OEDEME
Lower (1) , le premier, fit des expériences sur les chiens pour démontrer que l'œdème était dû à une gêne de la circulation veineuse. Il a lié les jugulaires et la veine cave inférieure et a constaté à la suite de ces opérations, de l'œdème de la tête et un épanchement dans la cavité abdominale. Ces expériences sont obscures en quelques points, mais elles sont importantes, puisque ce sont les premières qui ont été faites.
Bouillaud, dans son Mémoire sur des oblitérations veineuses^ rapporte plusieurs observations qui prouvent l'existence de l'œdème sur le tronc et sur les membres. Rathery (2) fait voir que cet accident est fréquent à la suite d'une gêne dans la circulation veineuse.
Si nous examinons maintenant ce que montrent les observations de ligature des veines, nous voyons que tantôt il y avait œdème, et que tantôt il manquait complètement. Il est assez difficile d'établir les causes de cette différence. Dans les faits où la ligature et la plaie qui l'accompagnait ont marché régulièrement vers la cicatrisation, le plus souvent l'œdème ne s'est pas montré. Il paraît au contraire être plus fréquent quand la plaie est enflammée, ou quand le malade est affaibli.
En général, l'intensité de l'œdème sera en relation directe avec l'étendue du thrombus qui suit la ligature. Si le caillot occupe une étendue assez considérable du tronc veineux, s'il se prolonge dans les collatérales, l'œdème sera plus prononcé que dans des circonstances opposées.
En 1869, Ranvier (3) a fait des expériences qui tendraient à attribuer la production de l'œdème plutôt à un trouble du système nerveux qu'à une gêne de la circulation veineuse. En liant, chez les chiens, soit la veine fémorale au-dessous de l'arcade, soit la veine cave inférieure, il n'a pu amener le développement de l'œdème. Alors, sur un chien qui avait subi la ligature de la
(1) Lower, Tractatus de corde. Londini, 16f>9,
(2) Rathery, Pathogénie de l'œdème. Thèse d'agrégation, 1872.
(3) Comptes rendus de V Académie des sciences.
veine cave, il coupa le nerf sciatique d'un seul côté : « De ce côté, il survint un œdème considérable, tandis que l'autre membre abdominal en resta indemne. » Ranvier attribua la production de l'œdème à la section des nerfs vaso-moteurs coupés en même temps que le sciatique (1).
Néanmoins, l'œdème se rencontre chez l'homme à la suite des oblitérations veineuses, sans qu'on puisse l'attribuer souvent à une autre cause.
Dans plusieurs observations, on constate qu'après la ligature le membre est devenu un peu violacé, œdémateux; le plus fréquemment ces premiers accidents disparaissent, mais parfois aussi ils persistent pendant quelque temps.