CH» > CH - CH»OH
dont' la molécule est dissymétrique par rapport au carbone ceilti'al est lévogyre; Traité par le sodium, il devient inactif, mais inac-
leur point de vue, la véritable mesure du phénomène demeure à trouver.
La matière, nous l’avons vu, est active ; elle est de plus, ou tout au moins, elle apparaît jusqu’à présent comme composée d’éléments différents, doués d’énergies différentes, dont la dose détermineleurs caractères spécifiques. Le conflit de ces énergies individuelles et leur dispersion sous forme de chaleur constituent la combinaison.
L’énergie chimique, qui n’est évidemment qu’une forme et qu’une partie de l’énergie totale des éléments ne peut être illimitée : elle doit être comprise entre un maximum et un minimum. En se combinant, par exemple, avec le chlore, l’hydrogène dégagera 39 Cal. 3, avec l’oxygène 34,5, avec le brome
tif par compensation, en ce sens qu’il demeurp pour moitié éthyiméthyléthol gauche et se change pour moitié en méthylôthyléthol droit
CH®* > CH - CH«OH et C»OH - CH <
dont les pouvoirs rotatoires inverses se saturent mutuellement.
Vient-on à semer du 'pénicillium glaucum à la surface de ce prétendu alcool inactif? Par une faculté de sélection, tenant elle aussi sans doute à des causes thermiques (*), le mucor s’alimente exclusivement aux dépens de l’alcool lévogyre, et, libérafît ainsi l’alcool de sa copulation, permet à son pouvoir dextrogyre de se révéler au polarimètre. ’
Le déplacement du plan de polarisation h'’appartient, on le sait, qu’aux cristaux hémiédriques. L’alcool inactif serait donc l’analogue, âu point de vue rogatoire, de l’acide racémique, formé pour égale partie d’acides tartriqués droit et gauche. Il faut avouer que la belle conception de Laurent, assimilant les bomposés organiques à des cristaux, dont les éléments peuvent être substituéspar d’autres éléments isomorphes, sans que la structure de l’édiflce moléculaire
(*) C’est par la même raison, sans doute, que dans la fermentation du sucre, l’action du saccharomyces cerevisik ne se porte sur le lévulose qu’après épuisenient coniplet du glucose.
29,5,: avec l’iode,— 0,6; l’oxygène avec le potassium, 82 Cal. 3 ; 77,6 avec le sodium ; 83,3 avec le lithium; 25,5 avec le; plomb, 3,5 avec l’argent. Rien Ue dit que ces quantités soient de part et-d’autre les limites ultimes des énergies chimiques afférentes aux éléments en question : il nous suffira que cette idée de limite, l’étendît-on d’ailleurs autant qu’on le voudra, s’impose nécessairement à l'esprit.
Dans les combinaisons minérales, à part quelques cas d’allotropie, si rares qu’fis peuvent être considérés comme négligeables, le conflit des mêmes éléments déterminera toujours les mêmes manifestations d’énergie.
Par exemple, différentes entre elles, les diverses
on soit altérée, emprunte à ce fait une singulière yraisemblance.
Des deux alcools primaires inactifs, le propyléthol bout à 137“, l’isopropyléthol à 132“, l’actif, ou éthylméthylêthol, à 127“. Le pouvoir rotatoire coïncide donc, lui aussi, avec un accroissement de la force vive, mais lui, non plus, ne l’explique point.
