‹ Des PlaiesChapitre 25 sur 41 · PE ER · texte numérisé non relu

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tendineuses. Il n’y a d'exception que dans l’état de retroussement, d’ailleurs peu fréquent, dont on a trouvé la description au chapitre d'anatomie pathologique.

Au niveau de l'insertion des fibres musculaires, le tendon ne présente pas toujours un aspect de même sorte. Tantôt il est encore pourvu de quelques millimètres de fibres charnues sur une étendue de surface relativement considérable et il en résulte une sorte de configuration en massue pour l’ensemble du tendon (fig. 9). — Tantôt les débris de fibres musculaires sont encore reconnaissables par place, tandis que le reste de la surface fibreuse en est réellement dépouillée et il est étrange d'observer sur la pièce fraiche le contraste des portions déprimées de couleur blanc nacré et celui des portions gibbheuses et rouges qui donnent à l’ensemble un aspect moniliforme. — Tantôt enfin le tendon est totalement, absolument dépouillé de toutes les insertions musculaires et il apparaît entièrement blanc, aussi bien dans sa portion d'insertion musculaire que dans celle qui est rendue lisse par l’adhérence de sa séreuse viscérale.

Le rapprochement de ces divers types laisse penser qu’il faut faire une part à l’action du ligament annulaire du carpe, suivant que la tonicité et la rigidité de cet organe étranglent ‘étroitement ou lâchement le tendon au moment de sa traversée ; on observe ou non l’action qui s'exerce à la facon d'un laminoir ou d’une filière pour supprimer plus ou moins complètement les parties friables d'avec

on celles dont la ténacité a été si bien décrite par Sappey et d’autres anatomistes.

Il n'est pas vraisemblable que quelques débris ne se trouvent point séparés au moment de la traversée du tunnel sous le ligament annulaire. Ainsi s'expliquent les suintements, les éliminations prolongées et non septiques et surtout les tuméfactions .avec sensibilité anormale et impotence fonctionnelle quand on explore de bas en haut la région déshabitée par le tendon arraché.

Les os sont fracturés ; on sait que, pour M Guermonprez, la fracture est une condition nécessaire de l’arrachemient. La section, si l’arrachement se fait dans la continuité, est irrégulière, parfois il se trouve plusieurs fragments, résultant de la paroi osseuse placée au sommet de la convexité, dans le moment de flexion forcée, imprimée à l'os par l'agent vulnérant. — Pour les os courts, il est admis que la surface d'insertion des tendons est enlevée avec ces tendons eux-mêmes. On trouvera donc dans la plaie non pas une surface osseuse normale, mais unesurface irrégulière formée par le tissu spongieux de l'os.

Lorsqu'il s’agit des phalanges, il peut arriver que les os ne se fracturent pas; l’arrachement se fait alors dans la contiguité, en pleine articulation; mais si la rupture porte sur un membre, les ligaments articulaires résistent, ce sont les os qui cèdent et même dans une articulation des phalanges, ce ne sont pas les ligaments qui se rompent,

DS

c’est l'os dont une portion d’épiphyse est arrachée. Ce sont les parties sur lesquelles s'insèrent les liga-

ments latéraux.

‘ Les nerfs pendent en dehors de la plaie sous forme de cordons blancs, effilés par l'étirement qu'ils ont subi. Quelquefois ils restent seuls comme dernier trait d'union entre le segment arraché et le reste du corps (Obs. de Dezwarte, Soulé et Evans Jones). La section des nerfs opérée dans ces conditions ne provoque pas d’inhibition, à peine un peu de douleur.

L'ensemble symptomatique donne donc un cachet tout spécial aux plaies par arrachement. Cet ensemble est dominé par l'absence de douleur, la conservation du calme du blessé et le peu de gravité de l’hémorrhagie primitive.

I1 ne faut cependant pas se faire d’illusion. Malgré ces trompeuses apparences de la première heure, ce sont des plaies dont il ne faut pas contester la gravité; il importe d’en observer l’évolution et d'en conduire la réparation avec soin.

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