CHAPITRE PREMIER Historique et Etiologie
C'est à Duménil(de Rouen), que revient le grand mérite d’avoir montré, il y a plus de 20 ans, que les nerfs pouvaient s’altérer, primitivement, sans modification antérieuie de leurs centres trophiques. Avec un sens clinique admirable, cet auteur rapporte aune lésion nerveuse périphérique, toute une série de paralysies atrophiques généralisées, et montre la ressemblance qui existe entre ces paralysies, et l’affection décrite par Ducbenne, sous le nom de paralysie générale spinale antérieure subaiguë. Il const tate la marche ascendante de la lésion, tire la conclusion que certaines paralysies généralisées, doivent dorénavant être mises sur le compte des névrites,et adopte le nom ùenécrite ascendante. « L’étude des altérations spontanées et primitives du système nerveux périphérique s, dit cet auteur, « la détermination du processus pathologique qui procède au développement de ces al-
« Cependant,ce que j’aiobservéme donnelaconvictionintime, que bien des paralysies decauseôbscure,ont leur point de dépardans de véritables névrites spontanées. Si ce sujet a été si longtemps négUgé, c’est que la préoccupation de l’existence d’une affection des centres, toutes lés fois qu’on observe un trouble de
la sensibilité ou de la motilité; quelquefois un peu trop de pré¬
symptomatologie, ont détourné l’attention des maladies du système nerveux périphérique (1) ».
Et plus loin il ajoute : «.Ses caractères ont la plus grande analogie, avec ceux des paralysies par lésion traumatique des nerfs mixtes, ce qui se comprend, puisque dans les deux cas.
siva. Dejerine (1), Eisenlohr (2)' et Joffroy (3) en 1879 sons le nom de paralysie ascendante aiguë et de névrite parenchymateuse spontanée généralisée et partielle, rapportèrent des observations
d’une lésion primitive intense et étendue des nerfs périphé-
L’année suivante, en 1880, Leyden (4) décrivit sous le nom de névrite multiple , une affection des nerfs périphériques à étiologie
la description des paralysies alcooliques, rattacha le premier, les paralysies alcoiliques à des lésions nerveuses périphériques, on ne tarda pas à montrer, que parmi les observations de polynévrite à étiologie obscure, publiées depuis Leyden, certaines d’entre elles étaient manifestement d’origine alcoolique.
Les observations de paralysies alcooliques suivies d’autopsies, publiées depuis par Moeli (1), Dreschfeld (2), Broadbent (3), Hadden (4). MM. Œttinger (5), Dejerine(6), vinrent élargir encore,le cercle de nos connaissances déjà acquises sur les névrites périphériques.
On rattacha en outre à des névrites périphériques, certaines
Eisenlohr (1), Pitres et Vaillard (2), Oppenheim et Siemerling), le béribéri , Baelz (3), Scheube (4), Pickelhering, Winkler, KBniger), la lèpre, (Virchow, Hansen, Comil (6), Leloir et Dejerine Ç], Yimpaludisme, Singer (8|, Yinfeclicm puerpérale, hloehius (9), le rhumatisme chronique, Pitres et Vaillard (10).
Dans la sclérose des cordons postérieurs, arrivée à un certain
Ces résultats ont été depuis confirmés par Schwimmer, Hebra, Bahès, Mayer, Pitres et Vaillard etc. etc. Récemment, enfin, Pitres et Vaillard montraient que l’on pouvait rencontrer, dans le rhumatisme chronique, des névrites périphériques cutanées et musculaires, extrêmement intenses (1).
Aujourd’hui les faits de polynévrite se sont extrêmement multipliés; tous les jours des observations viennent apporter de nouvelles preuves, en faveur de l’autonomie du système nerveux périphérique; les cas de polynévrite de causes obscures, indé-
mieux connue, et le temps viendra où l’on découvrira l’agent infectieux ou toxique, de certaines polynévrites classées aujour-
Nous arrêtons ici cet historique qui serait, en effet, forcément incomplet, même si nous nous bornions à une simple et rapide énumération des cas de polynévrite, publiés pendant ces dernières années. On en trouvera un exposé complet dans l’index