II. GANGRÈNE
« Je peux affirmer qu'il n'existe pas un seul fait positif de gangrène par oblitération veineuse. » (Cruveilhier, 1852, Anat>path.f t. II, p. 358).
On peut encore aujourd'hui faire la même|affirmation, car il est impossible de trouver une seule observation qui puisse la renverser.
Cependant Boyer, Guthrie,Sanson, Nélaton, craignaient la gangrène à la suite des plaies et des ligatures des veines. Guthrie va même jusqu'à conseiller l'amputation quand la veine fémorale est blessée en même temps que l'artère, Nélaton (première édit.s t. I, p. 222) la préconise également dans le cas de blessure simultanée de l'artère et de la veine du bras.
Après les longs développements dans lesquels nous sommes entré pour démontrer le rétablissement de la circulation veineuse après la ligature, nous n'avons pas à insister ici sur les causes qui empêchent la gangrène de se montrer
Non-seulement cette complication ne survient pas à la suite de la ligature, mais on ne l'observe pas non plus comme conséquence des thromboses étendues. L'oblitération veineuse ne peut que venir compliquer une gangrène reconnaissant pour point de départ une autre cause.
(1) Cl. Bernard, Comptes rendus de l'Académie des sciences, août 1862.
Les accidents, que nous venons d'énumérer comme survenant à la suite de la ligature, se rencontrent plus souvent sur les veines malades que sur les veines saines. La phlébite est une des complications les plus fréquentes de la ligature des veines, quel que soit le procédé employé. Aussi la ligature est-elle généralement abandonnée aujourd'hui dans le traitement de la plupart des dilatations des veines.
Cette opération n'est donc utilement applicable que dans les plaies des veines.