‹ Des plaies de la têteChapitre 33 sur 36 · TÉTANOS · texte numérisé non relu

TÉTANOS

Si j'ai placé le tétanos parmi le groupe très vague de troubles nerveux , je n'ai pas eu la pensée de rien préciser sur la nature d'une affection dont la cause prochaine est encore couverte de grandes obscurités. C'est afin de ne pas trop multiplier les divisions , que j'ai cru pouvoir me permettre d'agglomérer des affections dans lesquelles le système nerveux paraît fortement intéressé.

Le tétanos , considéré comme conséquence de lésions traumatiques de l'encéphale , a été observé quelquefois, mais on peut dire que c'est un accident ou une complication très rare de ce genre de lésions. Il semblerait pourtant , à ne considérer les choses que théoriquement , qu'il dût j avoir une corrélation plus marquée entre une affection qui paraît évidemment procéder du système nerveux et les lésions qui atteignent directement ce système.

Il ne pourrait venir à personne l'idée de confondre la contracture qui s'observe comme symptôme d'inflammation du tissu cérébral avec la raideur tétanique. C'est pour cela que je n'ai pas cru devoir y insister; cependant il est bon d'être en garde contre une pareille méprise pendant la première période, et lorsque les symptômes du tétanos seraient encore à l'état naissant.

Dans la première observation , il n'y a qu'un opisto-

thonos partiel qui doit laisser de grands doutes; mais dans la seconde , les caractères du tétanos m'ont paru assez prononcés pour que j'aie cru pouvoir, sans liésitalion, assigner au deuxième fait ci-dessous mentionné, la signification dont je viens déparier.

Observation CXIII.

1*"' septembre 1826. Garçon de douze ans; couslilution scrofuleuse; il tomba d'un écliafaud de 60 pieds de haut.

Insensibilité; il revient bientôt à Jui. Saignée.

Intégrité intellectuelle en entrant à l'hùpilal; ccinlraetion et dilatation de la ])upille ; plaie des téguaxenls à la partie supérieure gauche de la tète ; le pariétal au-dessous est fracturé et déprimé en plusieurs points, écoulement de la substance cérébrale.

Pansement avec la charpie.

Pendant les trois jours suivants, même état ; les pupilles se conlracient facilement. Le malade jouissait de ses facultés intellectuelles.

5 septembre. Réaction; pouls accéléré; intelligence obtuse ; la pupille de plus en plus paresseuse ; le malade ne répond plus aux questions.

Saignée de 12 onces; soulagement.

5 septembre. Etat léthargique ; pouls i4o; convulsions; délire.

8 septembre. État tétanique des muscles extenseurs de la tète.

g septembre. Mort. Pendant la marche de cps symptômes, du pus et lie la substance cérébrale s'échappaient librement de la blessure.

Autopsie. La fracture est prlncipahment au pirielal gauche, mais s'étend au pariétal droit; la dure mère est déchirée dans l'étendue d'un pouce au moins, et au-delh

de celte déchirure adhère h l'arachnoïde. Au-dessus d'elle , il existe une excavation cérébrale contenant du pus et de la substance cérébrale mélangée ; épanchement de pus au-dessus des hémisphères. On trouve du pus et de la sérosité près du chiasraa optique. [Medico-chirurg. Rei>iew , vol. vi , 170.)

Observation CXIV.

rr novembre 1826. Adulte (hôpital Saint-Louis, service de M. Richerand) ; trente ans. Coup de pied de cheval à la tête.

Symptômes. Insensibilité; plaie transversale de 5 pouces de long au-dessus du sourcil droit, avec dépression de l'os à une profondeur d'un pouce. Les parties déprimées se réunissaient à un angle si étroitement fermé, qu'il était impossible d'introduire entre elles un instrument quelconque capable de les soulever.

Saignées; sinapismes aux pieds.

Une heure après le malade pouvait parler.

2 novembre. Agitation j contraction des paupières , photophobie. L'absence des symptômes de compression décida M. Richerand à ne pas avoir recours au trépan.

