CHAPITRE PREMIER
L'Arsenic
(a) Historique
Devergie (1), dans son Traité des maladies de la peau, publié en 1857, parait avoir été le premier à faire mention de la mélanose arsenicale. « Ce médicament, dit-il, imprime à la peau une coloration d’un gris de fer qui occupe toute l'étendue de chaque plaque et ne disparait qu'après plusieurs mois, c’est-à-dire probablement après élimination de l’arsenic absorbé. De fortes doses d’arsenic ne sont pas nécessaires pour obtenir cet effet el il suffit, chez des personnes du monde, d'atteindre, en progressant par une goutle tous les jours, le chiffre de douze à quinze gouttes de solution de Fowlér par jour. »
Devergie n’avait observé la coloration qu’à la suite du traitement des plaques de psoriasis, il considérait du reste que l'apparition de cette pigmentation était un signe de très heureux augure pour la guérison du psoriasis. — La conception s’est ‘aujourd'hui beaucoup étendue, Lescas de pigmentation à la suite de traitement dupsoriasis sont parmi
(4) Traité des maladies de la peau, 1857.
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toutes nos observations, les plus disculables. Nous aurons du reste à revenir sur ce sujet. ”
De son côté Thomas Hunt, cité par Prince Morrow, dit avoir remarqué le premier qu'une conséquence du traitement prolongé par l’arsenic éfait une pigmentation largement étendue.
« Le tronc du malade, dit-il, puis toutes les parties du corps protégées par le vêtement contre l'accès de la lumiére et de l’air se couvrent d’une teinte brun sale, comme si le malade ne s'était pas lavé. À la loupe, on distingue une fine desquamation de l’épiderme, c’est, en fait, une sorte de pityriasis, » Autre conception de la question dans un de ses côtés particuliers : la pigmentation primitive presque généralisée et à teinte uniforme. Lolliot, dans une thèse publiée en 1868, cite également une observation de psoriasis traité par l’arsenie où des taches squameuses furent remplacées par des taches grisâtres.
En 1879, Power relate l'épidémie de Brighton où nous trouvons l’arsenic sous forme d'acide arsénieux agissant comme topique exterñe en même temps que conme médicament nt erne.
Le docteur Prince À. Morrow reprend cette même épidémie en 1886, et publie un premier essai sur la pathogénie de cette complication.
En 1887, survient l'épidémie d'Hyères qui nous fournit les observations du docteur Vidal, et la thèse de Barthélemy (Montpellier, 1889). Dans cette thèse il est fait un rapproche ment entre l'épidémie d'Hyères et l'épidémie d’acrodynie apparue à Paris en 1828, décrite par Alibert dans son livre
des Monographies des maladies de la peau (1832)
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En 1893, I. Muller, publié la première relation dé biopsie el pose la question du diagnostic avec la maladie d'Addison qué, la mème année, Rash devait reprendre et singulièrement élargir.
En 189%, deux observations françaises, celles de M. le docteur Mathiéu et celle du Docteur Richardière. Cette dernière suscite à la Société médicale des Hôpitaux une discussion Sur le diagnostic avee les pigmentation de la tüberculose pulmonaire.
En 1896; Juliano Moreira publie la seule observation ee nous possédions de pigmentation à la suite d'intoxication aiguë. Mentionnons enfin les études plus détaillées du doeteur Ch. Audry de Toulouse et de J. Méneau de la Bourboule, en outre des thèses de Vulpian el de G. Browardel déjà citées.
b) Etiologie
Ilsemble, d'aprèsMéneau (de la Bourboule), que le sexe, l’état plus où moins nerveux, la constitution et la force du sujet n'aient qu'une influence bien minime sur l’apparition de ce genre de phénomènes. On à accusé le jeune âge de favoriser l’éclosion de ces accidents ; Lépine dit que la pigmentation arsenicale est presque spéciale à Fenfant, son sujet le plus agé était une femme soignée par Haffter et qui avait 35 ans.
Nous avons noté l’âge de 21 sujets laissant de côté à dessein les 29 cas de l’épidémie de Brighton où il y avait intoxication aiguë. Sur ces 21 sujets, 6 avaient moins de 20 ans, 3 avaient de 20 à 30 ans, 3 de 30 à 40 ans. Le