‹ Des Pleurésies Putrides Primitives: Avec PneumothoraxChapitre 6 sur 24 · GÉR · texte numérisé non relu

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MONT A plus souvent, la putridité provient de la gangrène pleuro-pulmonaire, mais, un peu hypothétiquement, il admet, dans certains cas, la possibilité d’un épanchement putride primitif.

Corbin, quelques années plus tard, réfuta cette opinion de Laënnec et établit que tous les empyèmes putrides étaient consécutifs à la gangrène pleuropulmonaire.

Les travaux de Fournet (1), de Baron (2), de Chavigny (3), enfin de Chomel (4) dégagent l’histoire de la pleurésie gangréneuse, tant au point de vue clinique qu'au point de vue anatomo-pathologique.

En 1875 eutlieu,àla Société Médicale des Hôpitaux de Paris, une discussion àlaquelle prirent part Besnier et Bucquoy(5).Besnier admit l'existence des pleurésies gangréneuses primitives, et celle des pleurésies gangréneuses secondaires, précédées de gangrène du parenchyme pulmonaire.Bucquoy (6), dans un mémoire qui parut quelques jours plus tard, nia formellement l'existence de la première de ces formes.La pleurésie, pour lui, est toujours secondaire à la gangrène. Cette opinion fut alors généralement admise.

Ce ne fut que vers 1880, en suite d’une observa-

(1) FourNET. — Journal de l'Expérience, 1838.

(2) Baron. — Th. de Paris, 1841.

(3) CHaviGny. — Bulletin de la Société anatomique, 1846. (4) Caomez. — Dictionnaire de Médecine.

(5) Besnier. — Soc. Médicale des Hôp. de Paris, 1875. (6) Bucquoy. — Soc. Médicale des Hôp. de Paris 1875.

# LISE tion concluante de Rendu (r), que l’on établit définitivement l'existence des pleurésies putrides gangreneuses primitives.

Les pleurésies putrides sans gangrène étaient bien moins connues. On savait pourtant, depuis quelques années, qu'un épanchement purulent au contact avec l'air, soit par une fistule broncho-pleurale, soit pleuro-cutanée, peut prendre un caractère de putridité

Spécial,sans se compliquer de gangrène pulmonaire.

Prévost en 1876 (2) publiait trois observations typiques de pleurésies devenuesputrides en suite de thoracenthèse. Grâce aux notions d'infection secondaire par des microbes anaëérobies, cette forme fut promptement connue au point de vue de la pathogénie, et devint classique.

Il n'en est pas de même des pleurésies putrides

‘pures, qui nous intéressent plus particulièrement 1c1.

L'histoire de cette variété d'empyème doit être confondue, en partie, avec celle du pneumothorax essentiel.

11 semble,eneffet,que quelques-uns des cas d’épanchements gazeux sans perforation, signalés par les anciens auteurs,ont été des pleurésies putrides pures sans gangrène.

L'existence du pneumothorax essentiel avait été l’objet de nombreuses controverses. Admise par

QG} Renou. — Soc, Médicale des Hôp.de Paris, 1870. (2) Prevosr. — Revue Médicale de la Suisse. Romande,

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Laennec, Wünderlich, Hérard (1), Jaccoud, Boisseau (2), elle était niée par beaucoup d'auteurs, Mendel, Biermer, Oppolzer ; d’autres enfin étaient indécis, Soit ne trouvant pas d'explication pathogénique plausible, soit doutant de la valeur des observations. Nous devons citer parmi ces derniers : Eischorst, Strumpell, Moutard-Martin (3). La question devait rester sans réponse jusqu’à la discussion de Ta Société Médicale des Hôpitaux de Paris,en 1897.

Quelques rares faits de pleurésies putrides pures avaient été publiés, mais on n'avait pu en tirer des conclusions probantes. Leriche (4), dans sa thèse, cite une observation de Debove, mais il la relève, pour ainsi dire, à titre de curiosité. Sepet (5), Boncourt (6), Boinet (7) apportent quelques observations.

Ce fut en suite des publications de Widal et Nobécourt (8), d'Achard (9), de Courtois-Sufñt (10) à la

(1) HÉrarp. — Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1851.

