CHAPITRE PREMIER Historique et Etiologie
C'est à Dumcnil (de Rouen), que revient le grand mérite d'avoir montré, il y a plus de 20 ans, que les nerfs pouvaient s'altérer primitivement, sans modification antérieuic de leurs centres trophiques. Avec un sens clinique admirable, cet auteur rapporte à une lésion nerveuse périphérique, toute une série de paralysies atrophiques généralisées, et montre la ressemblance qui existe entre ces paralysies, et TafTection décrite par Duchenne, sous le nom de paralysie générale spinale antérieure subaiguë. Il const tate la marche ascendante de la lésion, tire la conclusion que certaines paralysies généralisées, doivent dorénavant être mises sur le compte des névrites, et adopte le nom de névrite ascendante. « L'étude des altérations spontanées et primitives du système nerveux périphérique », dit cet auteur, « la détermination du processus pathologique qui procède au développement de ces altérations, sont encore à l'état d'enfance.
« Cependant, ce que j'ai observe me donne la conviction intime, que bien des paralysies de cause obscure,ont leur point de dépardans de véritables névrites spontanées. Si ce sujet a été si longtemps négligé, c'est que la préoccupation de l'existence d'une affection des centres, toutes les fois qu'on observe un trouble de la sensibilité ou de la motilité, quelquefois un peu trop de précipitation à fonder des entités morbides uniquement sur la symptomatologie, ont détourné l'attention des maladies du système nerveux périphérique (1) ».
(l) DUMÉNIL (de Rouen). Contribution pour servir à l'histoire des ■paralysies périphériques et spécialement de la névrite. Gazette hebJ., 1866, p. 52.
Et pins loin il ajoute : « Ses caractères ont la plus grande analogie, avec ceux des paralysies par lésion traumatique des nerfs mixtes, ce qui se comprend, puisque dans les deux cas, il y a interruption des éléments nerveux ; leurs traits communs principaux sont : la perte graduelle de la contraction électrique des muscles, l'absence de mouvements réflexes, et des altérations de nutrition du tissu musculaire La lésion ne correspond pas rigoureusement à la distribution anatomique des gros
troncs nerveux Ces troubles fonctionnels sont plus complets
dans les dernières ramifications périphériques, et généralement moins étendus dans les rnmeaux sensitifs que dans les rameaux moteurs. Ainsi aux membres supérieurs, la paralysie du mouvement est plus complète dans les muscles des mains que dans ceux des avant-bras. Aux membres inférieurs, tandis que la paralysie du mouvement porte sur toute la sphère de distribution des nerfs sciatiques poplités, la paralysie du sentiment n'atteint que la partie inférieure des rameaux sensitifs de ces nerfs, et d'une manière très irrégulière.
« Je ne puis omettre de signaler la ressemblance dans les points principaux, entre cette paralysie et celle que M. Duchenne a décrite sous le nom àepat^alysie générale spinale. Dans l'un et l'autre cas, la maladie débute par les extrémités, qu'elle frappe en masse, les muscles subissent un amaigrissement uniforme; la contractilité électrique est abolie dans des muscles qui ont conservé leur structure. »
Puis il ajoute :
« Ce n'est pas un des points les moins importants et les moins curieux, de l'histoire de ces paralysies périphériques, que lapossibilité de leur extension à une grande partie du système nerveux,on pourrait presque dire de leur généralisation, au point de compromettre l'existence, par l'envahissement des nerfs les plus essentiels à l'entretien de la vie, tels que le pneumogastrique. Nous voyons la maladie aboutir à une véiitable paralysie giossolaryngéc hémiplégique, précédée et accompagnée d'altération de la sensibilité, qui n'est évidemment que la répétition, sur des organes plus importants, du processus morbide qui a envahi tant de points différents. »
Nous tenons à reproduire encore, les conclusions émises par cet auteur dans ce travail si remarquable :
« Il existe une classe de paralysies périphériques spontanées dues à une atrophie des nerfs. Le processus morbide qui produit
ces atrophies est dans un certain nombre de cas, souvent dans tous, de nature inflammatoire.
