‹ Des polynévritesChapitre 30 sur 76 · Raymond. Cliniques. 2^ série. leçons XV et XVI · texte numérisé non relu

Raymond. Cliniques. 2^ série. leçons XV et XVI

provoquer plutôt des lésions centrales, ou encore que leur action ne s'exerce que rarement sur le système nerveux.

En lôte de tous les poisons figure Valcool qui est en train d'abrutir noire race par l'énorme abus quotidien qu'on en fait du haut en bas de l'échelle sociale sous forme de petits verres, de liqueurs, d'apéritifs, de vin et même hélas ! de produits médicamenteux. Les préjugés grâce auxquels on intoxique les enfants sont bien connus, et l'on sait que l'alcoolisme des femmes, s'il est rarement avoué, peut exister dans toutes les classes de la société; Raymond a rapporté, entre autres, un bel exemple de polynévrite alcoolique avec psychose chez « une dame du meilleur monde ». Si je rappelle ceci, c'est pour marquer l'importance qu'il y a à rechercher l'alcoolisme partout. La voie de pénétration du poison alcoolique est toujours le tube digestif (1).

Le plomb provoque des /)ara///5/e5 connues depuis longtemps, qui ont définitivement pris place parmi les polyné-

1. Mes observations IV, VU, XJII, XV, XVI. — Lancereaux, 1834, 1881. — DÉJERINE, 1883. — Korsakoff, 1887. — Freyhan, 1893 (Sar 12) affections nerveuses d'origine alcoolique, il a compté 19 polynévrites : 13 motrices, 6 à 1\ ataxique). — Buzio, 1894. — Debove, 1895. — GuDDEN, 1896. — Raymond 2' série, 1. VIII et IX. — ScHUSTER et Mendel, 1899. — Seefeld, 1899. — Tilixg, 1899. — H0NIC4, 1930. — Boinet, 1930. — Lepage, 1901. — Jau- REGG, 1901. — Babinski, 1901, etc.

Je ne puis, dans ce chapitre, qu'indiquer quelques « jalons » et les travaux les plus récents. C'est dans les auteurs que j'énumère qu'on trouvera l'histoire et la bibliographie de chaque variété étiologique ; voir, pour le titre de leurs ouvrages l'Index placé à la fin de mon travail.

vrites depuis Tétude qu'en a faite Mme Déjeriiie. Si l'intoxication saturnine est ordinairement professionnelle, elle peut être parfois alimentaire ou accidentelle (Cf. Raymond 4« série, 1. XIX, p. 316). Ascher a attribué au saturnisme héréditaire une polynévrite des 4 membres chez une enfant de 8 ans, fille d'un compositeur d'imprimerie (1).

Uarsenic peut occasionner des polynévrites dans les cas d'empoisonnement aigu (suicide, crime, méprise) subaigu (aliments, médicaments) ou chronique (aliments, médic, professions, objets et locaux imprégnés tels que papiers peints, etc). Dans les deux premiers cas la polynévrite est précédée des symptômes gastriques de l'intoxication ; celle-ci est parfois difficile à dépister dans le troisième (2).

Le phosphore se comporte à peu près comme l'arsenic (3). Le mercure par intoxication médicamenteuse ou professionnelle est une cause assez fréquente de polynévrites (4). De môme le sulfure de carbone, particulièrement chez les ouvriers qui vulcanisent le caoutchouc (5),

1. Mme DÉJERiNE Kltjmpke 1889. — Ascher 1894. — Raymond 4° série leçons XVIII et XIX. — Geni 1897. — Gigardi 1900.

2. JoLLY 1893. — Matuieu 1894. — Sciilesinger 1895. — Lance- REAux 189Ô. — Ray'mond 1896 et 2,° série leç. X. — G. Brouaruel 1897. " GoLMAN 1898. — Fagklam 1899. — Donetti 1900. — KraiiULiK 1901. — Roos et Reynolds 1901.

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