‹ Des poèmes latins attribués à saint BernardChapitre 21 sur 21 · XXIX. — Dulciloquium B. Bernardi ad B. Virginem · texte numérisé non relu

XXIX. — Dulciloquium B. Bernardi ad B. Virginem

Ce long cantique, en trois parties, commence par :

Gaude, sedens in décore, SemperardcDS in amore, Gujus vultum concupiscuQt Qui amare te addiscunt, Te solam et non aliam...

On ne peut se défendre d'être indigné contre le cop istequi s'est permis d'assigner de telles fadaises à saint Bernard. Mais, du moins, ce délit n'a-t-il été

(1) Mone, Hymni laLf t. II, p. 256.

commis qu'une fois. La pièce n'esta en effet, connue que par le volume de Reichenau 'que nous avons dû trop souvent citer (1). Elle est de quelque obscur rimeur du XIV* siècle.

Nous avons enfin achevé notre enquête et Ton en connaît le résultat. S'il ne paraît pas douteux que saint Bernard ait fait des vers, ils sont perdus ou n'ont pas été conservés sous son nom. Voilà notre très ferme conclusion, et nous souhaitons qu'elle soit généralement acceptée.

Saint Bernard^^fut l'ennemi le plus acharné de nos amis, les philosophes, sectateurs d'Aristote ou de Platon. On nous pardonnera de lui en garder rancune. Mais ce ressentiment ne nous empêche pas de porter le plus vif intérêt à sa gloire littéraire, et, elle nous semblait gravement compromise par les copistes et les éditeurs qui s'étaient arrogé le droit de nous offrir sous son nom tant d'œuvres de fabrique étrangère, indignes, pour la plupart, de voir le jour. Le vrai saint Bernard n'était pas seulement un homme d'un esprit supérieur; c'était encore un écrivain, qui s'était fait, en lisant beaucoup, une langue personnelle ; en lisant Sénèque non moins peut-être que saint Jérôme et saint Augustin. Cette langue

(1) Mone, hymnilat.^ t. II, p. 256.

n'est pas, à la vérité, sans défauts; il y a de la rudesse et de Tenflure; mais toujours on y reconnaît Tintention, toujours on y constate Texpérience littéraire. Notre devoir était de montrer que cet écrivain n'a rien de commun avec les plats rimailleurs dont on a mis les œuvres à sa charge, et ce devoir il nous a plu de le remplir.

Page 1