1 3 novembre. La blessure était presque cicatrisée ; paupières toujours contractées ; la mâchoire inférieure est un peu douloureuse et raide.

i5 novembre. Sortie.

i" décembre. Il rentre ; la blessure avait un pouce de longueur; abaissement presque impossible de la mâchoire inférieure. Raideur des jambes.

Cet état tétanique marche progressivement.

10 décembre. Mort.

Autopsie. La dure-mère , traversée par le fragment des os qui comprimaient le lobe antérieur du cerveau dans ce point, était rougeâtre et dilïluente , plus considérable

dans la substance gi'is'i (Jip; flans la substance Ijlancli'j ; l'arachnoidc, à la partie supi^iieuie el anlérieurc du lobe, est épaissie et recouverte d'une couche de pus séro-gélalineux.

douleur fixe dans l.n point de la 1 été a la suite d'une percussion.

Quesnay a éveillé l'attention des chirurgiens sur Texistence de ce phénomène, cjui succède quelcjuefois aux lésions traumatiques de la tête, plaie ou contusion.

Parmi les moyens qui ont été proposés pour combattre cette affection, qui parfois acquiert une intensité de plus en plus grande , et se montre presque toujours excessivement rebelle 5 on compte :

10 L'incision du cuir chevelu et 1 exfoliation des os ;

2° L'application de la ruginc ;

•3° La perforation de crâne.

Je pense que, sous ce nom de douleur fixe , on a confondu plusieurs maladies très différentes , et il suffit de prendre connaissance des observations mentionnées par les auteurs pour s'assurer qu'il en est ainsi.

Dans certains cas, ce sont évidemment des névralgies produites par causes traumatiques; dans d'autres circonstances, c'est une altération consécutive du tissu osseux qui est la cause de la douleur. 11 semblerait aussi que parfois la douleur siège dans les organes encéphaliques euxmêmes. 11 est facile de comprendre d'après cela 1 incertitude qui règne sur la valeur des moyens de traitement qui ont été proposés pour combattre cette affection. C'est un sujet qui nécessiterait de nombreuses recherches et la réunion préalable de tous les faits analogues qui ont été rapportés parles auteurs.

On sait que dans certains cas la contusion ou la section incomplète des filets nerveux détermine des douleurs né-

vralgiques. Ce ne serait qu'après avoir employé long-temps et avec insuccès les moyens nombreux proposés contre la névralgie, qu'il me paraîtrait admissible de mettre en question , si l'on doit recourir aux moyens qui ont été proposés à ce sujet. Voici les préceptes qui sont donnes par Eoyer : « On doit dans tous les cas mettre d'abord le crâne à découvert, et se conduire ensuite d'après l'état de l'os et les accidents que le malade éprouve. Si l'os est parfaitement sain, si la douleur dont il était le siège avant l'incision augmente par la pression exeTcée sur le lieu affecté, si cette douleur est superficielle , on peut tout espérer de l'exfoliation , et laisser à la nature le soin de la guérison. Si l'os offre une altération légère et peu profonde , il faut en découvrir soigneusement toute l'étendue , et en sonder la profondeur par le moyen delà rugine. L'application de cet instrument peut d'ailleurs avoir ici d'autres avantages, comme d'accélérer beaucoup l'exfoliation, et de faire cesser la douleur avant que la séparation des lames osseuses soit achevée ; mais c'est spécialement en mettant bien à découvert toute la surface altérée qu'on fait cesser la douleur, parce que cette dénudation détruit les vaisseaux et lesnerfs qui unissent au péricràne la portion d'os malade. Si l'os est affecté dans toute son épaisseur, ce qu'on peut reconnaître à l'aide d'un stylet dans le cas de carie avec ramollissement , ce qu'on peut aussi quelquefois présumer, lorsque l'os offre une couleur d'un blanc mat , semblable k celle des os du squelette, on doit recourir immédiatement à l'opération du trépan. 11 faut encore avoir recours à cette opération , lorsque le malade éprouve des accidents graves qui font présumer que la cause du mal est sous le crâne. On doit également trépaner dans les cas où l'exfoliation , qui avait été jugée suffisante , n'a pas produit le soulagement qu'on en attendait; on peut espérer alors que

la douleur et les autres accidents céderont à la perforation du crâne. >j

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