‹ Des points d'ébullition chez les isomèresChapitre 12 sur 24 · CH' = C'H · texte numérisé non relu

CH' = C'H

dans l’électrolyse des acétates, dégage 32 Calories. D’où il suit que la production de l’éthane, à l’aide

de 2 molécules de méthane, correspondra à un dégagement de

2 X 22 — 2 X 5,5 32 = 44 — 11-H 32 :?= 65 Cal.,

dont la moitié.=32,5. Au 2* degré de condensation, le carbone (G = 12) saturé aura donc perdu de

force vive de plus qu’au 1" degré. Cette différence devra se retrouver dans toutes les combinaisons homologues du méthyle et de l’éthyle.

Comparons, par exemple, les énergies relatives de l’alcool ordinaire et de l’esprit de bois.

L’ébullition, nous l’avons dit, n’est autre chose que l’équilibre fait par la force d’expansion d’un liquide devenu gazeux à la pression de 10,333 kil. par mètre carré qui pèse sur lui. Cette pression étant constante, tous les liquides qui arrivent à la vaincre développent des forces égales, soit à l’aide de leurs propres ressources, soit par voie d’emprunt aux corps voisins. La différence dans ce supplément de forces qu’ils sont obligés de puiser en dehors d’eux-mêmes, fournira, nécessairement, la mesure de leurs énergies propres, de leurs énergies géniales.

La quantité de chaleur Q, empruntée par un liquide en ébullition aux corps environnants, est représentée, pour l’équivalent par le poids moléculaire multiplié par la chaleur spécifique c et par la température d’ébullition /, plus le produit du même poids par la chaleur latente de vaporisation du liquide / :

Q =s= mlc H- ml

appelons QM et w! etc., ces quantités pour le méthyle ;

QE et m" etc., ces quantités pour l’éthyle.

La chaleur spécifique de l’alcool n’est pas constante. Les nombres qui la représentent forment, non pas une progression, mais une série de progressions dont les raisons successives sont de 20 en 20 degrés, de 0 à 80, et, à partir du nombre 25.2, de 0.11,0.12, 0.135,0.145, de telle sorte qu’elles constituent elles-mêmes une progression secondaire, dont la raison est 0,0116.

Calculée pour le point d’ébullition, 78,4, la chaleur spécifique est de 35,16.

Nous avons donc pour l’alcool ;

QE = 46 X 35,16 X 78,4 -h 9,8 == 126,811 Cal.

Pour l’esprit de bois, les chaleurs spécifiques n’ont été mesurées qu’entre 5 et 20°, et entre 23 et 43,

Savoir de 5 à 20, 18.9

de 23 à 43, 20.6, r= 0,085.

On est réduit aux conjectures pour savoir ce que devient la chaleur spécifique au point d’ébullition (66°), mais il ne paraît pas téméraire de penser que, dans cet intervalle de 23°, la raison de la,, progression peut bien s’élever de 0,085 à 0,1.

Dans ces conditions, on aurait :

' QM = 32 X 23,9 X 66 •+• 8,45 = 48.373,25 Cal.

Tel est le rapport des quantités de chaleur que

l’élément éthyle et l’élément méthyle devront emprunter au milieu ambiant pour faire équilibre à une même force : partant, tel est le rapport inverse de leurs forces vives.

. Si nous calculons ce rapport pour l’unité de poids, nous trouvons que 46 d’esprit de bois emprunteraient 69.524.4 Cal. ; le rapport devient donc :

Dans le calcul précédent, nous avions trouvé En chiffres ronds, ces deux rapports équivalent à | et à -, différence assez minime, et qui tendrait uniquement à prouver que la raison 0,1 pour la progression de la chaleur spécifique de l’alcool méthylique entre 43° et 66°, est insuffisante.

En somme, au point de vue de la force vive, le méthyle serait donc du sesquiéthyle (1).

(1) Cette activité du carbone aux degrés inférieurs de« l’échelle de combustion » se trahit dans toutes ses manifestations. M. Berthelot constate, par exemple, que les acides se combinent aux alcools avec une rapidité d’autant plus grande que leur équivalent est moins élevé. D’un autre côté, l’élément méthyle apporte dans toutes ses fédérations un caractère d’originalité extrêmement accusé. Citons-en quelques exemples :

Les hydrocarbures.de la série aromatique sont facilement attaqués par les oxydants, l’acide azotique faible et bouillant, le bichromate de potasse, la permanganate, l’acide sulfurique et la pyrolusite, etc., les convertissent en acides aromatiques.

L’acide benzoïque se forme par l’oxydation des carbures

aromatiques qui renferment une chaîne latérale. Le radical alcoolique, quel qu’il soit, qui constitue cette chaîne, se convertit en CO*H. L’acide toluique ou ses isomères preunent naissance par oxydation des carbures qui renferment deux chaînes latérales, tels que le xylène.

On pourrait évaluer directement le travail, emprunté par les deux éléments respectifs en fonction de pression. Adoptons pour le rapport des 2 cha-

et le cymène,

CH

et l’on remarque que les chaînes latérales à composition' compliquée (éthyle propyle, etc.) sont oxydées plus facilement que le méthyle. Ainsi la propyméthylbenzine donne de l’acide toluique :

CH

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