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de l’albumine dans ses urines. Depuis deux ans environil s'enrhume facilement pendant les hivers ; jamais iln’a craché de sang. Il y a huit ou dix mois environ il a été essoufflé pendant une certaine période dont il nepeut préciserla durée. Le début de la maladie .est fixé par lui à un mois et demi ; il a éprouvé, à ce moment, un point de côté gauche, de peu d'intensité d’ailleurs, et quelques frissons légers. Il a été oppressé plus qu'auparavant, il n’a cependant jamais expectoré de crachats sanguinolents, rouillés ou fétides. Malgré la dyspnée il a pu continuer son travail jusqu’au dernier jour, c'est à cause de cette oppression qu’il a demandé à être admis à l'Hôtel-Dieu.
A, l'entrée, le faciès du malade a un teint cyanique, les lèvres sont bleuâtres, la dyspnée est très accentuée, les pupilles sont légèrement contractées et réagissent paresseusement à la lumière. À l'inspection du thorax on constate que le malade présente un tirage manifeste, principalement sus-claviculaire et sus-sternal; les mouvements d’ampliation du thorax sont moins accentués à gauche qu’à droite; le diaphragme cependant paraît fonctionner également des deux côtés. Les vibrations thoraciques sont diminuées à la base gauche en arrière, et on perçoit une sensation de flot assez intense en ce même point. À droite les vibrations vocales sont augmentées dans toute l’étendue. La percussion révèle une matité complète à la base gauche, tandis que en avant, sur une large étendue {le malade étant dans le décubitus horizontal), on a un son très clair, tympaniaue, beaucoup plus élevé qu’un simple skodisme. .
Le tympanisme existe, dans une grande étendue, à la face antérieure ; il varie, quant à la localisation, quand le malade passe de la position couchée à la position assise. L'auscultaton révèle des râles sous-crépitants disséminés dans toute l'étendue des deux poumons, prédominants cependant à gauche où ils s'étendent jusqu’au niveau de ja base, en arrière, En ce point on ne perçoit pas de souffle: égophonie légère, sans pectoriloquie aphone. De plus, à la partie anté-
rieure, au-dessous de la clavicule, souffle rude, intense, presque amphorique,étendu à une large surface ; pas de tintement métallique ni de bruit d’airain. Expectoration abondante, constituée par des crachats spumeux de coloration rougeâtre, sans odeur particulière. La pointe du cœur n’est pas perceptible autour du mamelon. On entend mieux les bruits du côté droit. Pouls radial faible : 135. L'examen du tube digestif et de l'abdomen ne révèle rien d’anormal.
Pas d’œdème des mémbres inférieurs. Les urines sont chargées en couleur, troubles. Notable quantité d’albumine. Température : 3895. L'état du malade ne permet pas qu’on le transporte dans la chambre radiographique pour le soumettre à l’examen par ies rayons X. En raison des phénomènes qui ont marqué le début, et surtout en raison du tympanisme sus-claviculaire associé à un souffle amphoriqne perçu à la partie antérieure, on pense à un pneumothorax de nature vraisemblablement tuberculeuse, avec coexistence d'un épanchement intrapleural. Potion de Todd. Ventouses, etc...
12 novembre. — Le dyspnée du malade est toujours très intense; depuis le matin, 1l est absolument agonique. On pratique une ponction exploratrice avec la seringue de Pravaz. On retire un liquide louche, légèrement teinté par le sang, et d’odeur fétide. On décide alors de ponctionner l’'épanchement avec l'aiguille de Potain. Après avoir enfoncé le trocart dans le septième espace, au niveau de la région axillaire, on constate que l'écoulement du liquide est rythmé par les mouvements du thorax.
Il coule abondamment dans l'inspiration, il ne s'en écoule que quelques gouttes pendant l'expiration (signe de Pfuhl), mais, après avoir évacué environ 300 grammes de liquide, on fait une constatation en sens inverse, l'issue est, en effet, plus considérable pendant l'expiration que pendant l'inspiration.
La dyspnée du malade étant peu calmée, on décide de recourir à l'opération de l’empyème. Le malade est alors conduit