‹ Des polynévritesChapitre 40 sur 76 · Medin. Nord, medicin. ArJiiv · texte numérisé non relu

Medin. Nord, medicin. ArJiiv

5. GoRNiL 1881. — DÉ.JERiNE et Leloir 1881. — Rendu 1893. — Laemr 1899. — DOM Sauton 1901.

6. Chantemesse et Ramond. Soc. de Biol., 23 juillet 1898,— Baelz, 1882. - ScriEUBE, 1882. — de Lagerda,1893. — Glogner, 189i. — GiRAUD, 1894. — Deschamps, in Traité Brouardel, 1896. — JbffersoN, 1898. — Ebbell, 1899. — Rumpf et Luge, 1900.

de cette affection l'épidémie de paralysie ascendante aiguë observée par eux dans un asile d'aliénés. La forme hydropique du béribéri est comparable au cas de polynévrite avec anasarque rapporté en 1897 par Déjerine et Mirallié. On sait qu'anatomiquement il se ca ractérise surtout par des névrites périphériques multiples [Panneiiritis endemica, Baelz) et qu'il paraît dû à un bacille analogue à celui du charbon. Glogner, cependant, tend à en faire « une variété de la malaria ». Cliniquement il ressemble à une polynévrite infectieuse aiguë ou subaiguë, compliquée souvent d'anasarque, d'œdèmes viscéraux, de dyspnée, de palpitations. Quoiqu'il en soit de sa nature, il y a des polynévrites dues au béribéri, et ici comme ailleurs, la polynévrite n'est que la localisation sur les nerfs d'un agent infectieux ou toxique plus ou moins répandu dans l'organisme.

Pour vérifier l'influence des nombreux agents infectieux que je viens d'énumérer, on a tenté de reprotluire expérimentalement chez les animaux des polynévrites ou des névrites localisées : les résultats obtenus par inoculation de toxines mirobiennes (1) confirment les constatations de la clinique relatives à leur action sur les nerfs périphériques. Il existerait d'ailleurs des polynévrites infectieuses spontanées chez l'animal: Telle serait d'après Marek (2) la « paralysie du coït » des chevaux, variété de la « dourine » qui a été comparée à la syphilis humaine.

1. Leyden, Roux et Yersin. — Giiarrin 1888. — Gourmont, DoYON et Paviot (vibrion cholérique) 1896.— Mouratoff (diphtérie) 1897. — Vincent (typliique) 1900.— Dopter etLAFFORGUE 1901, etc.

2. Marek. Uelier die Zuchtlàhme cler Pferde. Neurol. Centralb. 15 di'c. 1901 (anal. R. N. 1901, p. 602).

Je ne sais si je dois rapprocher des polynévrites la maladie des jeunes lapins qui se caractérise par de la diarrhée, de l'ascite et delà paralysie des membres postérieurs ;Ducamp (de Montpellier^ congrès Av. Se. Besançon 1893) trouva à l'autopsie des lésions névriliques, notamment de la fragmentation de la myéline ; dans le liquide ascitique se trouvait un gros diplocoque liquéfiant la gélatine et coagulant le lait : l'inoculation des cultures a reproduit la maladie avec une seule fois des troubles paralytiques.

En résumé, comme cause occasionnelle des polynévrites, nous trouvons toujours un agent toxique ou infectieux. Jadis cela n'était certain que pour quelques-uns ds ces agents; aujourd'hui, le champ s'élargit tous les jours et il faut admettre qu'à priori il n'en est pas un seul qui ne puisse, sur un (errain prédisposé, provoquer une polynévrite.

Veut-on condenser davantage celte proposition? S'il est bien établi, que l'agent microbien n'agit pas par sa présence même, mais surtout par ses toxines, que celles-ci ont une proche parenté chimique avec les leucomaïnes et les toxalbumines, poisons de déchet de l'organisme, toutes les causes occasionnelles des polynévrites ne peuvent-elles en définitive être réduites en une seule classe: les intoxications? La polynévrite -résulterait donc, en dernière analyse, de V action d'un poison sur les nerfs.

ÉTIOLOGIES COMBINÉES

D'ailleurs, les causes que j'ai énumérées se trouvent souvent réunies à plusieurs. En voici quelques exemples.

L'alcoolisme et la tuberculose étaient associés chez un malade de Raymond {2" s., 1. Vli) ; à ces deux causes s'ajoutait le hrightisme chez un autre (3' série, I.XXXIII) Un pseudotabes a pu être considéré comme syphilitique par Ebsiein, comme mercuriel par Gilbert (1894), comme alcoolique par Nolda (1895) vu la présence de ces 3 agents chez le malade, officier âgé de 26 ans. Charcot (R..N. 1893) a noté l'inllueace co/nbinée de l'alcool et du rhumatisme articulaire chez un mécanicien de 3:2 ans, et celle de l'alcool, de la syphilis et de l'érysipèle pour la production d'un pseudotabes chez un homme de 38 ans. Et Cestan (Nouv. Icon. Salp. 1900) montrant la difficulté du diagnostic des polynévrites syphilitiques, fait remarquer que « les malades sont des intoxiqués au premier chef, intoxiqués souvent par l'alcoolisme, toujours parla syphilis et le mercure, auto-intoxiqués enfin par les lésions hépatiques et rénales coexistantes ». Une de ces causes peut agir seule, comme dans l'observation deSpillmanaet Etienne (1896), mais d'autres fois leur action s'additionne comme Raymond l'admet chez une de ses malades (4« série, I. XXIII) où se combinaient la syphilis, l'hydrargyrismeet l'aulo-iuloxicalion (mauvais état généra!, albuminurie intense).

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