‹ Des Périostoses Secondaires dans la SyphilisChapitre 6 sur 10 · PRE · texte numérisé non relu

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(4) Mauridè, Gazette dès Hôpitauæ, sur les affections syphilitiques osseuses précoces. - (2) Swediaur. Traité complet des maladies venériennes. T. IH P. 100. 7e‘édition. (3) Dubut, Des syphilis malignes précoces. Thèse 1864 P. 33.

Il ne fut administré aucune préparation merçurielle. Elle resta 4 mois à l'hôpital, et elle y accoucha à 8 mois et demi d’un enfant bien portant et qui a

Trent:

» La malade rentre le 5 mars pour des accidents semblables aux premiers et datant de trois semaines.

- Les grandes lèvres sont alors le siége de nombreuses papules, saillantes, cireulaires, érodées sur la lèvre droite. Le tissu cellulaire tuméfié de la grande lèvre gauche est le siége de cet œdème dur auquel M. Fournier a donné le nom Induration ulcéreuse des grandes lèvres. À la partie inférieure de cette même lèvre, ulcération creuse et irrégulière et chancroïde. À l'anus sur une marisque, ulcération ayant perdu tout caractère.

Diagnostic local : Syphilides papuleuses, papulo-érosives ulcéreuses de la vulve.

Un ganglion dans chaque aine à gardé un volume un peu considérable. Syphitide herpétiforme du pli du cou de droit, alopécie en clairière.

La malade attire notre attention sur une grosseur douloureuse qu'elle a depuis quinze, jours au poignet droit ; on examine le membre et l’on. trouve très-facilement une tuméfaction de l'extrémité inférieure. du radius, cette tumeur siège un peu audessus du renflement de cette extrémité ; elle occupe la face postérieure de l'os et fait absolument corps avec lui.

L'amaigrissement du membre permet de se rendre très-facilement compte de ce qui s’y trouve. On peut descendre et suivre avec le doigt cette face postérieure unie , sous-cutanée. On y rencontre alors à 4 centimètres de l’interligne carpien, une saillie du volume d'un noyau d’abricot, graduellement croissante et dépassant même en saillie le rebord postérieur de face articulaire de l'os. La tumeur est un peu allongée, parallèlement à l'axe du membre, mal circonserite et se confondant peu à peu avec le reste ‘de l'os. Elle est uniformément dure et la pression n'y fait guère découvrir de différence de consistance avec le reste de l'os. La peau qui la recouvre, est saine, sans coloration anormale, sans adhérence.

Le tissu cellulaire sous-cutané n'offre rien de particulier. Les tendons des

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radiaux antérieurs et des extenseurs du pouce sont soulevés et les. muscles quelque peu gênés dans leur action.

Une pression légère est douloureuse, forte elle devient intolérable, quand on ne presse pas sur elle, la tumeur est peu douloureuse ; néanmoins la malade éprouve surtout au début et éprouve encore des douleurs nocturnes irradiées dans la moitié inférieure externe et postérieure de l’avant-bras. Périonyxis latéral de l'index droit.

Etat général affaibli surtout depuis le six mars, courbatures, palpitations trèsfréquentes, extrémités froides.

Trait : À pilule de O, 05 de protoiodure, vin de quinquina.

Le 11 mars on constate une syphilide pigmentaire du cou et qui se caractérise ultérieurement de plus en plus. |

Le 8 avril, un mois après son entrée, la malade veut partir. Les érosions vulvaires sont cicatrisées, les papules affaissés.

La périostose radiale à beaucoup diminué et passerait même inaperçue aux yeux d'une personne non prévenue. Aucune application locale n'a été faite. La syphilide herpétiforme a disparu. La syphilide pigmentaire persiste et est même en période d'augment.

OBSERVATION IX. — Syphilis au 2° mois. — Syphailides secondaires. Périostose du Radius.

Marie S. 23 ans, entrée à l'hôpital de Lourcine le 13 juillet 1868, salle Saint- Clément, n° 2.

Pas d’antécédents vénériens, accouchement il y a 5 ans. Cette malade raconte qu’il y à un mois elle a eu un petit bouton à la grande lèvre gauche.

On constate de l'œdème de la vulve, de l'induration de la grande lèvre gauche. Syphilides érosives au même niveau, large syphilide ulcéreuse de la petite lèvre gauche, ganglions multiples du pli de laine gauche.

