‹ Des Pigmentations Cutanées d'Origine MédicamenteuseChapitre 19 sur 23 · COR · texte numérisé non relu

COR

OBSERVATION IV. ruption buileuse déterminée par l'antipyrine suivie de pigmentalion. — (Personnelle, en commun aveo M. le docteur HENRI FOURNIER).

Madame H. V.., âgée de 51 ans, concierge depuis un an, après avoir été pendant trente ans femme de chambre, vient consulter le 4er février 1893 pour une éruption de sang » (sic) qui s’est déjà renouvelée plusieurs fois, de préférence au moment de ses règles, et pour laquelle elle avait été « consulter » au commencement de l'année précédente à l'hôpital Saint- Louis où on avait fait le diagnostic « d’urticaire bulleux ». Elle souffrait à ce moment de vives démangeaisons et portail sur les avant-bras et sur les cuisses un assez grand nombre de cloques » (sié)

En 1892, elle consulte pour des boutons d’acné de la face et aussi pour des macules rondes, brunâtres, de la grosseur d’une pièce de cinquante centimes siluées au siège de l’éruption qui avait déterminé sa visite à Saint-Louis. À ce moment, faute de temps on ne s'occupe que de l’acné.

De 1892 à 1893 la santé est bonne sauf quelques migraines au moment du retour des époques et contre lesquelles elle ne fait usage d'aucun médicament.

Le Le" février au soir, sans troubles prémonitoires, sans cause appréciable, la malade est prise subitement en dinant de sensations atroces de démangeaisons et de cuisson autour des poignets, puis quelques instants après, un peu sur toute l’étendue de la surface cutanée. Elle a l’idée qu’on pratique sur elle des pincements,des tiraillements avec des instruments chauds, et en un assez grand nombre de points elle a le sentiment de véritables brûlures.

Le lendemain 2 février, ces phénomènes se sont encore

S AE Tr

exagérés et dans l'après-midi se montre en même temps qu'une assez forte poussée fébrile (38° 8) une éruption polymorphe caractérisée par de larges papules aux avant-bras el quelques bulles sur le tronc et les membres.

Traitement : potion bromurée pour combattre l’état d’énervement où se trouvela malade, un cachet de quinine de 0 gr. 50 à cause de l'état fébrile, et une pommade à l’oxyde de zinc additionnée de menthol et de cocaïne. |

Le surlendemain, 38 février, l’éruption s'est singulièrement étendue. Elle a gagné le cou, la-face, les paupières (surtout vers l’angle interne) et a beaucoup augmenté aux avant-bras et aux aînes. Elle est constituée par de larges placards érythémateux, d’un rose vif, faisant saillie à la surface des téguments extrêmement prurigineux, variant en dimension de l'étendue d'une grosse lentille à celle d'une pièce de cinq francs en argent. La plupart sont oblongs ou de forme ovale irrégulière.

Sur un grand nombre de ces placards on rencontre des bulles assez grosses, remplies de sérositè louche un peu roussâtre.

En général, il y a une bulle par placard saillant. Maïs on en compte aussi aux aînes, les lésions sont très confluentes. Les bulles sont de moyen volume et assez tendues.

Au cou surtout à droite, il ya quelques bulles très grosses. L'une d’elles, située exactement au niveau du point central du corps du muscle sterno-cleïdo mastoïdien est énorme et pend, flasque ainsi qu'un Sac à moitié vide. Autour de plusieurs des bulles, on constate très marqué un cercle rouge pourpre.

La souffrance causée par le prurit est encore très intense et la malade est dans un état d’énervement indicible, La fièvre est de 38°8, la langue est modérément sale, mais l’haleine est

très fétide. A la voûte osseuse du palais, du côté gauche,

RQ

grosse bulle unique dont la base a l'étendue d’une pièce de 20 centimes. Cette bulle est entourée d'une auréole rougeûtre.

Même traitement, sulfate de quinine augmenté.

