‹ Des poèmes latins attribués à saint BernardChapitre 11 sur 21 · XIII. — Disputatio inter matrem Crucifixi et Crucem · texte numérisé non relu

XIII. — Disputatio inter matrem Crucifixi et Crucem

Le débat commence par un discours de la Vierge :

Crux, de te volo conqueri.

Quid est quod in te reperi Fructum non tibi debitum?...

Ensuite la Croix accusée tente de se justifier, disant :

Virgo, tibi respondeo, Tibi cui totum debeo Meorum decus palmitum.

De tuo flore f ulgeo, De tuofructu gaudeo...

Ce rythme est sans nom d'auteur dans les np' 673 de la Bibliothèque nationale, 902 (fol. 141) de la Mazarine et 675 de Munich ; mais le n^ 348 de Tours le

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donne à saint Bernard. Si la langue n'en est pas assez châtiée^ il y a de l'invention ; si l'on rencontre, dans l'une et dans l'autre plaidoirie, quelques arguments d'une vulgarité choquante, il y en a d'autres qu'on ne peut se défendre de trouver ingénieux. Ainsi l'attribution de cette pièce à saint Bernard ne le déshonore pas. Mais il est certain qu'elle n'est pas de lui. Le n^ 559 des manuscrits italiens, à la Bibliothèque nationale, la donne à Giacopone de Todi, et elle est de son style ; mais ce manuscrit porte les marques du xv"* siècle, et un témoin plus ancien, Salimbene, nous atteste positivement qu'elle est du chancelier Philippe de Grève, un de ses contemporains le^ plus signalés, les mieux connus. Ajoutons qu'un demi-siècle après la mort de Philippe, beaucoup de gens admiraient encore cette pièce singulière, où la badinerie va de pair avec la piété. Elle avait traversé les monts, le frère Mineur Henri de Pise l'avait mise en musique (i), et les clercs la chantaient. Il n'y a pas à se défier d'informations aussi précises. C'est donc à bon droit que M. Paul Meyer a récemment publié ce petit poème sous le nom du chancelier Philippe-(2).

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