Traitement. — Pil. de Blancard, 3 bains par semaine, liqueur de Labarraque, oxyde de zinc, protoiodure.

6 Juillet. Cicatrisation des ulcérations syphilitiques, mais persistance de l'induration à la vulve.

ses Lee

La malade avoue n'avoir jamais pris les pil. de protoiodure.

9 Août. Syphilides papuleuses croûteuses de la face.

20 Août. Roséole des cuisses.

6 Septembre. Ulcérations des amygdales.

21 — La malade nous montre une tuméfaction de l'extrémité inférieure du radius droit, sur la face recouverte par l'artère.

Cette tumeur est d'une dureté osseuse, son volume a celui d’un noyau d’abricot, la douleur n'est pas spontanée, mais déterminée par la pression. — Pas de céphalée, Syphilides papuleuses rouge cuivré à la nuque.

4° Octobre. La périostose radiale diminue, mais la sensibilité existe toujours.

15 Novembre. Exéat il ne reste plus que quelques papules à la nuque, mais le radius présente encore une nodosité très-appréciable. |

Rentrée de nouveau le 4 mai 1870.

On constate : Erosion de la grande lèvre droite, douleurs en urinant, engorgement ganglionnaire, douleurs dans le pli de l’aine, alopécie, taches rouges sur les avantbras, pas de céphalée, plus rien au radius.

Traitement wi supra.

49 Janvier. Exéat en bon état.

Sur la clavicule, nous n’avons que deux faits. Vidal de Cassis (1) en a publié un sur deux que la périostose siégeait à l’extrémité interne de la clavicule, il s’agit, dit-il, d’une périostite tértiaire tellement précoce qu’elle fit son apparition 25 jours à dater du chancre infectant. Cette lésion provoqua un traitement antiphlogistique énergique et disparut en deux mois. Elle occupait les deux tiers internes de cet os.

La deuxième observation est de M. Mauriac. Il s’agit d’un malade ayant eu en outre une périoslose du cubitus deux mois après les accidents primitifs ; mais la périostose de la clavicule n’est survenue que la troisième année, alors qu’avaient disparu tous les accidents secondaires. Elle à eu une marche très-lente, et a persisté plus de deux ans.

(1) Vidal de Cassis. Traité des maladies vénériennes, 2* édit., p. 475—480.

La date de son apparition, sa durée n’en feraient-elles pas un accident tertiaire ? Ne pourrions -NOUS donc pas dire que Ja périostose secondaire de la clavicule n’a pas encore été observée ?

Au membre inférieur les périosioses ne sont pas rares, elles y siégent sept fois Sur 43 cas, c’est-à-dire 16,3 pour cent.

La proportion est à peu près de un cinquième. Le tibia ou les tibias, car la périostose est souvent bi-latérale et symétrique, sont, ‘après le frontal, les os les plus particuliérement atteints de périostose. Ce qui mérite de fixer ici l'attention, c2 sont les poinis particuliers énvahis par l'élément morbide ; on dirait que la situation superfi- cielle de los, la vitalité moins considérable du tissu ne les recoûvre favorise le développement de la périostose.

Aussi voit-on celle dernière occuper le bord antérieur du tibia, et surtout sa face antéro-interne, tandis que très-rarement elle a occupé les faces osseuses directement en contact avec les couches musculaires, et les parties molles plus vascularisées que la peau. Une seule observalion de M. Mauriac fait exception à cette règle. Il s’agit d’une tumeur primitivement osseuse et s’enfonçant dans les parties molles des mollets.

: En général donc ces sortes de productions paraissent se développer dans les points où elles ont à vaincre le moins de résistance.

Les autres os du membre inférieur possibles de périostose sont le péroné et le premier mêta-larsien. Un malade du service de M. Fournier a présenté la première. La tumeur était petite, très-circonscrite et siégeait sar le bord antérieur de la malléole externe.

M. le docteur Guyot a publié dans l’Union médicale de 1869, T. L., p. 366, le fait d'une périostite syphilitique survenue 55 jours après Je coït infectant, coexistant avec une roséole et occupant le premier méta-tarsien. Les mouvements imprimés au gros orteil étaient douloureux et la pression sur le sol impossible,

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Si dans le cours de cet exposé des sièges divers des périostoses, nous avons appelé l’attention sur leur superficialité en quelque sorte, et Sur léur manqüe de protection, nous avons deux raisons : la première c’est que nous avons fait l’application à ces cas particuliers de Pidée générale de Hunter : à savoir que dans la syphilis, les tissus sont malades suivant qu'ils sont exposés aux influences extérieures. La seconde c’est que le traumatisme, qu’il soit violent ou presque in: conscient, est et doit être pour beaucoup dans là production des périostoses. — Un exemple irrécusable nous en est fourni par M. Cul: lerier (1). Il $’agit d’une malade ayant des chancres vulvaires et un condylome ulcéré anal qui, à la suite d’un coup violent sur la tête, fut atteinte de périostose pariétale.

