‹ Des plaies de la têteChapitre 17 sur 36 · ARTÈRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES

Carotide interne.

On a observé la rupture de la carotide interne dans son canal osseux? La science en possède, je crois, quelques exemples, mais il m'a été impossible de les retrouver.

J'ai placé ici l'observation suivante seulement à cause du titre qu'elle porte dans la thèse de Sanson , mais l'ab-

sence de détails sur la lésion du vaisseau à l'autopsie ne me permet pas d'affirmer qu'elle justifie parfaitement le titre qui lui a été donné. Je vois bien que la lésion osseuse est en rapport avec une déchirure du vaisseau , et la fait concevoir, mais en pareil cas il faut des assertions mieux précisées et une description anatoraique complète de la lésion.

Observation XXVIII.

Fracture du crâne. — Déchirure de la carolide gauche dans le canal carolidien. — Épancheraent considérable dans le crâne. — Héiniplégi« du même côté.

Le 26 janvier 1807, on apporta, salle Sainte-Jeanne (Hôtel-Hieu), à onze heures du matin, un individu qui venait de faire une chute de uo pieds. Il était tombé sur la lêle, à la partie supérieure gauche de laquelle existe une plaie contuse d'où il s'écoule peu de sang. Le malade est sans connaissance, ses yeux entr'ouverts sont insensibles à la lumière; la bouche est aussi enlr'ouverte ; les ailes du nez sont fortement dilatées; la respiration se fait avec bruit et dilhcullé, elle est râleuse plutôt que slertoreuse; les pupilles sont légèrement dilatées et inimobiles; le pouls est plein, mou du côté droit; aux bras et à la jambe il y a contracture. Si l'on soulève ces membres, ils retombent; mais moins pesamment que ceux du côté gauche où l'insensibilité et la résolution sont complètes. De ce dernier côté , avec quelque force qu'on pince la peau ,lemalade n'en témoigne aucun signe d'impatience; nul écoulement fécal ni urinaire. Deux saignées peu abondantes.

Sangsues en permanence derrière les oreilles , eau froide sur la tête , synapismes aux mollets , petit-lait émétisé.

A la visite du soir, son état est peu modifié; la respi-

ration plus précipitée, tout annonce une fin prochaine; du sang s'écoule par la bouche et le nez. Le malade meurt le 27 au malin, à cinq heures trois quarts.

Autopsie. Roideur cadavérique très prononcée; le crâne est scié circulairement du côlé gauche; entre la duremère et le crâne , dans la région temporale et les fosses moyennes, on trouve un vaste épancliement circonscrit qui s'étend, d'avant en arrière, dans une étendue de six pouces sur trois de haut en bas. Ce caillot a un pouce d'épaisseur au centre. La fracture du crâne s'étend depuis le pariétal gauche, la portion écailleuse du temporal, le rocher, jusque sur la base du sphénoïde, la grande aile droite et le rocher du même côlé. La pelile aile du sphénoïde de ce côlé est séparée du frontal ; l'hémisphère gauche du cerveau, dans ses points correspondants au caillot, est déprimé, enfoncé; les ventricules contiennent un peu de sérosité sanguinolente ; des traces de' contusion occupent la portion gaucho de la protubérance et vont se perdre insensiblement vers la ligne médiane.

Épanchemenl sanguin dans la plèvre gauche et dans l'épaisseur du muscle grand pectoral; du même côté, fracture des deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes gauchies.

(Observation 26, p. 197, Sanson , àe& HentorrUagies traumatiques . )

A côté des ruptures de la carotide primitive , je mentionnerai quelques exemples de blessures des artères qui ea naissent , telles , par exemple, que les artères cérébrales. Comme ces dernières sont placées à une grande profondeur , elles ne peuvent être allcintes que par des instruments qui, indépendammcnl de la blossurc nrlcricllo . ont nécessairement causé de grands désordres dans l'organe encéphalique. Ace titre, la blessure du vaisseau peut être çonsidfr^ Çg^BO?^ !^P? Ç^'B^l^^^^RP é^}^)- l^îSPP'""

tance doit s'effacer en grande partie en présence de la lésion principale. La blessure de ces artères ne me paraît donner lieu à aucune indication thérapeutique particulière; mais il m'a paru utile de la Hoter comme circonstance qui éclaire toujours quelques points de la pathologie chirurgicale du cerveau.

Observation XXIX.

Plaie pénétrante du crâne. — Blessure de l'artère du corps calleux.

Un homme qui venait de recevoir un couj) de fleuret dans la fosse orhilaire droite, immédiatement au-dessus de l'arcade soiircilière , fut apporté à l'Hôtel-Dieu dans l'état suivant: l'œil blessé était proéminent, tous ses vaisseaux et ceux des paupières fortement injectés et le malade dans un élat de stupeur profonde, sans la moindre faculté (Je voir, d'entendre et de parler. Les accidents allèrent en s'ag,gravant; le délire, la paralysie, la difficulté delà respiration, s'y joignirent ; il mourut.

