SYPHILIS AU 2° MO
OBSERYATION 1, — Syphilides papuleuses érosives. Périostose frontale
(multiple)
.Rose.G. 26 ans, entrée à l'hôpital de Lourcine le 4 mai 1869, dans la salle Saint-Jean. |
Pas d'antécédents vénériens, pas de grossesse, pas de renseignements sur l'accident primitif.
Malade depuis trois semaines, on constate, à l'entrée, des syphilides papuleuses érosives disséminées sur les grandes lèvres ; mêmes papules sur les petites lèvres ét lacœuisse-droite. Deux ganglions dans le pli de l’aine. Périostose frontal. Papule ulcérée del’ombilic, recouverte d’un enduit diphtéritique, à base très-dure et datant de 15 jours. Traitement : bain de sublimé, iodure de potassium, poudre d'oxyde de zinc.
7 Mars. Eruption aux aisselles de papules rouges disséminées. Au front on constate trois soulèvements osseux, deux en haut bilatéraux, près de la racine des cheveux et
(1) Gazette des Hôpitaux. Sur les Affections syphilitiques osseuses précoces.
ms + ous un situé plus bas; et médian, ce dernier est surtout évident. La douleur locale est si vive que la malade peut à peine passer une serviette pour s'essuyer le front. 40 Mai. Exagération de tous les symptômes locaux, éruption de nouvelles papuls à à partie supérieure du thorax.
Abes tubériformes dans l'aisselle et petits abeès nue dans le dos, accompagues d'un prurit Wrès-marqué. Céphalée.
: A Mai. Les papules de la vulve se cicatrisent. AS — Douleurs frontales persistantes.
© 45 — Les périostoses s'affaisent.
LS — Nouveaux abes dans l'aisselle, or vue OU | 24 — Les tumeurs frontales sont presque affaissées. Les éruptions sont à Peine visibles, plus rien dans l'aielle. Exeat.
En gènèral à ne s’en rencontre qu'une sur le même os. Mais il n’est pas rare, d'en trouver sur plusieurs points du squelette, les deux tibias par exemple, KR clavieule, les côtes et le cubitus ; ou bien les côtes et le steroum. Cette généralisation d'un pareil trouble nutritif eus combien, dès là période secondaire, l'impression de la Li os sur l’éc nome est profonde et étendue.
La périostose, avons-nous dit au début de ce chapitre, est constituée.
par un double élément morbide : la tumeur et la douleur. C’est de ce dernier élèment qu'il va être question. |
La douleur se prèsente sous deux formes; elle est locale et symptomatique, où bien elle S'irradie loin de la tumeur, et revêt les caractères’
de Rà nèvralgte. Sous cette dernière forme elle a des sièges, des degrés,
we évolution et des noms divers suivant la localisation de la maladie. La douleur locale est ordinairement spontanée, même au repos. Elle.
augmente par les mouvements et surtout par la pression. (Celle du chapeau pour les bosses frontales). La chaleur du lit augmente. Ces
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caractères rappellent les douleurs ostéocopes. Dénomination par laquelle on à désigné tant de diverses douleurs.
«-ILest arrivé, dit M. Fournier (4) pour cette dénomination géné- « rique et vague, ne traduisant qu’un symptôme, ce qui est advenu à « la plupart des dénominations de symptômes appliquées à des états « morbides; ce qui est advenu, par exemple, aux vieux mots de diar- « rhée, de dyspnée, d'asthme, de colique etc. , tant que le symptôme « seul à été connu, sans que l’on sût à quoi le rapporter, force à bien « été d'en conserver le nom; mais du jour où l’on a pu le rattacher à « la lésion d’un organe, bien vite on a délaissé le nom de symptôme « pour lui substituer celui d’un état morbide, d’une localisation ana- « tomique, d’une maladie. — De même ici. Tant qu'on n’a pas su ce « qu'étaient les douleurs syphilitiques, on les a simplement appelées « douleurs; mais lorsqu'on à été autorisé à les rattacher à la lésion « d’un os, on en a fait des périostoses, des arthralgies, des myosalgies, « des ostéalgies, etc.
Cependant les douleurs dites syphilitiques n’ont pas le plus souvent ce caractère circonscrit et permanent. Elles sont irradiées plus ou moins conformément à l’anatonie des nerfs et souvent elles se présentent par accès. Or, tantôt ces névralgies syphilitiques accompagnent une périostose, une périostite où n'importe quelle lésion déterminée, tantôt elfes existent seules et paraissent être essentielles. Quoiqu'il en soit, elles présentent les caractères généraux suivants : elles se développent graduellement ; elles ont une douleur continue, contusive siégeant au niveau de la périostose et que nous avons décrite, puis une douleur intermittente, parfois très-aiguë, parfois sourde, lancinante. — La périostose en est toujours un foyer à côté duquel plusieurs autres peuvent
(4) Leçon clinique sur la syphilis primitive et secondaire chez les femmes.
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éxister, bién qu’en général les foyers névralgiqués ne soient ni complets, ni bien marqués. Les accès de douleur surviennent très-souvent la nüit et durent diversement, parfois il sont accompagnés de fièvre. Ces .néyralgies concomitantes des périostoses ont une durée variable. Ælles étaient peut-être mallaccusées, mais toujours elles ont précédé laitumeur périostique. Parfois elle lui-ont survécu, plus souvent cependant elles ont cessé lorsque s’affaissait la tumeur. Voilà en quelques traits.les caractères généraux, de ces douleursnévralgi-formes. Voicrles caractères de quelques unes de Jeurs localisations.
L. — Aucräne, les douleurs syphilitiques prennent Je nom de céphalée. Or, M. Fournier rapporte la céphalée à trois causes. — I. À des névralgies occupant les rameaux de la cmquième paire, les nerfs sous-occipitaux, etc. IE. .À des douleurs céphaliques. IIL A ;des douleurs externes localisées à une périostose. Ces trois localisations douloureuses peuvent coexister avec une périostose. Pour les troisièmes, les douleurs externes, le fait est général et sans conteste maintenant. Lies névralgies vraies sont peut-être moins ordinaires -et se ‘présentent moins régulièrement. Leur douleur d’accès occupe le plus souvent le côté de la tête au siège de la périostose ; ellerpeut être aussi bidatérale. — Elle se présente toujours sous forme d’irradiations partant de la"tumeur et parcourant les rameaux cutanés de la cinquièmerpaire. Parfois le point sous-0rbitaire est ‘assez accusé, plus rarement ‘eipariétal.
La pression est surtout douloureuse sur la périostose, mais elle l’est aussi sur presque toute la tête. Le passage du peigne dans les cheveux
provoque assez de douleur pour que les malades en viennent à négliger leur chevelure. |
Quand ‘aux douleurs encéphaliques qui coïncideraient avec ‘une