4 février. — Phénomènes généraux amendés.

L'irritatiom locale a un peu diminué.

Les plus grosses bulles, piquées avec des aiguilles flambées sonten grande partie vidées ; d’autres plus petites, ont commencé à se flétrir et à s’affaisser seules. Maïs il en est survenu de nouvelles pendant la nuit moins fortes loutefois et groupées autour des premiers ilots malades, surtout au voisinage de ceux des cuisses.

Sur les membres aux cuisses surtout, l'aspect de l’éruption offre quelques caractères intéressants. Certains placards présentent une surface de teinte foncée parfois presque noirâtre, entourée d’une zône d'un blanc jaunâtre, un peu irrégulière, circonscrite elle-même par une troisième zône périphérique en forme de liseré rose de deux à trois millimètres de largeur. Ce liseré semble entourer le contour du placard d’une ligne sinueuse, tantôt très nettement accusée et bien colorée, {tantôt effacée par places et venant se fondre insensiblement avec la surface cutanée. Quelques placards donnent,avec laffaissement complet de la bulle, l'impression vague de l’herpès iris de Bateman. Sur quelques autres l’aspect diffère un peu en raison de la multiplicité des soulèvements bulleux et la cocarde est moins nette. La pigmentation des taches est inégale aussi.

(On a pu constater dans la suite qu'après l’affaiblissement de la bulle, le liseré rose persistait, entourant une zone pigmentée au centre, décolorée dans la région comprise entre cette tache centrale et la bordure).

La bulle de la voûte palatine a crevé, etla malade se plaint des douleurs qu'elle ressent à ce niveau,

A de

L'état général est meilleur. La patiente à un peu dormi.

Traitement. Lavage des yeux avec une infusion de sureau. Les bulles sont incisées. Onctions sur tout le tégument, avec un liniment oléo-calcaire phéniqué au centième.

6 février. Le cou, la face ne présentent pas de nouvelles bulles. Il s’en fait une nouvelle poussée sur les cuisses, mais elles sont beaucoup plus petites. »

La partie centrale des bulles affaissées prend une teinte de plus en plus foncée. Le liseré rouge persiste très net.

Plus de bulles nouvelles à partir du 8 février. Au niveau des lésions étendues, au cou surtout, desquamation par lamelles humides ; squames sèches au niveau des petites bulles.

1 mars. Pigmentation très accentuée au niveau des anciennes bulles, La peau présente des marbrures et des nuances de coloration variable.

Depuis 1893, la malade a été revue à diverses reprises. Aucun incident n’est survenu.

Le 17 juillet 1896. Elle est prise de démangeaisons atroces, avec cuisson, sur tout le corps, et en particulier, aux avantbras. Questionnée, elle assura n'avoir fait aucun écart de régime.

Le lendemain 13, les démangeaisons ont augmenté, la malade se plaint de douleurs intolérables.

Le 14, éruption de bulles aux poignets, aux avant-bras, aux cuisses, au ventre et à Ia face.

Le 15, autres bulles avec un peu de diminution dans les démangealisons.

Le 16, affaissement des premières bulles, diminution du prurit, sauf aux jarrets, où il se fait une nouvelle éruption bulleuse.

De ci, de là, larges placards rougeàtres surélevés au-dessus de la peau de 2 à 3 millimètres et sur certains desquels les

bulles sont affaissées,

A: Aer

Gà et là, parmi les éléments éruptifs de nouvelie formation, on peut voir de larges taches pigmentées, vestiges des éruption antérieures.

En présence de ces faits, on demande àla malade si elle n’a fait usage d'aucun médicament, Elle ditavoir eu le 414, c’est-àdire cinq jours auparavant, « sa migraine » et avoir pris aussitôt «un demi-paquet d’antipyrine ».