Jutupsie. La pointe du fleuret avait traversé la partie supérieure de la voûte orbilaire ; le tissu cérébral était graveriient intéressé; une esquille osseuse poussée par le fleAJret avait déchiré une partie du lobe antérieur du cerveau vers sa base. L'instrument lui-même avait, pénétré jusqu'au lobe antérieur, en passant au-dessous du ventricule latéral. On voyait des caillots de sang oui provenaient de l'artère du corps calleux que l'instrument avait lésé. Il existait en outre, à la base du crâne, dans la cavité de l'arachnoïde , un énorme épaneliement de saii^^ artériel, Içquel provenait également de la même source. (Arch. de lecine, année 18 2 8.

Dans l'observation suivante , qui m'a été communiquée par M. Maisonneuve , il y avait blessure de la cérébrale moyenne.

Observation XXX.

Blessure de l'artère cérébrale moyenne.

Le 12 janvier i84', femme de vingt-deux ans, llolcl- Dieu, salle Saint-Paul, 20. Coup de pistolet à la tempe gauche; plaie; petites es([uilles; héinorrhagie venant de l'intérieur du crâne; mort le lendemain. A l'autopsie, balle dans le cervelet, ayant traversé le cerveau. L'artère lésée était la cérébrale moyenne.

Observation XXXI.

Méningée moyenne.

Adulte \ trente-cinq ans; coup sur la tête et chute consécutive sur le jiavé (sur le côlé droit).

6 juin. Insensibilité complète; respiration ronflante; pupilles dilatées, et surtout la droite; hémorrhagic de l'oreille droite et épistaxis; pt)uls 66 , faible et irrégulier; extrémités froides. Au-dessus de l'angle postérieur et supérieur du pariétal, on sent une tumeur très ferme de la grandeur d'une pièce de 5 francs. Point de fracture appréciable.

7 juin. Mort.

Autopsie. Fracture au-dessous de la tumeur et à droite ; elle s'étend du centre de l'impression laile parle muscle temporal sur le pariétal jusqu'au milieu de la portion squameuse du temporal, où elle se bifurque ; une di\i' sion se dirige en arrière et en bas vers le milieu de l'apophyse mastoïde ; l'autre s'étend en avant et en dedans. Une portion du pariétal est déprimée, et la fracture de cet os est comminutive. (Les os du crâne, et surtout le pariétal droit, n'avaient pas la moitié de leur épaisseur normale, et étaient très diaphanes étant exposés à la lumière.) Entre le pariétal et la dure-mère, il existe une couche de sang coagulé qui occupe un espace de 4 pouce*

carrés. Ruplure de la méningée moyenne avec épanchement entre la dure-mère et l'arachnoïde formant une couche qui s'étend au-dessus de tout l'hémisphère droit et une portion du gauche. La substance cérébrale est à l'élat normal. [Médico-chirurgical Rei'iew , n° 5o , p. 5o5.}

Observation XXXII.

5 novembre 1829. Garçon ; seize ans; chute sur la tête de ]4 pieds de hauteur.

Légère blessure au-dessus de l'oreille; il n'a pas perdu d'abord connaissance; une heure après, vomissements, respiration ronflante; pouls faible, mais plus fréquent ; dilatation de la pupille droite; stupeur; se plaignant cependant lorsqu'on comprimait la blessure.

Traitement . Incision en forme de T au-dessus de l'oreille : on trouva une fissure traversant les parties latérales et postérieures du pariétal et du temporal avec légère dépression au-dessous. Opération du trépan. Le doigt pénètre alors dans une collection considérable de sang coagulé, au-dessous de laquelle on pouvait sentir la dure-mère profondément déprimée et détachée de l'os dans une étendue circulaire de 2 à 3 pouces de diamètre. Ayant retiré cette masse de sang coagulé (4^5 onces), on vit la dure-mère intacte; mais le sang se reproduisit aussitôt; une branche de l'artère méningée moyenne avait été lésée, et le sang s'en échappait en jet. On fit la ligature de l'artère ; on nettoya la surface de la duremère , qui ne s'était pas relevée à sa position normale ; on rapprocha les téguments par une suture , et on posa la tête sur le côté malade, laquelle fut constamment humectée par les applications froides.

Réaction vers le soir; saignée; la dure-mère est revenue à sa place normale.

6 novembre. Augmentation de la dilatation de la pupille; pouls i5o ; insensibilité.

1 1 novembre. Mort.

rliiU.jisie. La fracliire s'élendail de la praiio supéi'ieure cl poslc'rifuro du pariétal droit jusqu'à la haso du crâne , passant à travers la portion squameuse du l'Tnporal , ainsi qu'autour de la portion pétrée (qui était presque détachée) , et se terminait au corps du sphénoïde. La (hu-e-mère , qui était détachée de l'os, n'était pas altérée , recouverte seulement par une couche bien adhésive de sidjslance pâle, rougeâtre, coagulée. La ligature libre dans la plaie avait été laite sur l'une des pilncipales divisior.s de la méningée moyenne , et n'avait pas été portée à travers toute l'épaisseur de la dure-mère.