:N< B. L’alcool sur lequel M. Le Bel a agi est de l’alcool amylique de fermentation, c’est-à-dire un produit d’origine végétale, dont il est parvenu à modifier les proi)riétés optiques. Longtemps avant, notre sympathique maître, M. Jungfleisch, « ce jeune mais déjà éminent chimiste, » comme disait M. Wfirtz en 1874, dans son cours de la Sorbonne, avait fait mieux encore. Il avait créé de toutes pièces de l’acide tartriqu'e ao<ï/, idémontrant ainsi par l’expérience que, contrairement à l’idée accréditée jusqu’alors, le pouvoir rotatoire n’était ni le produit, ni l’apanage exclusif des forces vitales. Rappelons aussi, puisque l’occasion nous en est olîerte, les intéressantes recherches de ce digne successeur de M. Berthelet, sur les anilines et les benzines chlorées, avec les résultats desquelles la théorie de Kékulé a tant de peine à s’accommoder, son système pour la production continue de l’acétylène, enfin la part que, d’après les déclarations de l’Essai de mécanique chimique, il a prise aux travaux qui ont fourni la matière de ce- beau livre. On voit qu’en dépit de son petit nombre, l’École thermochimique, sans abdiquer sa supériorité dans le domaine de la théorie, ne se laisse point, non plus, distancer dans la pratique.
réactions d’un même corps demeureront toujours semblables à elles-mêmes. Il importera peu qu’on les réalise directement, ou par étapes successives ; que, par exemple, on combine tout d’abord l’hydrogène au chlore avec une dépense de 39 Cal. 3, ou qu’on commence par le combiner au brome, avec dégagement de 29 Cal. 5, puis qu’on mette l’acide bromhydrique en présente du chlore et que, suivant la loi du travail maximum, l’hydrogène quitte le broine pour aller au chlore ét dégager les 9 Gai. 8 qui représentent la différence d’énergie entre les deux réactions :
H -i- Br = HBr, et HBr -+• Gl = Ha, Br.
Mais, dans le règne organique, où la complication est beaucoup plus grande, la constitution des mêmes composés, ou'du moins des composés de même formule brute et de même |onaJtiph chimique,, correspondra-t-elle toujours à la même dépense d’énergie, oü les éléments intégrants de la molécule totale n’en auront-ils pas conservé, suivant le cas, une quantité plus ou moins grande qui non seulement leur permettra de"reprendre ài moins de frais leur existence individuelle, mais qui se traduira dans les divers isomères par la différence'’ dès propriétés physiques, et notamment des jioints d’ébullition?
, 'Telle est la question que nous demandons la per- ' mission de traiter ici.
Toutefois, avant d’aller plus loin, nous devons aux maîtres excellente qui nous font l’honneur de nous * écoute!*, d’expliquer pburquoif à la notation usitée dans cette école, nous avons substitué l’algorithme atomique.
Des'deux modes qm se rattachent à l’idée d’étendue, à savoir le mouvement et la figure, la grande école platonicienne, qui a pour drapeau l’unité des phénomènes et qui va de Parménide à Berthelet, en passant par Descartes, par Lavoisier, par Berzélius même, pour qui la chimie n’était guère qu’un chapitre de l’éléctricité,' cette école s’est principalement occupée du premier, La théorie dite atomique et qui comprend :
La théorie des radicaux de Berzélius,
La théorie des substitutions de M. Dumas,
La théorie des noyaux de Laurent,
La théorie dès types de Gehrardt,
La théorie des Valences d’Odling, a eu pour pivot le second. La conception lumineuse et vraiment scientifique de Laurent, à laquelle nous faisions allusion tout à l’heure, et dont les schémas actuels de la benzine, de la naphtaline, de l’anthracèhe, des phtaléines, etc., ne sont qhe le dévelop-^ pement, la domine encore tout entière. Gomme son fameux prisme à 16 pans, elle à été elle-même le
noyau puissant autour duquel sont venues se grouper les combinaisons les plus ingénieuses de ses innombrables continuateurs.
