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VII. Photismes de mots

, Aux photismes alphabétiques proprement dits, il est naturel de joindre ceux que les mots provoquent par les lettres mêmes dont ils sont formés, indépendamment de leur sens ;)u de l'impression d'ensemble qu'ils peuvent exercer sur le Gemûth. Le cas typique est celui où, chaque lettre possédant un photisme propre, le mot se traduit dans la vision mentale par une série de raies ou bandes parallèles contiguës de .teintes différentes. M. Galton en a reproduit quelques exemples dans une de ses planches, ainsi qu'un beau spécimen

des cas où ce sont les signes graphiques eux-mêmes qui sont le support de la couleur, et où le mot apparaît comm imprimé en lettres de diverses nuances. Je n'ai pas ren contré d'exemples aussi frappants, faute sans doute de htavoir sulfisanïment cherchés.

D'habitude, par suite de la supériorité inductrice de voyelles sur lescoiisormes, les photismes de mots ont moin de raies que de lettres, et ne présentent distinctement (jii les couleurs des voyelles, ce qui ne donne qu'une band colorée par syllabe — tout au plus, car souvent les voyelle même ne sont pas sur un pied d'égalité : il ne surgit que la couleur d'une seule d'entre elles, qui semble accaparer l'attention du sujet au détriment de ses voisines. L'i, et en second lieu l'a, semblent tout particulièrement affectionner ce rôle de voyelles dominantesê D'autres fois c'est la premier lettre du mot qui décide de sa couleur ; par ex. : M"' A. G. 23 ans, qui a des photismes pour les voyelles et presqii toutes les consonnes, aperçoit les mots de la couleur de len lettre initiale; c'est ainsi que le mot fraise lui semble vert parce qu'il commence par la lettre /*, qui est verte pour elle de même quant aux chiffres et aux jours de la semaine, elItse les représente « toujours d'après la couleur de la lettre initiale du mot qui les désigne. »

Le signe graphique et la couleur offrent dans les photism' de mots la même variété de relations que j'ai signalée à pn pos des lettres isolées. Je viens de rappeler les cas observ» par Galton où le sujet imagine soit le mot lui-même écrit » caractères coloriés, soit, en l'absence de ces caractéces, un sorte de spectre formé par les bandes de couleur qui leur correspondent. Mais la couleur peut aussi apparaître vaguement autour ou dans les vides de certaines syllabes ou lettres (par exemple dans le centre de To). Elle peut encore ne pi se montrer du tout, et n'être que pensée ; beaucoup de

sujets se contentent de dire que le mot leur donne l'impression mélangée, ou successive, de telles couleurs qui sont celles de ses voyelles dominantes. Cette impression est beaujccup accrue lorsque la voyelle se répète dans plusieurs syljlabes consécutives.

Parfois la teinte du mot ou de la syllabe n'est pas identique à celle de la voyelle isolée, le voisinage des consonnes id'appui, même si elles n'ont pas de couleurs propres, exerçant une influence modificatrice sur la nuance de la voyelle 'adjacente, ou troublant sa netteté. Il arrive aussi que les !diverses syllabes déteignent en quelque sorte les unes sur ,les autres, et qu'au lieu de plusieurs couleurs coexistantes ou successives, le mot n'évoque qu'une couleur unique, résultat du mélange des nuances appartenant aux diverses voyelles; p. ex. : M. A. A., 56 ans, ayant des photismes depuis son enfance (a rouge, e blanc, i noir, u gris, ew jaune citron, etc.) se représente les' mots « avec les couleurs des >^oyelles qui y entrent, notamment les jours de la semaine, a syllabe di n'intervenant que pour assombrir un peu le ouge de Mardi, Samedi, Dimanche, et pour rendre Mercredi et Vendredi gris. Lundi et Jeudi ont la couleur de u et le eu. » M'"^ J. G., 43 ans, qui depuis sa tendre enfance olore tous les prénoms d'après la nuance de leurs voyelles •rincipales (à quelques exceptions près), remarque «qu'aurefois ils avaient généralement une teinte unique, et que naintenant elle se divise un peu par syllabes. »

Rappelons que beaucoup de personnes ayant des photisiies pour les lettres isolées n'en ont pas ou presque pas pour es mots. D'autres, au rebours, qui ne voient pas de couleurs ux voyelles ni aux consonnes, en attribuent cependant une certaines combinaisons de lettres (« les mots terminés en i me donnent l'impression d'un vert très clair », dit par \emple une dame dépourvue de photismes alphabétiques

sauf pour 0 qu'elle voit jaune), ou à des mots entiers. Ce ne sont pas alors les éléments auditifs ou graphiques du mot qui servent d'inducteur, mais c'est soit le sens, c'est-à-dire la chose désignée, soit le mot par l'impression générale qu'il fait dans sa totalité une et indivisible. Il ne s'agit plus ici de pholismes alphabétiques, mais des photismes d'espé( • variées dont il sera question dans le chapitre suivant.

Notons encore que beaucoup de sujets ayant des pli tismes de mots n'en ont que pour certaines catégories mots, ce qui prouve quelque influence du sens. Ce som surtout les prénoms qui jouissent de cette prérogative, comme si la contexture phonétique ou graphique présentait plus d'intérêt et d'importance dans la classe distinguée des vocables de personnes que dans la plèbe des noms communs.

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