- Tels sont les sièges divers des périostoses relalées jusqu'ici : nous en résumons la fréquence relative dans le tableau suivant :

Frontal 05 sh fi 49 fois ou 27,9 010

Tibia. 7 » 16,3 010

Côtes + 6 » 13,9 070

Pariétal k 9,3 010

Cubitus bo k,6 0[0

Sur Radius 2 » &,6 010

43 /Clavicule. 2 k,6 O[0 Observations. ]Maxillaire inférieur . PAU &,6 O[0 [Siernum.. | ua; &,6 O[0 Temporal. L >» 2,3 O0

1 Métatarsien. . L 2,3 O[0

Péroné. . 12 2,3 010

Occipital. qe 2,3 Oj0

4) Mémoire sur l’évolution de la syphilis lu à la Société de Chirurgie de Paris le 4 décembre 1844. (Arch. gén. du Midi. 1845. IL., p. 202.)

A côté de cette occasion morbide constituée par le siège anatomique, nous en trouvons encore deux autres, le sexe et l’âge.

Pour le sexe, d’après M. Fournier les femmes seraient plus souvent atteintes de périostose.

Pour läge, on sait que les affections osseuses syphilitiques chez les enfants sont loin d’être rares. Néanmoins, nous les avons laissées complétement de côté dans notre étude. Nous avons craint de compliquer beaucoup notre sujet, de dépasser notre champ d'observations, d’entrer dans une étude que nous n’avons pu faire directement et qui est encore aujourd'hui l’objet de nombreuses controverses.

Le traumatisme est la dernière"cause’ occasionnelle que nous puissions donner à la périostose. Nous rappellerons l'observation de M. Cullerier résumée page. Nous rappelerons aussi la situation superficielle et exposée de toutes les périostoses observées. |

Nous ne voulons point enfin discuter sérieusement cette opinion que le traitement mercuriel est la cause des périostoses. Graves la soutient néanmoins dans sa clinique, et Ricord qui croyait trèsrares les lésions secondaires du périoste, les attribue à une perturbation dans la marche de la syphilis et cette dernière, elle-même, il l’attribue au traitement mercuriel citant avec esprit le vers célèbre :

Souvent un beau désordre est un effet de l'art.

À ces deux grandes autorités, nous opposerons simplement les faits ; nous citons dans cette thèse plusieurs observations de périostose prises sur des malades qui n’avaient pas été traités ou qui n'avaient subi qu'un traitement fort court.

TAN CTRES DIAGNOSTIC.

Nous avons peu de choses à dire sur ce sujet. Le diagnostic général est évidemment à faire tout d’abord. Nous ne pouvons répéter ici le diagnostic de la syphilis.

Le diagnostic local est smgulièrement facile. Nous rappellerons simplement notre définition de la périostose : saillie d’une dureté véritablement osseuse, siégeant sur un. os! très-douloureux, . n’aboutissant jamais à la suppuration et se résolvant presque toujours en peu de temps.

Avec quoi pourrait-on confondre un tel état?

La tumeur le distingue vite des points douloureux, osseux, dit Ostéalgies et des autres névralgies syphilitiques.

A. son début la périostose se distingue assez difficilement de la périostite chronique. Mais sa consistance plus dure et invariable, Pétat sain des tissus superposés, sa douleur à forme névralgique, sa courte ‘durée, sa terminaison par résolution, la période de la maladie où elle apparaît, mettront bientôt fin à l’incertitude. 5

Quand au diagnostic des périostoses internes nous ne voulons qu’en signaler la difficulté, d'autant plus que tout rationnel que ce soit, ces périostoses ne sont que supposées et non observées directement. Ces troubles nerveux qu'on leur attribue provoquent cependant une question délicate de diagnostic. Mais celle-ci rentre à la fois dans la syphilis en général et dans la pathologie cérébrale, nous ne pouvons ici essayer de la discuter et de la résoudre.

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