‹ Des polynévrites en général, et des paralysies et atrophies saturnines en particulier (volume 2)Chapitre 7 sur 39 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Etiologie

Les conditions dans lesquelles se développent les névrites périphériques sont aujourd'hui assez variées, pour nous permettre dès à présent nne classification.

Dans un remarquable travail publié récemment et auquel nous ferons de nombreux emprunts, Leyden (1) admet les cinq formes suivantes de névrite multiple :

1. La forme w factieuse de la névrite multiple comprenant : Les paralysies consécutives à la diphthcrie, à la fièvre typhoïde

et aux autres maladies infectieuses.

La névrite multiple infectieuse primitive et la maladie Berioeri (Kakke des Japonais).

La névrite multiple consécutive à la syphilis et à la tuberculose.

2. La forme toxique, comprenant les paralysies consécutives à l'intoxication par le plomb, l'arsenic, le mercure, le phosphore, l'oxyde de carbone, le sulfure de carbone, l'ergot de seigle et l'alcool.

3. La /brmi? spontanée, consécutive au surmenage, à un refroidissement excessif,

4. La /"orme rt^rop7«"5'i*e (dyscrasique, cachectique) consécutive aux anémies (anémies pernicieuses] à la chlorose, à la cachexie au marasme, à la cachexie cancéreuse.

Le diabète (tuberculose, kakke).

5. La névrite sensittve : pseudotabes, nervotabes péripherica.

a) La forme sensitive de la névrite multiple.

b) La névrite sensitive des tabétiques.

Cette classification sera très probabiement modifiée, lorsque les conditions étiologiques, dans lesquelles se développent les névrites périphériques, seront mieux connues. On découvrira peutêtre l'agent pathogène, microbien ou non de certaines névrites infectieuses aiguës, de cause encore indéterminée.

(r- LEyoEî^. Die Entzûndung der peripherenNerven (Polyneuritis — Neuritls multiplex), etc. Zwei Vortrâgegeh. militârarztl. Gesell. Berlin, 1888. Ernst Siegfried Mittler u. Sohn, p. 19. • • .

Eisenlohr (1) a rapporté l'observation de 9 cas de polynévrite apparaissant dans la ville de Hambourg en 1886, sous foi-me d'une véritable petite épidémie. Cette forme épidémique de la névrite multiple n'est peut-être pas sans nnalogie avec la méningite cérébro-spinal épidémique qui a sévi à Hambourg en 1885 (Gurschmann). Tout récemment, Mills (2», dans un travail que nous ne connaissons malheureusement que par une courte analyse, rapporte tiois cas de méningite cérébro-spinale évoluant avec la symptomatologie de la polynévrite. Pour cet auteur la forme névralgique de la méningite cérébro-spinale doit être considérée comme une variété delà polynévrite.

La for^ne spontanée de Leyden, névrite par surmenage, névrite a frigore, sera probablement un jour ou l'autre, rayée du cadre des causes étiologiques déterminantes. Nous savons, en effet, aujourd'hui depuis la découverte des microbes pathogènes que les causes étiologiques telles que le froid, le surmenage, ne jouent plus dans le développement des maladies aiguës, que le rôle d'une cause occasionnelle, prédisposante, mettant l'individu en état d'opportunité, de réceptivité morbide.

Quant à la forme sensitive de Leyden — la névrite sensitive des ataxiques, (c'est-à-dire la névrite périphérique, survenant dans le cours d'une affection médullaire et indépendante de la lésion spinale mais relevant de la même cause que cette dernière, mérite seule une place à part; la forme sensitive proprement dite n'étant, en effet, qu'une modalité clinique, pouvant se rencontrer dans des formes à étiologies diverses soit infectieuses, soit toxiques, et en particulier dans la névrite alcoolique.

Nous proposerions volontiers comme classification d'attente, la suivante :

L — Névrites infectieuses,

a). Survenant au cours ou dans la convalescence de maladies infectieuses :

(1) Eisenlohr. Veher acute Polyneuritis und verwandte Krankheitsformen mit Rucksicht aufsihr zeitlichesund ortliches Auftreten. Berl. Klin. Wochenschrift 1887, p. 781.

(2) Mills. The probable occurance of multiple neuritis in Epidémie cerebro spinal meningitis. Polycliaic. 1888 avril, p. 313. Analy. Neurol. Centralb. 1888, p. 424.

a. Aiguës, telles que la di-phthérie, la fièvre typhoïde, la variole, la fièvre rhumatismale, etc., etc.

6. Chroniques, telles que la tuberculose, la syphilis, la fèjD?'^, etc., etc.

è). Survenant d'emblée : comme dans le Béribéri ; comme dans certaines névrites aiguës et de cause encore indéterminée; dans ces dernières rentreraient peut-être certaines des Névrites dites spontanées de Leyden;

Page 1