« Ces paralysies peuvent atteindre avec une égale intensité le sentiment et le mouvement, soit simultanément, soit successivement et dans ce dernier cas. le mouvement parait affecté par action réflexe. Elles sont souvent limitées à une partie des rameaux d'un ou de plusieurs nerfs, et ne reproduisent pas nécessairement la distribution analomique des troncs.
« Elles peuvent s'accompagner d'altérations de nutrition, non seulement dans les muscles, mais encore dans la peau et les articulations, comme les paralysies par traumatisme des nerfs.
Leprocessus morbide qui les produit, est susceptible de suivre une marche ascendante, et de s'étendre jusqu'à la moelle épinière, où il laisse des traces matérielles incontestables. L'anatomie pathologique donne ainsi complètement raison aux opinions de Graves.
« La symptomatologie de ces paralysies reproduit presque identiquement celle des paralysies par traumatisme des nerfs ; mais leur marche mérite une étude à part. Elles sont susceptibles de guérison, mais souvent celle-ci est très lente et reste incomplète. Le retour du mouvement et du sentiment se fait ordinairement suivant la même progression; elles peuvent compromettre la vie en se généralisant, et par l'extension de leurs altérations jusqu'aux éléments de la moelle épinière. L'application de l'électricité au traitement de ces paralysies exige de la circonspection; faite trop tôt à la période de développement d'une névrite, elle peut en précipiter la marche.
« Les particularités qu'on observe dans la manière dont les muscles et les nerfs réagissent sous l'influence de l'électricité, dans ces paralysies, conduisent à expliquer le retour delà contractilité électrique, par l'état anatomique des nerfs, sans qu'on soit obligé d'admettre l'existence de la contractilité électro -musculaire, comme propriété distincte. »
Les travaux si remarquables de Duménil, n'eurent malheureusement pas le retentissement légitime qu'ils méritaient, et cène fut que quinze ans plus tard, que la question des névrites périphériques spontanées, fut remise à l'ordre du jour,
Eichhorst (l)en 1877 sous le nom de neuriiis acuta progrès-
(1) Eichhorst. Neuritis acuta proyressiva. Virch. Arch., Bd C9. 1877. Dejerine. 2
siva, Dejerinc (1), Eisenlohr (2) et Joffi'oy (3) en 1879 sous le nom de paralysie ascendante aiguë et de névrite parenchymateuse spontanée généralisée et partielle, rapportèrent des observations qui relevaient toute.-^, malgré leurs dissemblances cliniques, d'une lésion primitive intense et étendue des nerfs périphériques, sans participation concomitante de la moelle épinière.
L'année suivante, en 1880, Leyden (4) décrivit sous le nom de névrite multiple, une affection des nerfs périphériques à étiologie obscure, évoluant avec le syndrome clinique d'une maladie aiguë infectieuse. 11 en traça les principaux symptômes, passa en revue les cas jusqu'alors publiés de paralysie générale spinale antérieure, et conclut à la nature périphérique de l'afTection décrite par Duchenne.
Depuis lors, M. Lancereaux (5), Grainger Stewart (6), Mclchert(7), Strube (8), Kast (9), Gaspari (10), Pierson (ll),Strumpell (12), iMiiller (13), Vierordt (14), etc., etc. ont publié des observations assez nombreuses de cas analogues.
Lorsque M. Lancereaux, à qui nous devons après Magnus Hûss
(1) Dejerine. Recherches sur les lésions du système nerveux dans la paralysie ascendante aiguë. Th. de Paris, 1879.
(2^ EisENLHHR. Centralbl. f. Nerv. 1879, no 5, p. 100 et Deutsches Avch. f. Min. Med., Bd 29, 1880, p. 555.
(3) JoFFROY. Névrite parenchymateuse spontanée généralisée et partielle. Arch. de Pbys. norm. et pathol., 1879.
(4) Leyden. Ueber Neuritis und Poliomyelitis. Zeitsch.. f. kliiiische Medizin, Bd I, 1880-1881, p. 387-434.
