PHOTISMES DES VOYELLES ET DES CONSONNES
Photismes
Voyelles
Consonnes
Actiromatiqiies ....
Chromatiques
Total.
382 soit 35,5 "/" 694 « 64,5 »
360 soit 65 o/o 194 » 35
424 soit 39,4 o/o 417 >) 38,8 »
Clairs
154 soit 27,8 «/o 207 » 37,4 »
Moyens
Foncés
Je ne m'aventurerai pas dans un essai d'explication d. photismes de consonnes. Car si la couleur des voyelles n'esi point aisée à comprendre pour ceux qui en sont privés, c'<v-' encore bien autre chose lorsqu'il s'agit de celle des son articulés. Elle met parfois en défiance même ceux qui ont d'autres phénomènes de synopsie ; preuve en soit l'avertissement que nous a donné un de nos correspondants, M. B. excellent philologue, âgé de 29 ans et doué dés son enfani de diagrammes (y. plus loin fig. 12) et d'audition colon |K)ur les voyelles: «Pour les consonnes, je me perm»! d'attirer votre attention sur le point suivant : les fricatives telles que r, /, s, f, (3tc., peuvent impressionner à titre d^ bruits; mais je crois que les occlusives (ou explosives) tellr que h, p, k\ g, l, d, etc., sont tout à fait neutres. Si donc on vous indique une couleur, p. ex. pour p, l, k, l'impression résidera probablement dans la voyelle <|ui accompagne nieessairemenl ces consonnes, nulles par elles-mêmes ; ;Mn>i pour p et t dans e, pour k dans a, »
Cette observation est parfaitement rationnelle a priori mais qu'y a-t-il de rationnel en audition colorée! Pour n prendre qu'un seul exemple, celui de cette consonne k, qui. d'après M. B., devrait emprunter la couleur de Va, voi( i la liste des onze teintes qui lui ont été attribuées dan l'enquête Claparéde, avec la couleur de l'a en regard.
noir
noir
jaune
noir
bleu clair
beige
rouge vif
foncé
bleu foncé
orange
noir
gris-ardoise
blanc
rouge
blanc
neutre
blanc-argent
rouge foncé
bleu foncé
blanc
noir
On voit qu'en fait il n'y a qu'un seul spécimen de k ayant la couleur de l'a. — Voici, sur le même sujet, une observalion de M. 0. E., étudiant en lettres, allemand, 26 ans, qui
a été frappé de la couleur des lettres il y a déjà huit ans : « Les explosives g, k, d, t, b, p me représentent une couleur peu sympathique, je dirai le gris de l'ardoise. Je ne trouve aucune différence entre les impressions de couleur que jj'éprouve en entendant des explosives labiales, dentales ou vélaires. La chose change quand il s'agit des fricatives l, m, n, r, s, appelées en allemand assez souvent semi-voyelles. Ici, j'ai trouvé une correspondance frappante avec les voyelles : l, blanc foncé , (à peu prés comme a, blanc clair); m, jaune (é, jaune plus ou moins clair); n, vert à bleu suivant l'intonation (i, vert brillant, u, vert bleu); r roulé, gris clair; r uvulaire, gris d'ardoise comme les explosives; s, sch, blanc très clair; z, blanc foncé. »
Peut-être démêlera-t-on un jour chez les consonnes quelque loi de préférence pour les couleurs, comme chez les voyelles. Mais nous n'en sommes point là, et nous devons nous contenter du fait, qui n'est pas nouveau, que les consonnes sont beaucoup plus rarement inductrices que les voyelles, et revêtent généralement des teintes peu vives, volontiers neutres.