Si la thermochimie procède de Descartes, la théorie atomique procède plus particulièrement de Bacon. Laissant à la première l’intuition mathématiquOj elle n’a voulu d’autre arme que l’inductidn ; remontant du phénomène à l’esprit, ab experimentis ad axiomata, et ne redescendant de l’esprit au phénomène que par voie réflexe. On croirait vraiment, en repassant son histoire depuis Laurent, relire le cha^ pitre du Novum Organum sur Vexperientia lilterata, ou celui de la Vemtio Partis dans le De Augmentis scientiarufn :
« L’échelle des propositions va des axiomes infimes aux axiomes suprêmes. Les premiers diffèrent peu de l’expérience nüe, les seconds sont des notions abstraites et générales sans solidité, Ehtl*e ces deux extrêmes^'sont, ces axiomes mèyensi ces vérités solides et vivantes d’où dépendent toutes les choses humaines et la fprtune même de l’humanité. Ce ne ' sont pas des plumes, mais des plombs qu’il faut attacher à l’esprit humain. »
Ces lignes pourraient, nous le répétons, servir d’épigraphe à l’histoire de l’école atomique. Plus opérative », selon l’expression du philosophe anglais, que « spéculative ^), plus curieuse de procédés que de lois, plus éprise de probable que d’absolu, plus utilitaire qu’esthétique, elle s’est volontairement confinée dans un domaine relativement restreint ; mais, servie par des légions de travailleurs, elle n’en a pas laissé un acre inexploré, et elle l’a prompte-
ment peuplé de merveilles (1). A « l’immense subtilité des choses », comme disait Leibniz, opposant dans ses inductions une subtilité d’esprit non moins grande, elle a, dans bien des cas, relativement à la production et à la structure des composés organiques, sinon retrouvé les modes opératoires de la vie végétale et animale, au moins imaginé des procédés équivalents. Bien plus, à côté de la nature, telle qu’elle l’avait trouvée, elle en a créé une seconde, non moins riche, non moins ingénieuse surtout que la première, et par laquelle, du reste, ainsi que par une sorte dè chemin de dérivation, on peut à volonté revenir à celle-ci.
Telle la Synthèse de la choline et de la névrine par M. Wurtz, à l’aide de la chlorhydrine du glycol et de la triméthylamine, deux sortes de composés sortis l’un et l’autre de son fécond et puissant cerveau et que, par une singulière fortune, il lui était réservé de conjoindre après les avoir conçus.
OH-H Az(CH’')» = (CHT' ) G1 C‘H‘OH j
AzCl,
chlorhydrate de choline. ^
Par l’acide iodhydrique, la choline devient iodhydrate de triméthyliodéthylammonium :
GHH
CH
(CH»)»
(1) On a très bien earacténsé, selon nous, la tendance différentielle dqs deux écoles, quand on a appelé l’une lucîfera et l’àutre fructifera. /
qui, par l’oxyde d’argent, donne l’hydrate de triméthylvinylammonium, ou néyrine.
CH
+ AgO = Agi + HI 4- GH \
(CH*)»
C’est par des procédés analogues qu’un des plus brillants lieutenants de ce grand lüaître, M. Ed. Grimaux, synthétisait récemment les divers dérivés de l’acide urique (allantoïne, alloxane,acide parabanique ou oxalylurée, etc.), et plus récemment encore, l’acide citrique. Qu’il nous ^soit permis d’exposer brièvement cette dernière synthèse, parce que nul exemple ne saurait, selon nous, donner une idée /plus fidèle dp l’esprit et du caractère général de la méthode, comme du degré de sagacité et d’ingéniosité auquel elle ' peüt conduire les esprits exercés à son maniement.
Les atomistes considèrent les aldélydes en général, y compris les acétones, comme les anhydrides de glycols instables ayant leurs deux alcoolioités''attachées au même charbon. Ces composés n’ont, il est vrai, jamais été isolés; mais leurs éthers existent et ont une grande tendance à se former.
Ainsi l’aldélyde ordinaire s’unit à l’acide cyanhydrique en formant une véritable cyanhydrine,
CH*CH — OH \gAz
qui, traitée par l’acide chlorhydrique, donnerait l’acide lactique