Mme H..., dit alors que, lors de sa grande éruption (celle décrite plus haut) elle se souvenait très bien d’avoir pris un grand paquet d’antipyrine à l'approche de ses règles, et, remontant dans ses souvenirs, elle put se rappeler qu’elle avait toujours eu quelque chose « à la peau » chaque fois qu’elle prenait de l’antipyrine.

La malade est d’une grande nervosité, sa peau est le siège d'une sensibilité exagérée.

Autour des poignets, sur les mains, il y a de nombreuses petites taches, provenant d’éruptions antérieures à la « grande attaque ».

La peau présente un mélange bizarre de macules provenant de poussées d'âge trèsdifférent. Quelques-unes, celles de l’éruption actuelle, toutes récentes, tranchent par leur blancheur spéciale, vtiligineuse, sur la peau bariolée, au milieu d’autres plaques, au contraire pigmentées comme les premières.

Nous avons revu la malade en janvier dernier. La pigmentation est restée telle qu’elle était il y a un an. A la face on voit des macules brunâtres autour des paupières, près de l’angle de l'œil. Sur les membres les cercles persistent, quelquesuns sont nettement décolorés au centre, avec un contour plus ou moins régulier, dont nous ne saurions mieux comparer la

couleur qu'à celle de {a nèfle bien blette,

L A2 CE nl LUE he Gp PET ES ES PR RS PT M PE TT Gt ET = MS ONE TOR

OgsEervaTION V. — Coloration par le nitrate d'argent (personnelle).

M.X.., a joui jusqu’à ce moment d’une bonne santé. En 1886, il est atteint de bronchite et de phénomènes gastriques doulowreux. A la suite, diarrhée chronique rebelle aux différents traitements habituels. On lui oydonne pour cette diarrhée de prendre par jour quatre pilules contenant chacune 0 gr. 02 de nitrate d'argent, il continue cette médication pendant 18 mois — six mois aprèsle début de ce traitement on s’aperçoit que la peau de son visage s’assombrit — on n'’établit du reste aucun rapport entre ce changement de coloration et la médication qui est continuée encore pendant un an. — Le malade a vu disparaître les phénomènes gastro-intestinaux et a toujours continué depuis son travail. — La coloration du visage a toujours persisté depuis, augmentant avec les contra riétés et Les fatigues ou légères indispositions que subit le malade.

La coloration s'étend sur tout le visage, elle est limitée en haut par une ligne festonnée en rapport avec la coiffure ; elle atteint le cou et va en diminuant au niveau de la poitrine. Le teint est nettement plombé, grisätre, la peau est brillante sans desquamation, la coloration est plus intense au niveau du front; elle forme autour des yeux, sur les paupières surtout, une sorte d’auréole plus foncée. Les mains sont inactes, le reste de la surface du corps à une teinte normale. La santé générale est bonne, l'urine examinée à différentes reprises n'a Jamais contenu de sucre.

OBSERVATION VI. — Dermatite arsenicule avec cicatrices pigmentées par Rasn (de Copenhague). Annales de Derm. et de Syph. Tome IV, 1893.

HQE

OBSERVATION VIT. — Pigmentation par arsenic, par H. SCHLESIN- GER. Société des médecins de Vienne, 25 octobre 1898.

OBservarTiON VITL. — Wélanose arsenicale de la peau et des muqueuses parCh. Aunry. Ann. de Derm. etde Syph. 1896. Page

OBSERvVATION IX. -— Pigmentation de la peau dans l’arsenicisme, par Le Df RicHARDIÈRE. Société médicale des hôp. 27 avril 1894.

OBSERVATION X. — £'ruplion érythémato-pigmentée due à l’antipyrine, par M. le D' Ducasrec. Société de Dermatologie, 1894.

OBSERvATION XI. — Æruption érythémato-pigmentée dué à l’anhpyrine, par À. Guizuroup. In thèse Guiccroup. Paris, 1895.

OBSERVATION XII. — Bromisme cutané avec pigmentation consécutive, par le D' Jacquer. Ann. de Derm. et de Syph. 1886,

Page 1