EE OR ERR ET T R E
(1) Rapport de la commission des affaires coloniales , p. 151 et 152.
core la nécessité pour les esclaves dese suflire à eux-
mêmes. Qu’on voie dès lors ce qui ne peui Leg Log d'arriver dans les premiers temps. 4,4 0 :
.», Les négresses, en général, sont abandonnés par les hommes qui les ont rendues. mères ; cela est inévitable sous un régime de promiscuité, de concubinage universel, Une négresse prête d’accoucher n’est qu’un fardeau, personne ne s’en chargera. Sans assistance dans les derniers mois de leur grossesse, sans asile au moment de leurs couches, sans secours dans le mois
qui suit, beaucoup d’entre elles succomberont ; celles
qui ne .succomberont pas contracteront des infirmités
incurables et qui les mettront hors d'état ste gagner leur vie à l'avenir. |
» Les enfants sont toujours abandonnés par FE pèrés , ils le sont quelquefois par les mères; plus grand sera le
dénuement des mères, pie fréquénis sera lPabandon:
combien en survivra-t-il ? .». La plupart des noirs passent leurs journées au tra.
vail et leurs nuits dans la débauche : leurs journées au
travail, parce qu'ils ne peuvent faire autrement; leurs nuits dans les débauches, pare) qu'ils sont insonciants el corrompus. (s ». Quand ils auront la ie disposition de rés Jours , qu’en feront-ils? Beaucoup en feront ce qu'ils font de leurs nuits: ils déserteront en masse leurs ateliers ; ils jetteront là houe et pioche, comme des symboles de servitude ; ils encombreront les villes et les ports : cela est arrivé partout ; ils dissiperont rapidement le peu qui
leur sera resté du produit dés petits jardins qu’ils n’auront plus, des petits champs qui leur auront été reurés ; puis les meilleurs chercheront à gagner péniblementleur vie en se livrant à la pêche, en rendant çà et là quelques services domestiques ; le plus grand nombre aura recours à la mendicité, à la déprédation; il faudra Îles punir, les envoyer aux travaux publics, à l'atelier de discipline , c’est-à-dire les remettre en esclavage sous des conditions plus rigoureuses.
» Ne recevant guère l’enseignement religieux, d’ailleurs ne suivant guère la pratique du culte que comme forcés et contraints, quand ils ne seront plus ni contraints ni forcés, plus de culte, plus d'enseignement ; le peu qu’ils ont appris ils l’oublieront promptement , ils tomberont dans un abrutissement complet.
»’ Cela est inévitable pendant un temps plus ou moins long, pendant un temps d'autant plus long que les esclaves sont plus mal préparés à la liberté, et les nôtres, comme on l’a vu, le sont très mal ; les hommes ne se réforment pas d’un coup de baguette ; les caractères , les mœurs, les penchants, les habitudes, ne se réforment qu’à grand'peine ; la liberté ne fait point de miracles, c’est un précepteur rude, inexorable, qui corrige par le besoin et par la misère, par la souffrance et par la mort (1)! »
(4) L’affranchissement des noirs a eu lieu à Maurice le 31 mars 1839 , et déjà la population affranchie a diminué d’un tiers !
Ep CRE
Si, de l’aveu du duc de Broglie, les noirs ne sont pas préparés à recevoir la liberté, l’état n'est pps mieux préparé pour Ja leur donner, por: nono