‹ Des Plaies Par Armes A Feu Du Larynx Et De La Portion Cervicale De La TrachéeChapitre 4 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les plaies par armes à feu du conduit laryngo-trachéal n'ont pas été étudiées par les anciens auteurs d’une facon spéciale. Ils les englobaient dans les autres plaies du cou, sans faire ressortir les particularités cliniques et anatomo-pathologiques qui leur sont propres.

Ambroise Paré qui a fait sur les plaies pénétrantes du larynx et de la trachée des remarques si intéressantes n'en parle même pas. Mais un demi-siècle après Habicot, dans l'ouvrage célèbre qu'il a composé pour soutenir J’innocuité et l'utilité de la bronchotomie, rapporta une observation très intéressante de plaie du conduit laryngotrachéal par arquebusade.

« Une servante nommée Catherine, âgée de 25 ans environ, laquelle demeurait à la tour de Billy sur le pont Saint-Michel, en l’année 1594, déravouillant une porte basse pour faire entrer son maître que l'on poursuivait la mèche allumée au serpentin pour le tuer, en sorte qu’estant tiré sur lui, la dite servante, en une telle posture, reeut le coup de balle qui lui fractura le larynx, et spécialement toute la partie sénestre du thyroïde et la supérieure du même côté de la trachée artère, perçant la gorge et les muscles du col, brisant l'angle inférieur de l’omoplate d’entre la dite balle demeurant sous la peau, accom-

PE ua pagnée de plusieurs esquilles, qui piquant les muscles et membranes causaient une extrême douleur. Occasion, pourquoi je lui fis une incision en cette partie pour ôter ces corps étrangers, lesquels extraits, je me servis de cette incision ou contre-ouverture comme d’un égout pour enpurger les excréments de ladite belle plaie. De ce coup d’arquebuse survint une telle tumeur et inflammation à la gorge qu’elle eût étouffé sans un tuyau de plomb que je lui introduisis en la trachée artère pour faire voie à la respiration, qui y demeura jusqu'à tant que l'inflammation etsuppuration furent cessées, qui fut environ les trois semaines, pendant lequel temps les cartilages du larynx ainsi fracturés et nommément le thyroïde estant comme séparé par la partie supérieure se présentait à chacune fois que je pansais. Mais je le repoussai tellement et si souvent à sa place qu'il se reprit ; et fut icelle fille guérie. Il est à remarquer qu'après la guérison, elle fut deux ans entiers en aphonie, en sorte qu'on ne l’oyait parler, sinon l'oreille contre la bouche. De manière qu'ayant été mariée et étant devenue grosse, après son enfantement recouvrit la voix et la parole aussi forte qu'auparavant ; ce que j'ai fait voir à M. Lemoine et à M. Seguins, médecins de cette ville. » Habicot, (Traité de la bronchotomie). Dionis traita aussi incidemment le sujet dans sa Chirurgie opératoire (page 479, édition de La Faye). « J'ai pansé à Saint-Germain un homme qui reçut un coup de pistolet, étant à une chasse de sanglier. La balle, entrée par le côté droit du col, sortit par le gauche, lui perçant la trachée artère largement, dont néanmoins je l'ai parfaitement guéri. »

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