(2) BoissEau. — Arch. gén. de Méd., 1967, t IEpiitetron

(3) Moïrarp-Marrin. — Des pleurésies purulentes. Paris,

(4) LericHe. — Th. Paris, 1878.

(5) Serer. — Marseille Médical, 1806.

(6) BoxcourrT. — Th. Paris, 1896.

(7) Boxer. — Marseille Médical, 1803.

(8) Wipar et NosécourT. - - Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 18097, Pi 100

(9) AcHarp. — Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1897, DAT

(10) CourrTois-Surrir. -- Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1807: D: 410!

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Société Médicale des Hôpitaux de Paris, que la question fut mise à l'ordre du jour. En même temps que l'existence clinique de cette variété d’empyème s’affrmait, la bactériologie venait en établir la pathogénie.

La cause du caractère fétide que prend le pus dans certains cas avait fait l'objet de nombreuses recherches. Vers le milieu du siècle, on essayait de l’expliquer par la chimie organique. En 1854, Pannum croyait avoir isolé, au moyen de l'alcool, le ferment putride. Muller admettait une décomposition des sels de potasse. Weber et Bergmann émettaient des idées analogues. Pasteur, en trouvant le vibrion septique de la gangrène gazeuse, mit la question sur sa voie véritable, car il découvrit, de cette façon là, le rôle des microbes anaérobies.

Mais tandis que les recherches bactériologiques étaient poussées avec grande activité du côté des microbes aérobies, on délaissa, pendant longtemps encore, l'étude des anaérobies. Le premier travail sérieux fut fait, vers 1893, par Veillon et Zuber (1) qui, en découvrant une méthode facile pour cultiver ces organismes, facilitèrent beaucoup la tâche des nombreux auteurs qui, depuis cette époque, se sont attachés à étudier la bactériologie des épanchements

à caractères putrides.

Les travaux les plus importants qui ont été publiés sur cesujet sontceuxde Netter (2),Combyet Voigt(3)

(1) Veizcon et Zuger. — Soc. de Biologie, 1893. (2) Nerrer. — Soc. Méd. des Hôp., Paris, 1893. (3) Comsy et Voigr. — Soc. Méd, des Hôp. de Paris, 1897.

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Roger et Conte (1), Widal et Nobécourt (2), P. Courmont (3), Welcke, Rendu et Rist (4). Nous reviendrons ultérieurement sur ce point.

De cet historique il ressort que,jusqu’à présent,les pleurésies putrides pures ont été confondues soit avec les pleurésies gangréneuses primitives, soit avec les simples pleurésies fétides. A part le travail de Widal et Nobécourt on ne trouve aucuneétude faite sur les pleurésies putrides pures à épanchement fétide.

Bouveret (5), dansson 7raité de l'empyème, divise les pleurésies à épanchement fétide en deux classes : les pleurésies gangréneuses et les pleurésies putrides. Dans cette dernière classe il rassemble en un même tableau clinique les pleurésies fétides simples sans pneumothorax, les pleurésies putrides secondaires et les pleurésies putrides pures avec développement de gaz.

Lévy-Sirugue (6), dans une revue générale,sépare aussi les pleurésies putrides des pleurésies gangréneuses, mais 1l ne distingue pas lui non plus les diverses formes de ces pleurésies putrides.

(1) Rocer et Coure. — Presse médicale, 1807.

(2) Wipar et NoBécourT. — Soc. Méd. des Hôp. deParis,

(3) P. CourmonT. — Congrès de Médecine interne, Montpellier, 1898.

(4) Renpu et Risr. — Soc. Méd. dès Hôp. de Paris, 1890.

(5) BouvererT. — Traité de l'empyème, 1889.

(6) Lévy-SiruGuE. — Gazette des Hôpitaux, août 1800.

MS

Ce n’est que tout récemment, au moment de mettre sous presse, que Dieulafoy (1) publie un article sur les pleurésies o7éneuses, c'est-à-dire toutes les pleurésies à épanchement fétides. Il divise ces pleurésies ozéneuses en trois groupes : pleurésies fétides simples, pleurésies putrides pures et pleurésies gangréneuses, division que nous avions adoptée.

(1) Dreurarox. — Semaine Médicale, novembre 1900.

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