MES
AN2S STUANOT
Fig. 6. — Plan horizontal dans lequel ne sont représentés m1 les rouleaux de pression, ni les cuirs, ni les rubans de lin en élaboration, qui sont indiqués dans la figure précédente.
« Une ouvrière est chargée de veiller au fonctionnement de toute la machine. Il lui est formellement prescrit d’en arrêter la marche avant que de rétablir la régularité.
« Or il arrive que sur le rouleau délivreur quelques brins de lin viennent à s’enrouler complè-
tement au lieu d'y passer simplement et de tomber dans le pot.
« Que l’ouvrière cherche à les dégager pendant la marche et nous avons toutes les conditions de l’arrachement. — Le délivreur est un cylindre assez volumineux ; — les brins de lin sont bien vite assez nombreux pour « faire corde », fixer la partie engagée avec cette énergie d’une machine destinée à tendre fortement, sinon à allonger le lin ; — le mouvement de la machine est assez puissant pour que nous n’ayons pas à y insister. »
Le fait suivant confirme les explications théo-
riques qui précèdent.
OBSERVATION XIII. — Arrachement de la phalange unguëale du pouce droit avec le tendon du long fléchisseur.
Le 12 octobre 1883, la soigneuse R. V..., 15 ans, était chargée de veiller au fonctionnement du « délivreur » d’une étaleuse à lin. Le ruban de lin étant venu à s’enrouler autour du cylindre débiteur ou délivreur, l’ouvrière voulut, sans arrêter la marche, dégager ce ruban. La phalange unguéale du pouce droit, introduite sous le lin, est aussitôt serrée, avec une énergie sans cesse croissante, par le ruban sur le cylindre; elle est rapidement entraînée par le mouvement et séparée de la main, retenant avec elle tout le tendon fléchisseur sans aucun débris important du tissu musculaire. Il n’y a pas de douleur notable; la blessée est moins émue que son entourage.
En dégageant du métier la portion arrachée du doigt, on constate aisément la force de constriction qui maintient la phalange sur le cylindre. Les faces dorsale et palmaire sont notablement aplaties. L’ongle n’est pas altéré. Le pourtour de la plaie est festonné du côté dorsal, d’une grande netteté du côté palmaire, où il répond au pli interphalangien. La partie articulaire de la phalange unguéale fait au milieu de la plaie une saillie non recouverte par la peau. Pour ce motif, la désarticulation de ce fragment, épais de deux millimètres, est pratiquée sans délai. Alors seulement survient une minime: