DOUX
Céphalalgie deux, trois fois par semaine.
Douleur sternale. La malade raconte qu'il y a un mois la tumeur était très volumineuse et qu'elle a diminué sans traitement. | 1 Douleurs costales sous le sein gauche, plusieurs attaques pendant son séjour à l'hôpital.
13 mai. — Crise pendant la visite.
14 mai. — Douleur très-vive sous le sein.
21 juin. — Exéat en bon état.
- Rentre une troisième fois en décembre 1870, présente à la vulve des syphilides papulo-hypertrophiques. (Pil. protoiodure. — Iodure de potassium).
Rien au sternum — pas d'attaques.
7 janvier. — Exéat en bon état.
La malade revue plus tard a déclaré n'avoir eu de nouvelles attaques.
Nous ferons remarquer dans cette observation la coïncidence de l’apparition des troubles nerveux avec le développement d’une périostose externe sur un os plat,
Il est permis de supposer que ces accidents nerveux sont dus à une nouvelle périostose intra-crâniennes.
Enfin M. Fournier nous a dit avoir observé en ville, conjointement avec M. Lorain, un cas d’hémiplégie précoce. Il veut bien nous en donner le résumé suivant :
Un jeune homme de vingt-cinq ans syphilitique depuis six mois fut affecté subitement d’hémiplégie, à la suite d’effroyables crises de céphalée, coincidant avec une violente poussée de syphikde érythèmateuse et rupiale. L'examen le plus minutieux ne nous permit, à M. Lorain et à moi, de rapporter les phénomènes paralytiques à aucune cause autre que la syphilis. Le traitement spécifique fut conseillé par nous et administré à fortes doses. En quelques jours la céphalée, l’hémiplégie
et les syphilides furent amendées d’une façon surprenante, puis elles disparur ent simultanément d’un pas égal, de façon à ne pas nous laisser le moindre doute sur la spécifité des symptômes cérébraux.
: Or, comme on a expliqué lesnévralgies graves, par les périostoses qui les accompagnent, on a songé à expliquer les troubles nerveux par des périostoses intra-crâniennes et la compression par elle des centres nerveux. ;
M. Dubuc a donc pu écrire que « les. phénomènes de cet ordre « peuvent être raisonnablement expliqués par le développement pré-.
« maturé d’exostoses intra-crâniennes ou intra-rachidiennes (p. 32). x
Nous n’oserions néanmoins nous prononcer sur cetté pathogénie des accidents nerveux précoces dans la syphilis. Nous avons vouiu, en citant ces faits, rappeler les relations supposées entre eux et nos périostoses, et donner de nouveaux exemples de la généralisation rapide de la syphilis.
Causes.— La syphilis est la cause nécessaire, immédiate et efficiente de la maladie que nous venons de décrire. En outre, contrairement à ce qu’on croyait autrefois, 1l est lom d’être rare qu’elle atteigne les 0S dès le premier temps de son existence.
Seulement elle lefait à un inégal degré de fréquence pour chacun d'eux. Nous allons étudier avec quelques détails cette cause occasionnelle d'ordre anatomique.
L'os que nous avons trouvé atteint le plus souvent est de beaucoup le frontal. C’est la face antéricure de cet os qui porte ordinairement la périostose, soit sur la ligne médiane, soit sur les côtès. L” observation suivante en présente un type.
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per Vues
OBSERVATION V. = Syphilis au troisième mois.— Syphilides secondaires. — Périosiose frontale.
Rosalie L..., 38 ans, tapissière, entrée le 25 août 1868; à l'hôpital de Lourcine, salle Saint- Clément, n° 35. Elle dit être malade depuis 3 mois, elle s’apercut.à cette époque qu elle avait des plaies à la vulve ; elle n’avait ‘jamais eu de maladie vénérienne et elle porte encore les mêmes plaies vulvaires qui ont marqué le commencement de sa nialadié. Elle à Sur les cuisses dépuis ui temps de petites taches. Céphalalgie depuis: la même époque. Il y a trois semaines apparition d'une bosse frontale et maux de gorge.
Comme traitement, la malade a été soumise à l’usage de la tisane.
Septembre. — Etat actuel. Sauf quelques rougeurs autour du méat et dé l'entrée du vagin on ne trouve qu'une plaie superficielle, sans physionomie spéciale, située à la fourchette et présentant les signes d’un travail réparateur avancé. Aux plis de laine quelques ganglions indolents faiblement développés.
Sur la poitrine, le dos et sur les cuisses, érithème papuleux assez confluent, trèspâle. Au cuir chevelu, quelques croûtes jaunâtres assez épaisses. Pas d'alopécie.
A la nuque une syphilide papulo-squammeuse cuivrée, adénopathie cervicale postérieure multiple. Rien d’apparent dans l’arrière-bouche; au front, dans sa partie süpérieure et latérale gauche, existe une bosse arrondie peu saillante sans changement de: coloration des téguments, cette bosse est d'une dureté osseuse; douloureuse au toucher, mais insensible spontanément.
Céphalalgie continuelle avec des élancements atroces, plus intenses la nuit que le jour. À la lèvre inférieure plaque muqueuse arrondie, légèrement saillante. Pas de douleurs rhumatoïdes.
La malade dit avoir la fièvre la nuit, elle transpire dès qu’elie s'endort. Légère ifappéteriée depuis un mois, cependant les digestions sont assez bonnes. *faitément. = Pilulé dé protoioduré 0,05. Vin de quinquina, iodure de potassium, 1 gramme.