(5) Lancereaux. Paralysies toxiques. Gaz. hebd. de me\. et de chirurgie,
(6) Graiinger Stewart. T/ie Paralysis of hand and feet from diseases of 7ierves. Edinbourg med. Journ, mardi, 1881, p. 855. (Analyse in Revue Se. Med., t. XYIII, p. 522.)
(7) Melvuert. Beitrag zur Diagnose der suhacuten Poliornyelitis un l multiplen degenerativen Newitis. Tli. Greifswald, 1881.
(8) Strube. Ueber laultiple Neuritis. Th. Berlin, 1881.
(9) Kast. Beitràge zur Lehre von der Neuritis. Arch. f. Psych. u. Nervenkr., 1881, Bd XII, p. 266.
(10) Gaspari. Zeit. f. klin. Med-, 1883, Bd V, p. h37.
(U) Pierson. Ueber Polyneuritis acuta {multiple Neu i!is). Volkmann's Sammlung klin. Vortrage, no 229, 1853.
(12) Strumpe[,l. Zur Kenntniss der multiplen degenerativen Neuritis. Arch.f. Psych. u. Neiv., 1883, p. 339.
(13) Muller. Beitrag zum Studiiim der multiplen degenerativen Neuritis, Arch. f. Psych. u. Nerv., 1883, XIV, p. 678.
(14 Vierordt. Ein Fall von multiple Neuritis. Ai'ch. f. Psych. u. Nerv. 1883, p. 669.
la description des paralysies alcooliques, rattacha le premier, les paralysies alco liques à des lésions nerveuses périphériques, on ne tarda pas à montrer, que parmi les observations de polynévrite à étiologie obscure, publiées depuis Leyden, certaines d'entre elles étaient manifestement d'origine alcoolique.
Les observations de paralysies alcooliques suivies d'autopsies, publiées depuis par Moeli (1), Dreschfeld (2), Broadbent (3), Hadden (4). MM. OEttinger (5', Dejerine (6), vinrent éhirgir encore,le cercle de nos connaissances déjà acquises sur les névrites périphériques.
On rattacha en outre à des jiévrites périphériques, certaines paralysies survenues soit au cours, soit dans la convalescence des maladies aiguës et infectieuses et dont la symptomatologie a été fort bien exposée il y a quelques années par L. I.andouzy. On constate en effet l'existence de lésions des nerfs périphériques dans la cUphlhérie, Dejerine (7), Meyer (8), Mendcl i9), Oppenheim et Siemerling (10), la variole^ JofTroy (11), la fièvre typhoïde Bernhardt (12), Pitres et Vaillard (13), Oppenheim et Siemerling), la tuberculose^ (Lancereaux (14), Joff^'oy,
(1) '^loElA.Staiisches u.Klinhches ûberAlcoholismus.Chavïlc Ainialen,IX,p.541.
(2) Dreschkeld. On alcohoUc pavdlijsis, Brain, 1884, p. 20O.
(3) Broadbent. On a form of alcoholic ipinal paruhjais, Tlie Lancet, 1881, p. 294. Proc. Roy. Med. ami Surg. Society. Lon ion, 1883-1884, p. 198-202.
(4) Hadden, Ttvo fatal cases of alcoholic pnralysis. The Lancet, 1884, p. 135. ^ [ô] Œttinger. Ëtucl? sur les parahjsies alcooliques [névrites multiples chez
les alcooliques). Th. Paris, 1885.
(6) J. Dejerine. Contribution à Vétude de la névrite alcoolique (forme paralytique, forme ataxiiue, tachycardie par névrite du pneumogastrique) Arch. de Phys. norm, et path., 1887, p. 218-264.
(7) Dejerine. Re<:herches sur les lésions du système nerveux dans la parahjsie diphthéritigue. Arch. de Phys. norm. et paih., 1878, avec 1 planche.
(8) Meyer. Anatomische Untersuchunfjen uber diphtheritische Lnlunungen. Virch. Arch., Bd 85, 1881, p. 181 et 225.
(^9) Mendel. Zur Lehre vcn diphtherischen Lahmungen. Neurol. Centralbi. 1885, n" 6.
