État comateux , mort
Autopsie. Immédiatement au-dessous d'une partie de l'os malade , une portion de la dure-mère , de la largeur d'une pièce de vingt sous, était détachée de l'os et couverte d'une très petite quantité de matière séro-purulente. Delà lymphe avait été épanchée à la surface de la membrane en ce point, et on trouva un petit resté de lymphe à l'état pseudo-membraneux attaché à sa surface interne ; il y avait h peu près une once de sérosité dans les ventricules ; il n'y avait aucun signe d'inflammation arachnoïdiennc. {Médico-chirurgical Reçiew , vol. 6, p. 53o. )
Dans la nécrose traumatique superficielle du crâne et dans celle qui ne s'accompagne d'aucun phénomène de compression , il ne convient pas de chercher à provoquer la chute de la partie nécrosée tant qu'elle ne se mobilise pas spontanément. Rien de plus facile que son expulsion quand le travail éliminatoire est complet.
Observation IV. ,
Ghauveau Gabriel , quatre-vingt-un ans , manœuvre , fait une chute sur la tête dans un escalier, et entre le lendemain, 19 juillet 1827, àl'Hôtel-Dieu de Nantes. Lambeau à base tournée en bas, ayant quelques pouces d'étendue d'avant en arrière , situé à la partie latérale gauche et un peu antérieure de la tête; dénudationpeu étendue de l'os; pouls dur et plein; point de douleur abdominale (saignée, diète) ; pansement avec la charpie sèche.
Le lendemain, insomnie, langue un peu saburrale , (Tisane émétisée, saignée.)
Suppuration de la plaie , ouverture pratiquée à la base du lambeau pour favoriser l'écoulement du pus. (Pansement avec le digestif , charpie sèche , introduction de bourdonnets.)
Une plaque osseuse étant nécrosée, on chercha longtemps à l'ébranler et à la découvrir par des incisions et
des lampoiincnionlb. Abaïuiuniiéc aux seuls ilïorls â(f la rialure , elle s'isole, se détiiclie , luinlie uu iiiilieu d'un pansement, cl la cicalrisalion élail complète à la fin du mois de juillel.
Sorti le \" août.
Je ne saurais trop insister sur le vice des pansements qui consistent à bourrer de charpie les plaies de tête avec dénudation. Cette pratique m'a paru désastreuse , si je ne me suis pas abusé sur la signification des faits de ce genre qu'il m'a été donné d'observer.
Un fait d'anatomie pathologique dont j'ai été vivement frappé dans un certain nombre d'autopsies que j'ai faites, et qui peut fournir des inductions capables d'éclairer le diagnostic etlc traitement, est celui-ci : Dans presque tous les cas où ily avait plaie et décollement suppuratif du pericràne, l'étendue des désordres observés sur la dure-mère et l'arachnoïde semblait exactement calquée sur l'étendue des altérations du péricrâne. Partout où celui-ci était tuméfié et facile à détacher de l'os subjacent , ce dernier offrait une couleur verdàtre , et la dure-mère était détachée et suppurante dans une étendue exactement semblable à la partie malade du périoste.
Suivant moi , ce n'est point la suppuration de la duremère qui d('termine loujours, ainsi que le pensait Pott, le décollement secondaire du périoste; j'y vois plutôt la preuve d'une suppuration de l'os, qui s'isole en même temps de ses deux enveloppes. Je ne dirai pas que l'affection ne procède pas dans certains cas de la dure-mère vers l'extérieur, pas plus que je ne nierai qu elle ne marche dans d'autres cas du périoste vers la dure-mère , mais je crois que beaucoup plus souvent qu'on ne Ta pensé le
mal procède de l'os lui-même vers ses deux surlaces, où elle détermine sinuiltanëment le décollement ; enfin, dans certains cas, il y a suppuration simultanée des trois parties sous l'influence de la même cause.