3 Septembre. Une érosion intérdigitale très-süperficielle aù pied droit. * Amélioration #otable du front, la bosse est moins apparente ét moins douloureuse.
* Les douleurs dé tête ont diminué, la malade a dormi cette nuit.
HONOQ TEE
9 Septembre. La bosse frontale a presque complétement disparu; plus de céphalalgie; sur le cou et au haut de la poitrine éruption de quelques petites papules rosées, acnéiformes sans caractères bien tranchés.
Tintement d'oreilles depuis huit jours, courbature dans tous les membres, sueurs continuelles la nuit.
L'appétit revient.
41 Septembre. La céphalalgie reparaît, mais peu intense. Vulve saine. 48 Septembre. Encore un peu de céphalalgie avec tintement d'oreilles. La bosse frontale est à peine perceptible.
A7 Septembre. Céphalalgie de nouveau intense. Coryza. La bosse frontale a disparu. : £ pa © On supprime l’iodure de potassium.
18 Septembre. La malade sort guérie des accidents.
La périostose frontale a été vue souvent encore dans cette partie latérale en dehors de la ligne courbe temporale et constituant en avant Ja fosse temporale, la tumeur siêge alors à la tempe.
Les autres os qui closent la cavité crânienne sont rarement le siége des périostoses. Le pariétal n'en a été le siége que trois fois sur une quarantaine de faits observés et relatés, l’occipital une seule fois.
Sur le crâne 1l n'a été observé, bien entendu que des périostoses externes. On ne saurait nier qu’elles ne soient possibles à la face interne de cette cavité.
On trouverait ainsi une explication raisonnable à divers troubles cérébraux, passagers, observés dans le cours de la syphilis sur lesquels nous aurons à revenir plus bas. Les périostoses externes du crâne ou péricrâniennes, dans les circonstances pathologiques générales, où on les rencontre ne pourraient guère être confondues qu'avec les bosses normales, frontales ou pariétales. Celles-ci peuvent, en effet, être le
siège de douleurs sans tuméfaction ou autre altération objective, d’ostéalgie en un mot. La distinction se fera néanmoins, soit à cause. de Punitéralite de la périostose qui contrastera avec la, bosse normale du côté opposé, soit par quelques caractères spéciaux aux périostoses sur lesquels nous nous sommes déjà expliqué.
Au maxillaire inférieur, M. Mauriac a rencontré deux fois la périostose. La tumeur siégeait sur la face externe de la branche horizontale de l’os en avant du masuter, c’est-à-dire à l'endroit de l’os libre de toute insertion musculaire. Les dents étaient en bon état, la tumeur avait apparu; l’une un mois, l’autre quatre mois après le début du chancre. Elles disparurent toutes deux très-rapidement, sous l’influence du traitement général spécifique.
Au thorax, les côtes et le sternum sur leur face externe ont été atteints ensemble huit fois ; la proportion est donc de 23 sur cent, c’est à ces liaisons qu’on a rattaché les troubles fonctionnels divers et si fréquents dans la syphilis, pleurodynie, névralgie mtercostale, troubles respiratoires, dyspnéiques à forme parfois asthmatique. La douleur est là, comme presque partout, la révélatrice de la périostose. Prévenu par elle, on porte le doigt sur la région ; on suit le relief dur d’une côte et l’on sent une inégalité circonscrite, une nodosité, une bosselure toujours très-évidente, très-sensible à la pression. Les côtes les plus ordinairement atteintes sont les cinquième et sixième de l’un ou de l'autre côté.
Il n’est pas rare de trouver en même temps une lésion semblable de forme sur les cartilages costaux.
Les périostoses du sternum sont moins bien circonscrites ; elles sont presque diffuses ; elles se profilent cependant très-nettement sur la face antérieure de los, quand on regarde parallèlement à celle-c1. Les deux périostoses que nous y connaissons siégeaient toutes deux
sûr la préraièré piècé du sterntini. L'une d’élles 4 été moulée ét oni en peut voir la réprésentation au musée réum à Lourcme par les soins de M: À. Fournier.
Du membre supérieur, nous avons à rélater les périostoses de la clavicule et des deux os de l’avant-bras et cela comme ailleurs, dans kes parties les plus extéricures et lés moins protégées dé parties mélles. C’est enr eflét l’éxtrémité supérieure du cubitus où son Bord postérieur et l'extrémité inférieure du radius qui sont seuls atteints.
Trois observations pour le premier nous sont connues, l’une de M. Mauriac (1), Pautre dé M. Swediaur (2), la troisième de M. Dubuc (3). : Pour le radius, deux observations ont été recucillies à Loureine dans le service de M. Fournier. Dans l’un, la périostose occupé la face postétieure de Pos — elle à été moulée et se trouve au musée de Lourciñe. —— Dans l’autre, la tumeur siége à la face antérieuté au niveau du pouls radial. Voici ces deux observations : |
EBSERVATION vit. — Syphilis au 5% mois. Eruption secondaire. Périostose de l'extrémité inférieure du radius.
Marie M..., lingère, âgée de 24 ans, est entrée le 5 mars à l'hôpital de Lourcine, où elle occupe le lit n° 47 de la salle St-Alexis.
D'apparence faible et maladive, elle éprouve depuis deux ans des accès fréquents de palpitations et de migraines. La menstruation établie à la 13° année est irrégulière, peu abondante. Trois grossesses, une fausse couche. La malade s'est aperçue en septembre dernier de ces premiers accidents. Elle est alors entrée une première fois à l'hôpital de Lourcine (service de M. Després) on diagnostiqua des plaques muqueuses à la vulve, au pharynx, et on soumit la malade à un traitement tonique.