(10) Ophenheim et Siemerling. Beitrdge zur Pathologie der Tabès dor^aiis, und der peripheren Nervenerkrankung Arch. f. Psych. u. Nerv., 1887, obs. XXXVIl, p. 509.
(11) JOKFROY. Loc. cit.
(12) Bernardt. Zur Pathologie der Radialisparalyse. Arch. f. Psych, u. Nerv., Bd IV, 1874, p. 601 et 62.3.
(13) Pitres et Vaillard. Contribution à l'élude des nêtriles périphériques, survenant dans le cours ou la convalescence de la fièvre typhoïde. Eev, de Med., 1885, p. 986.
(14) Lancereaux. Atlas d'anatomie pathologique, obs. 286. (Cité par Joffroy.)
Eisenlohr (1), Pitres et Vaillard (2), Oppenheim et Siemerling), le béribéri, Baelz (3), Scheube (4), Pickelhering. Winkler, Koniger), la lèpre, fVirchow, Hansen, Cornil (6), Leloir et Dejerine [i\, Y impaludisme, Singer (8), YinfecHon p)uerpérale, Moebius (9), le rhumatisme chronique. Pitres et Vaillard (lU). Dans la sclérose des cordons postérieurs, arrivée à un certain degré de développement, on rencontre constamment des névrites des nerfs cutanées ; ces névrites mentionnées par Westphal et par M. Pierret ont été surtout étudiées par M. Dejeidne (II), qui a montré leur constance, la variabilité de leur de^ré de développement d'un malade à l'autre: leur nature périphérique, et le rôle qu'il faut leur attribuer dans la physiologie pathologique de ia sclérose des cordons postérieurs. Dans cette affection, en effet, l'altération des nerfs sensitifs diminue progressivement en remontant de la périphérie vers le centre, elle peut se retrouver dans les gros troncs nerveux, mais respecte toujours les ganglions spinaux, qui sont intacts dans ces cas. L'intensité des troubles sensitifs, est en raison directe de l'étendue des altérations périphériques. Les lésions médullaires sont impuissantes à nous rendre compte, et de la variabilité des troubles de la sensibilité d'un malade à l'autre, et de ce fait d'ob-
(1) Eisenlohr. Loc. cit.
(2) Pitres et Vaillard. Des Neurites périphériques chez les tuhercu'eux. flev. deMel., \^m, p. 193.
(3) Baelz. Ueber das Verhalt. der multiplen peripherischeii Neuritis zur Béribéri [Panneuritis endemica). Zeit. f. kliii. Mei., 1882, Bd IV, H. 4, p. 616. Balz. Virchow's Arch., 1884, Bd 95, p. 143 et Bd 99, Heft 3, p. 531.
(4) Scheube. Ueber die japanische Kakke (Béribéri;. Deutsch. Arch. f. kliii. Med., 1882, Bd 31, p. 141 et 307, et Bd .32, p. 83.
(5) Koniger. Ueber epidemisches Auftieien voyi Béribéri in Manila, 18S2 et 1883. Deutscli. Arch. f. klin. Met., 1S84, Bd 34, p. 419.
(6) Cornil. Seconde note sur le siège des bactéiies de l-t lèpre et sur les lésions des organes dans cette maladie. Mim. Soc. méd. des hôp., 1881, p. 155.
(7) Dejerine ET Leloir. R'.ôherches anatomopathol., ef;. Arch. de Phys. iiorm. et pathol., 1881, p. 990.
(8) Singer. Zur Paihologie âei Erkrankung des Net'oensgstems nach Malaria. Prager Med. Wocheaschr., 1S87, n» 18.
(9) MOEBiUd. Nduritis puerperalis. Maachener Med. "NVochenschr., 1887, no9 analy. Neurol. Ceutralbl , 1887, p. 208.
(10) Pitres et Vaill\RD. Névrites périphériques dani le rhurnatisme chronique.. Rev. de Med., 1887, p. 456.
