les causes de la périostose.
Le caractère essentiel des périostoses est donc leur continuité avec los ; elles sont absolument immobiles et font corps avec l’os où elles s’implantent. Leur consistance est dure, uniformément dure, ostéoïde. On ne trouve pas de différence entre elle et celle de l'os. La douleur provoquée par la pression limite cette dernière, et ne permet peut-être pas de rechercher assez fortement cette différence. Cette consistance reste la même tout le temps que dure la tumeur, elle ne diminue jamais, contrairement à ce qu'on voit souvent dans les périostites tertiaires.
Leur forme est diverse ; en général arrondie, avec base d’implantation plus large que le reste de la tumeur. Tantôt la tumeur est tubéreuse mamillaire, tantôt et plus souvent étalée, aplatie comme une amande. |
mortes
Les limites sont en général assez bien marquées, sauf au sternum où la tumeur s’étale en s’aplatissant ; néanmoins la saillie de la périostose. n’est, pas brusque, quoique: assez rapidement graduelle. Les bosses normales du frontal, du pariétal, ont une saillie plus: adoucie et; plus progressive. | |
Le volume des périostoses est peu considérable ; elles ont de 2 à 3 ét: 4 millimètres de hauteur sur une largeur de 4 à plusieurs centi mètres à leur base. On les peut comparer à un gros’ pois, à des pièces de monnaie de. 2 francs, et, de 5, francs, à des noyaux de. cerise, même à un petit œuf de poule, En raison de cette petitesse, elles, échappent souvent à l'attention des malades qui, se plaignent simplement, d'une douleur.
… Le médecin lui-même qui n’est, pas prévenune les,cherche pas. — « Tenez-vous donc pour avertis Messieurs, ditM. Fournier (1). Lorsqu'un « de vos malades syphilitiques vous accusera une douleur en.un point, « ne vous contentez pas de cette assertion; cette assertion, contrôlez- « la de vos yeux et de vos doigts. Explorez la partie douloureuse, et « souvent par un palper attentif, méthodique, prolongé, vous arri- « verez à découvrir sur la surface d’un os un point très-circonscrit, « une tuméfaction peu étendue, au niveau desquels la moindre pression, « le moindre attouchement déterminera une douleur des plus vives, « douleur assez aiguë quelquefois pour arracher un cri d’angoisse. Ce « sera une périostite ou une périostose qui se dévoilera dela sorte, une « légion anatomique qui, sans un tel examen, aurait eu toutes chances « pour rester méconnue ou peut-être confondue avec une névralgie, « une myosalgie, un rhumatisme, une douleur vague quelconque. »
Les parties voisines de la périostose sont normales ; le reste de Pos qui la porte est régulier de forme et absolument indolent. Les
(1) Leçon clinique sur la Syphilis primitive et secondaire chez les femmes.
it — äponévroses, les muscles, le tissu cellulaire, la peau sont sains et trèsmobiles sur la tumeur. M. Mauriac (1) a cependant deux cas de
périostose du tibia, s’enfonçant dans les muscles du mollet et.accompagnés d’un œdème sous-cutané.
La peau n’éprouve à aucun moment une altération .de.couleur.
Le nombre des périostoses sur unmême sujet .et.à un même moment est variable. M. Mauriac a vu 8 à 10 périostoses frontales simultanées ; c’est sur le front qu'il y en a le plus à la fois, souvent deux ou trois.
L'observation suivante en est un exemple.