ÉPILEPSIE A LA SUITE D'UNE PLAIE DE TÊTE
Il semble résulter d'un certain nombre de faits que Fépilepsie s'est développée à la suite de lésions traumaliques de la tète. Dans certains cas , il a été possible de constater qu'il y avait un rapport de cause à effet entre les lésions traumatiques qui avaient existé auparavant et la maladie dont il s'agit. Dans d'autres cas , cela a élé tout-a-fait impossible. Mais comme l'application du trépan a dans certains cas amené la cessation de cette cruelle maladie , il se présente la question pratique de savoir si l'on doit recourir à cette opération dans le cas d'épilepsie. Une pareille question ne peut se résoudre que par les faits, et par des faits nombreux. La science n'en possède encore qu'un petit nombre. Voici l'analyse d'une observation du docteur Andrew Blake , rapportée dans le London médical and phjsical Journal ( 1 826).
Observation CXV.
Épilepsie survenue chez un soldat un mois après avoir reçu un violent coup de poing sur la lêle. Trépanation là où le coup avait porté. Pas d'épanchemenl ; léger décollement de la dure-mère. Diminution graduelle et cessation complète de l'épilepsie.
Il serait à désirer, pour accorder à un tel fait toute sa valeur , comme preuve de guérison durable, de savoir si , après un long espace de temps , l'épilepsie s'est reproduite. C'est en clfel là que se trouve lécuoil du tliérapcutiste. La maladie a des périodes de rapprochement ou
d' éloigne m eut ; quelquefois ces dernières coïncident avec l'emploi de certains moyens, et alors on se récrie sur leur puissance. Mais le temps seul imprime aux guérisons ce cachet de validité sans lequel on ne peut rien conclure. C'est malheureusement le reproche que l'on peut adresser à la plupart des observations sur ce sujet.
Une observation de Marchettis, qui pratiqua le trépan dans un cas de ce genre , et qui en obtint un remarquable succès , semble inviter les chirurgiens à de nouvelles tentatives dans des cas analogues; mais on ne saurait en faire l'objet d'une prescription formelle , tant il reste d'incertitude sur une foule de points , sans la connaissance desquels l'application du trépan serait faite au hasard. Parmi ces points , j'indiquerai les suivants : l'épilepsie dépend-elle réellement de l'altération organique produite par la chute ou le coup ? Quelle est la nature et le siège précis de cette altération , etc. ?... Toutes choses sur lesquelles il est très difficile de savoir à quoi s'en tenir. Et alors même que l'on reconnaîtrait aux téguments du crâne la tuméfaction ou l'ulcération, le décollement du péricrâne, l'altération de l'os , il y aurait encore à se demander si l'on doit recourir au trépan. Boyer rapporte à ce sujet une observation qui lui est propre, et qui montre que, dans le cas où il existe une douleur sourde et continue dans la partie qui a été contuse , la cause matérielle et appréciable de l'épilepsie peut siéger dans un tout autre point.
Je crois donc que, sauf le cas où l'on trouverait une telle réunion d'antécédents , d'indices actuels du siège de la lésion, qu'il y aurait une presque certitude de faire disparaître par le trépan un agent direct de pression ou d'irritation du cerveau et de ses membranes , on ne doit pas recourir a l'opération du trépan dans le cas où l'épilepsie
survient un certain temps après une lésion traumalique de la tète.
Je me crois d'autant plus autorise à me prononcer pour une grande réserve, que, même dans certains cas où le trépan a fait disparaître une cause à laquelle il semblait rationnel d'attribuer les accidents, on les a cependant vus se reproduire. C'est ce que prouve l'observation suivante ; elle est extraite des Essais de chirurgie de B. Cooper.
Observation CXVI,
vVnne Moore Cobb fut atteinte d'attaques fréquentes d'épilepsie, à la suite de contusions violentes du crâne. Entrée h l'hôpital de Guy, le 24 avril i833. Depuis un mois 5 parole embarrassée; douleur vive à la partie supérieure de la tète; pu])ille î^aucho dilatée; incontinence d'urine.
3 grains de calomel toutes les quatre heures.
. 8 mai. Trépanation; os épais, inégal, malade; table interne d'un pouce et demi d'épaisseur, difTicile à enlever; dure-mère intacte.
Rapprochement des lèvres de la plaie; j)oint de suture.
La pupille se contracte; l'urine ne coule ]>lus involontairement.
9. Attaques d'épilepsie fréquentes; douleurs clans la tête; parole plus aisée.
Purgatif.
10. Sommeil passable; prononciation plusnelle; pouls |ietit; constipation. Nouvelle potion purgative, 1 grain de calomel toutes les demi-heures.
1 1 26. Amélioration graduelle.