(11) Dejerine. Des altérations des nerfs cutanés chez les ataxiques. Arch, de Phy;-. norm. et pathol., 1883, p. 72.
servation vulgaire, à savoir que dans l'ataxie locomotrice comme dans une névrite vulgaire, infectieuse ou autre, les troubles de lasensibililé(tact, douleur, température, retard dans la transmission des impressions), décroissent de la périphérie vers le centre, tout comme la névrite cutanée dont ils relèvent. Nous tenons en outre à faire remarquer que, si la sclérose des coi dons postérieurs était la lésion causale des troubles de la sensibilité dans le tabès, ces troubles devraient exister dans la maladie de Priedreich, affection dans laquelle la lésion des cordons postérieurs est la môme que dans le tabès. Or, dans la maladie de Friedreich, il n'existe pas, en général, de troubles de la sensibilité, et lorsque, par exception, on les rencontre, ils sont extrêmement légers. Ces travaux de Dejerine sur les névrites sensitives des tabétiques ont été depuis confirmés par Sakaky (1), Pitres et Vaillard (2), Oppenheim et Siemerling(3j, Prévost (de Genève) (4).
Tout récemment enfin, le même auteur a démontré que l'atrophie musculaire qui se rencontre assez souvent chez les ataxiques, relève, non point comme on le croyait jusqu'ici, d'une poliomyélite, mais bien d'une névrite motrice périphérique, semblable à la névrite sensitive et, comme cette dernière, diminuant progressivement de la périphérie vers le centre.
Ace même ordre de faits, se rattachent les altérations cutanées d'ordre névritique. Le rôle joué parla névrite périphérique dans certaines altérations de la peau, est indiscutable, et ce fait a été démontré il y a déjà plusieurs années, par les expériences de Brown-Séquard et les observations cliniques de Weu' Mitchell. En 1873, MM. Duplay et Morat montrèrent que le mal perforant relevait d'une névrite des nerfs cutanées correspondants, en 1S76 M. Dejerine montra que certains j3empA?^t*5 relevaient de la môme pathogénie. M. Leloir(5), démontra dans de remarquables travaux,l'existence de névrites cutanées dans certaines dermatoses, telles que le vililigo^ certains ecthymas et dans certaines gangrènes (Dejerine et Leloir).
(1) Sakaky. Veber ein en Fall von Tabès dorsulis mit Degeneration der ■pei'ipheien Nerven. A.rc]i. f Psych. undNerv., XV, 18?.'i, p. f)Si.
(2) Pitres et Vaillard. Contribution à l'étude des névrites périphériques chez les tabétiques . R.'Vue de médecine, 18S6, p. 574.
(3) Oppenhkim et Sjemerling, Loc. cit.
(4) Preyost . Les 7tévrites périijhériques dans le tabès dor salis. Rev. médic. de la Suisse Romande, 1886. t, VI, p. 6i9-
(5) Leloir. Recherches cliniques et anatomo-patholo'jiques sur les affections cutanées d'origine nerveuse. Ta.. Paris, 1882.
Ces résultats ont été depuis confirmés par Schwimmer, Hebra, Babès, Mayer, Pitres et Vaillard etc. etc. Récemment, enfin, Pitres et Vaillard montraient que l'on pouvait rencontrer, dans le rhumatisme chronique, des névrites périphériques cutanées et musculaires, extrêmement intenses (1).
Aujourd'hui les faits de polynévrite se sont extrêmement multipliés ; tous les jours des observations viennent apporter de nouvelles preuves, en faveur de l'autonomie du système nerveux périphérique; les cas de polynévrite de causes obscures, indéterminées, deviennent de plus en plus rares, l'étiologie en est mieux connue, et le temps viendra où l'on découvrira l'agent infectieux ou toxique, de certaines polynévrites classées aujourd'hui encore, dans les infections de causes indéterminées.
Nous arrêtons ici cet historique qui serait, en effet, forcément incomplet, même si nous nous bornions aune simple et rapide énumération des cas de polynévrite, publiés pendant ces dernières années. On en trouvera un exposé complet dans l'index bibliographique annexé à la fin de ce travail.
(1) Pitres et Vaiixaud. Soc. de Biologie, 12 juin 1886 et Névrites périphériqiips clans le rhumatisme chronique. Revue de médecine, p. 1887, p. 466-468.