La lésion principale du cerveau était au coté opposé à celui de la fracture, et consistait en une contusion avec épanchement de sang sous la pie-mère et en quelques points superficiels du cerveau 11 y avait à peine des traces inflammatoires limitées à la partie supérieure des hémisphères, où l'arachnoïde était épaissie et la pie-mère injectée. [jSîédico-chirurgicallleviesv, n" 21, p. 259.)

Observation XXXIIL

Blessure ilc l'artère méningée moyenne.

Ln femme âgée do cinquante ans tomba d'une échelle par terre. Blessure au-dessus de l'œil gauche; il sort du snng par la bouche. Paralysie de tout le corps, excepté de la main droite. Elle meurt quinze heiu'cs après la chute.

E:ramen du cadavre. Plusieurs fractures e\islalenl sur l'os qui forme la partie supérieure de l'orbite gauche ; du coté droit, l'artère qui parcourt la diue-mère était déchirée et avait répandu du sang, qui s'était coagulé, et dont on voyait enNiron 2 onces entre cette méninge etl'os pétroux. (Morgagni, ôi' Lçltre, ^ 5;.)

On voit que parmi les épuudionuMils sanguins produits

parla blessure de l'artère méningée moyenne, il peut survenir tlesépancliements considérables et dont l'abondance est une cause imminente de mort; car dans les trois observations précédentes on voit que l'épancbement dans la première occupait une étendue de 4 pouces carrés , dans la seconde était de /[ h 5 onces , dans la troisième de 2 onces. Dans la première des observations ci- dessous mentionnées comme exemple de décollement des sinus, il y avait encore un épanchement considérable. En un mot, la rupture de la méningée moyenne est une cause d'épancliements abondants et décompression qui peut être mortelle. Comme d'une autre part l'iiémorrhagiede cette artère peut être arrêtée par les moyens de l'art, toutes les fois que l'on peut avoir de grandesprésomptions de sa blessure d'aprèslc siège de la fracture et la marclie des symptômes, je crois qu'il y a l'une des indications les plus légitimes du trépan, et que c'est dans des cas de ce genre qu'il est permis d'espérer des succès remarquables.

Dans l'observation suivante dont j'ai vu les pièces à la Société anatomiqne , il y avait encore une rupture de l'artère méningée.

Observation XXXIV.

M. Tessier présente un cas de fracture du crâne avec épanchement sanguin à l'extérieur de la dure-mère. On a trouvé une déchirure de l'artère méningée moyenne qui est croisée perpendiculairement par une fracture dirigée dans le sens antéro-poslérieur, et au côté droit du crâne.

11 est très rare que la cause de mort dans les blessures de la méningée moyenne soit l'iiémorrhagie ; c'est pour ce motif que j'ai cru devoir réunir aux autres observations de blessures de la méningée, un cas où celte léiion donna

lieu h une hcmorrhagic morlcllc. La circonslaiicc dolTrir une tumeur anévrysmalc indique peut-cHrc clicz, le sujcL de celte observation, des conditions particulières dans le volume de ce vaisseau, qui rendent compte du résultat observé; mais le défaut d'une description complète nous laisse dans le doute à cet égard. Toutefois, si l'on se rappelle les faits connus dans la science, où la jjlessure d'artères, qui ne sont pas plus volumineuses que la méningée , ont donné lieu à des liémorrhagios moruHes , on comprendra parfaitement l'existence de ce danger dans les blessures de la méningée.

Observation XXXV.

Blessure par une opérolion chirurgicale dans un cas d'anévrysme de l'arlére méiii igoc moyenne incisée pour une loupe. — Aljrt par iiémonh.jgic. (Krimer, Journal de Graefc]

Celte tumeur, prise et opérée pour une loupe, existait à la tempe gauclie , et avait Ja grosseur d'une noix; elle était fixée à l'os nième par un pédicule de la grosseur d'une plume à écrire, que l'opérateur coupa d'un seid coup de bistouri. Mais à l'instant un jet de sang artériel vint l'effrayer : il crut avoir ouvert la temporale profonde; l'exploration la lui démontra intacte : l'ouverture qui fournissait le sang avait son siège dans Tos même. Quoique la malade n'eût perdu qu'iinc livre et demie de sans;, elle tomba en sjncope, et mourut quelques heures après. Il paraît qu'après l'abialion de la tumeur Tarière se relira de l'ouverture faite à l'os, cl que le sang, donl l'écoulé ment au-dehors était empêché |iar le lamjionnement , continua de s'épaneher dans l'intérit^ur du crâne.

Observation XXXVI.

Hémorrhagie de l'artère sphcno-épincuse.

Dans un cas de fractiiie du crâne et de trépanation sur l'angle pariétal, la compression latérale ayant été inutilement employée pour arrêter une hémorrhagie fournie par l'artère sphéno-épineuse, on s'en rendit maître en introduisant dans l'ouverture de petits morceaux de cire. (Latour, Histoire philosophique et médicale des héinorrhagies, de leurs causes, etc. Paris, 1828 , 9 vol. in-8** , t. I, pag. 35.)

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